Les travailleurs menacent d’aller en grève
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Les travailleurs du Crédit mutuel du Sénégal (CMS) donnent un délai de dix jours au Conseil d’administration, pour décanter la situation délétère qui prévaut dans cette institution financière. À défaut, ils menacent de paralyser le système.
Les travailleurs du Crédit mutuel du Sénégal (CMS) menacent d’aller en grève pendant 72 heures renouvelables, si le Conseil d’administration ne décante pas la situation difficile qu’ils vivent. En conférence de presse samedi dernier, le Syndicat des travailleurs du Crédit mutuel du Sénégal, affilié à la CNTS, a dénoncé la gestion de la Direction générale marquée, dit-on, par des recrutements de complaisance et de violation de promotion interne. Il donne un ultimatum de dix jours au Conseil d’administration du CMS pour mettre fin à cette situation.
‘’L’institution a lancé des appels à candidatures en méconnaissance royale des dispositions de l’article 19 de la Convention collective des systèmes financiers et en violation de ses engagements matérialisés dans le PV du 23 juillet 2020. A la place des appels à candidatures de promotion interne, elle a opté pour des recrutements de complaisance entre amis. Mais nous n’accepterons jamais cela. Nous exigeons le respect scrupuleux des dispositions pertinentes de l’article 19 de la Convention collective des systèmes financiers et décentralisés et des termes de l’accord matérialisé dans le PV précité’’, insiste le secrétaire général de ce syndicat, Ouattara Sagna.
Il indique que ‘’ces recrutements de complaisance violent les termes du rapport n°41.4 de la mission conjointe BCEAO-DRS-SFD qui avaient enjoint le CMS de déterminer un nouvel organigramme pour réduire le trop plein de directions au niveau faîtière’’.
Pour régler ce problème, le collège des délégués des travailleurs de l’institution financière négociait déjà avec la direction générale. Et les deux parties s’étaient accordées ‘’sur la comptabilisation des années d’expérience et l’effectivité de la préférence interne, en cas d’égalité de compétences et de profil lors des recrutements’’.
De plus, en cas de vacance ou de création de poste, l’employeur devra faire appel, de préférence, aux employés en service dans l’entreprise et aptes à occuper le poste. En cas de promotion, l’employé pourra être soumis à la période d’essai prévue pour l’emploi qu’il est appelé à occuper’’. Seulement, regrettent les syndicalistes, la Direction générale du CMS n’a pas respecté ces accords, lors des recrutements qui ont suivi ce protocole. ‘’ La direction générale n’a pas respecté les engagements découlant du PV du 23 juillet 2020, à savoir diffuser la procédure portant sur les heures supplémentaires au plus tard le 31 août 2020, et l’effectivité de la préférence interne sur les appels à candidatures. Elle n’a pas, non plus jugé opportun de faire une contreproposition, suite à la sollicitation faite par le collège des délégués du personnel depuis plus de huit mois. Ce qui a fortement et négativement influé les débats, car la direction générale n’avait aucun document traduisant l’impact financier de la proposition des délégués du personnel. Elle ne s’est pas préparée à l’exercice et n’a formulé aucune contreproposition sur le projet d’accord initialement transmis. Les représentants du collège ont fini par quitter la table des négociations, car le travail n’était plus sérieux et l’offre de l’employeur (1 600 F) n’était pas respectueuse’’, se désole encore M. Sagna.
Il exige ainsi la reprise des négociations en présence du Conseil d’administration avec ‘’des propositions correctes qui tiennent compte de l’effort de tout un chacun dans l’entreprise’’.
Des licenciements abusifs
Outre les problèmes de recrutement, les travailleurs ont dénoncé le licenciement abusif de la part de la direction de l’institution financière. Ils indiquent que sept directeurs ont été récemment licenciés abusivement.
Ces derniers ont, toutefois, précise-t-on, fait un recours à la justice. Ils avaient, à cet effet, obtenu gain de cause, d’abord, à la juridiction de céans qui avait retenu que les causes des licenciements étaient mal-fondés. Ce délibéré a été confirmé par la cour d’appel. ‘’Malgré cet échec de l’institution, elle a continué à licencier et, en moins d’un an, 35 salariés ont perdu leur travail. Nous exigeons la cessation de ces vagues de licenciements sans fondement qui ne font qu’accentuer le déficit enregistré depuis un an’’, insistent-ils.
ABBA BA