Les dossiers qui attendent le président
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Le président de la République, Macky Sall, est attendu, samedi prochain, à Touba. Il y va perpétuer la tradition qui consiste à aller faire son ziar au guide spirituel des mourides, avant le Magal dont la célébration est prévue le mardi 6 octobre. Le chef de l’Etat arrive dans la cité religieuse où des promesses n’ont jusqu’ici pas été tenues et plusieurs projets déjà entamés.
Le chef de l’Etat va fouler, sauf changement de dernière minute, le sol de la cité religieuse de Touba, samedi prochain, renseignent des sources bien informées et dignes de foi. Macky Sall, en compagnie de son épouse, va venir perpétuer une tradition qu’il a entamée, depuis son accession au pouvoir. Celle-ci voudrait qu’il vienne des jours avant le grand Magal pour faire son ‘’ziar’’ au khalife général des mourides. Leur dernière rencontre remonte au 29 novembre dernier. En partance pour Kael, pour les besoins de la célébration de la Journée nationale de l’élevage, le chef de l’Etat avait effectué une visite de courtoisie au khalife général des mourides qui était alors à Darou Salam.
Cette visite est très attendue par les populations de la cité religieuse. Et pour cause ! L’hôpital moderne de 300 lits dont les travaux devaient débuter en 2016 et s’achever 30 mois après, c'est-à-dire deux ans et 6 mois, est loin d’être terminé. D’ailleurs, lors de la revue annuelle conjointe de 2019 tenue récemment à la gouvernance de Diourbel, le médecin-chef de la région médicale a annoncé la livraison de cet établissement de santé, au plus tard en 2022.
Il n’y a pas que l’hôpital moderne de Touba. L’assainissement est aussi une promesse qui tarde à se réaliser. Le Programme d’assainissement des eaux usées et pluviales de la ville de Touba, conduit par l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), devrait permettre de raccorder 2 850 ménages au réseau d’évacuation des eaux usées et pluviales.
Kader Konaté, le directeur des études de l’Onas, avait annoncé la construction d’une station d’épuration, un réseau de 24 km de canalisation et trois stations de pompage. Le projet, qui a démarré en octobre 2018, va coûter 10 milliards de francs CFA. Les travaux devraient se terminer dans huit à neuf mois. A ce jour, les populations attendent.
Il y a aussi le projet d’assainissement lancé par l’Etat et soutenu par la BOAD et des banques commerciales, avec comme objectif l’amélioration du cadre de vie et de santé des populations dans une cité assainie et modernisée.
C’est un gros paquet d’ouvrages, pour une enveloppe de 13 442 322 425 F CFA, qui devrait accompagner le développement socioéconomique de la cité religieuse de Touba. L’Etat du Sénégal, sur fonds propres, a construit une station de traitement des boues de vidange de 300 m3/j à Kadd Balodji ; 4 édicules publics, soit 48 blocs, 80 sièges pour les ablutions à Darou Khoudoss, Darou Minam, Pencc Serigne Saouahibou et Gouye Mbind.
Lors du dernier Magal, le président Macky Sall avait annoncé qu’un état des lieux des problèmes de la capitale du mouridisme sera fait, à l’issue de cette manifestation religieuse annuelle, relativement à l’approvisionnement en eau et à la fourniture d’électricité. ‘’Au sortir de ce Magal, je souhaite qu’un état des lieux soit fait relativement aux difficultés notées dans l’approvisionnement en eau de la ville de Touba, ainsi que dans le domaine de l’assainissement. Toutes les mesures seront prises pour régler la question de l’électricité également.
Nous sommes toujours conscients que la ville de Touba a un problème dans la distribution de l’eau potable, mais également un problème d’assainissement. Notre vœu, c’est de résoudre tous ces problèmes, au grand bonheur des habitants de la cité. C’est la raison pour laquelle, après le Magal de Touba, nous allons démarrer les travaux afin de résoudre tous ces problèmes. Ainsi, nous mettrons les populations dans les meilleures conditions’’, disait le chef de l’Etat, lors d’une rencontre avec le khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké à la résidence Khadimou Rassoul.
Il préconisait qu’à terme, le réseau hydraulique de Touba, datant des années 1960, soit revu, parce qu’en dépit de ses 29 forages, la cité religieuse fait parfois face à des pénuries, notamment pendant le Magal.
A ce jour, les habitants de la cité religieuse s’interrogent sur les raisons du retard du démarrage de cet audit du réseau hydraulique.
Boucar Aliou Diallo