Publié le 1 Oct 2020 - 12:48
‘’MENACE’’ PAR LES TAILLEURS DE LA VILLE DE THIÈS

Talla Sylla a finalement pris son départ vers Touba

 

Le Regroupement des tailleurs de Thiès, qui réclame un montant de 100 millions de francs CFA au maire de la ville de Thiès, suite à une campagne de confection de masques, ont voulu l’empêcher d’effectuer son ‘’dox safar’’ qu’il initie à l’approche du grand Magal. Mais Talla Sylla a enclenché son pèlerinage à pied vers la ville sainte de Touba, le 28 septembre dernier.

 

Talla Sylla a-t-il échappé à la vigilance des tailleurs de la ville de Thiès ? A-t-il obtenu cette faveur à la suite de la rencontre à huis clos qu’il a tenue avec les tailleurs, au lendemain de leur point de presse ? Les tailleurs ont-ils décidé, à l’unanimité, de le laisser partir à Touba ? En tout cas, tout porte à croire que le maire de la ville de Thiès a bénéficié de l’une de ces faveurs. Talla Sylla, qui a entamé depuis ce 28 septembre, son ‘’dox safar’’ (pèlerinage à pied) vers Touba était sous le coup de la menace de ces couturiers.

Ces derniers qui, le 22 septembre, ont laissé éclater leur colère au cours d’un point de presse, exigent de l’édile de la ville le paiement de leur dû. Le Regroupement des tailleurs de la cité du Rail lui réclame 100 millions de francs CFA. Une enveloppe que leur doit le premier magistrat de la ville de Thiès, à la suite d’un programme de confection de masques pour lutter contre la Covid-19. Comme convenu, le maire devait leur payer 90 jours après la livraison du produit fini. Ce délai a expiré depuis près de deux semaines. Et Talla Sylla n’a toujours pas payé. Pour marquer le coup et protester contre cette attitude du maire de la ville, les tailleurs ont menacé de ne pas lui laisser le temps d’effectuer sa marche vers la ville sainte de Touba. Car, disent-ils, c’est avec cet argent que certains ont également prévu de se rendre dans la ville sainte.

Selon le président du Regroupement des tailleurs de Thiès, tout ce que demandent ses camarades et lui, c’est de rentrer dans leurs fonds. ‘’Nous avons préfinancé la confection des masques. Aucune avance ne nous a été accordée par le maire Talla Sylla. Nous avons pu livrer le produit à temps. En lui remettant les masques, il nous a donné un délai de 90 jours pour nous payer. On veut être payés et le maire refuse. Il nous doit 100 millions de francs CFA. Il faut qu’il nous paie parce qu’on a contracté des dettes de part et d’autre, pour financer la campagne de confection des masques. Monsieur le Maire, donne-nous notre argent. Nous avons confectionné, au total, 250 000 masques pour vous. Monsieur le Maire, donne-nous notre argent, sinon (…)’’, a prévenu Abdoulaye Ngom, lors du point au cours duquel un seul point a été inscrit à l’ordre de jour.

Déterminés à faire face à l’édile de Thiès, les tailleurs ont déploré ‘’le mensonge’’ que leur a servi l’équipe municipale. Celle-ci a indiqué que l’argent était déjà disponible à la perception municipale avant leur rencontre avec les journalistes. Cependant, jusque-là, les tailleurs, qui disent avoir perdu ‘’beaucoup d’argent’’ dans ce projet que leur a confié Talla Sylla, n’ont encore reçu aucun franc de la part du ‘’grand maire’’.

Face à la résistance de ces artisans, le président de la coalition Fal Askan Wi (élire le peuple) a décidé de convoquer dans son bureau quelques membres du Regroupement des tailleurs de Thiès pour ouvrir un chapitre de négociations. A l’issue de cette rencontre, le maire de la ville de Thiès, qui n’a pas nié le montant avancé par les tailleurs, leur a donné un nouveau délai de 15 jours pour effacer cette dette qui dérange. Un délai qui, d’ailleurs, a pris effet en début de cette semaine.

En attendant, Talla Sylla, talibé mouride, poursuit volontiers son pèlerinage à pied ou ‘’dox safar’’ vers la ville de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.  

GAUSTIN DIATTA (THIÈS)

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