L'AJS dénonce un recul préoccupant

L'Association des juristes sénégalaises (AJS) a exprimé sa vive préoccupation après la publication de la composition du nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Dans une note rendue publique, l'organisation déplore la faible présence des femmes au sein de l'équipe gouvernementale dévoilée le 1er juin dernier.
Sur les 30 membres du gouvernement, seules quatre femmes ont été nommées, dont une ministre déléguée. Aucune ne dirige un département régalien. Une situation qui suscite, selon l'AJS, « incompréhension et inquiétude », dans un pays où les femmes démontrent quotidiennement leurs compétences et leur capacité à assumer les plus hautes responsabilités.
« Rien ne peut justifier que ces compétences continuent d'être insuffisamment prises en compte dans les espaces de décision », regrettent les juristes.
Pour l'organisation, la participation des femmes à la gouvernance publique ne saurait être considérée comme une faveur accordée au gré des circonstances politiques. Elle constitue plutôt une exigence de justice, d'égalité et de respect des engagements nationaux et internationaux souscrits par le Sénégal en matière de promotion des droits des femmes.
L'AJS estime que cette faible représentation féminine envoie un signal négatif aux jeunes filles, aux professionnelles, aux élues ainsi qu'à toutes les femmes qui contribuent au développement du pays. Elle craint également que cette situation ne fragilise les acquis obtenus au terme de plusieurs décennies de plaidoyer et de mobilisation en faveur de l'égalité.
« La démocratie ne se mesure pas uniquement à l'organisation des institutions, mais aussi à leur capacité à refléter la diversité de la société qu'elles représentent », souligne la note.
Rappelant que les femmes constituent plus de la moitié de la population sénégalaise et jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale, la stabilité politique et le développement économique du pays, l'AJS juge que leur présence dans les sphères de décision devrait être davantage en adéquation avec leur contribution à la Nation.
L'organisation appelle ainsi les autorités à rendre effectif le principe d'égal accès des femmes aux mandats électifs et aux fonctions publiques consacré par l'article 7 de la Constitution. Elle plaide notamment pour l'adoption de mesures correctives lors des prochaines nominations ainsi que pour la mise en place de mécanismes institutionnels garantissant une représentation plus équilibrée des femmes dans les fonctions administratives, diplomatiques et stratégiques.
« Le Sénégal ne peut prétendre construire un projet de société juste et équitable en maintenant les femmes à la périphérie des lieux où se décident les orientations majeures du pays », insiste l'AJS.
L'association réaffirme enfin son engagement en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes et annonce la poursuite de ses actions de veille, d'alerte, de plaidoyer et de mobilisation pour une gouvernance plus inclusive et respectueuse des droits fondamentaux.






