Publié le 8 Nov 2020 - 01:03
 COTE D’IVOIRE

Le peuple prend en main son destin, les Elections ont eu lieu

 

La pandémie de la Coronavirus doit ouvrir les yeux aux peuples Africains  afin qu’ils comprennent leur destin politique, économique, leur bien-être social, culturel, est entre leurs mains et non entre celles d’arbitres , d’observateurs, d’objecteurs de conscience, étrangers. De la même manière que nous reconnaissons tous, et clamons que les hommes naissent libres et égaux, la coranavirus,  après avoir montré que toutes les Nations se valent devant Dieu, invite l’humanité à la cohérence qui voudrait non seulement que les peuples  soient  libres et égaux mais surtout qu’on  puisse donner un contenu substantiel au slogan « Auto détermination des peuples », rudement malmené par l’interventionnisme ambiant d’un ordre ultra libéral, sous enduit cosmétique de Mondialisation et de Démocratie.

Avec les crises malheureuses et concomitantes au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire, qui ne sont pas du tout du même ordre, mais qu’on a voulu par paresse intellectuelle, mimétisme, sophisme, fourrer dans le même bac à ordures « troisième mandat » qu’on fait porter à l’Afrique ou à ses institutions, présentée comme une terre handicapée démocratique. Mais alors que y’a-t-il  de nouveau sous le ciel Africain et sous d’autres cieux ? Le troisième mandat  ou Nième, a-t-il commencé avec ces pays cités? A-t-on fait autant de bruits avec le Rwanda, le Togo, le Bénin, le Cameroun, le Tchad, le Zimbabwé de Mugabé etc… ?

Quid de certains modèles Européens (Allemagne, Russie), Asiatiques (Chines, Dragons noirs) ou Arabes, qui respirent tous la prospérité sans que la Démocratie alternante ou la limitation de mandats y aient droit de cité ? Quid du caractère démocratique  de la limitation de Mandats? Cette limitation est-elle exempte de risques  dommageables à un pays quand n’importe quel, énergumène,  maniaque ou aventurier, sous l’action conjuguée de lobbies, peut arriver aux commandes et plonger un pays dans une angoisse abyssienne ? Tous ces questionnements sont utiles pour amener les uns et les Autres, à plus de raison, à moins de passions et d’émotions, à refuser de se confiner dans une posture de consommateurs d’idées, de modus vivendi ou operandi, seulement parce que ceux-ci ont été éprouvés ailleurs.

J’invite donc mes compatriotes Sénégalais qui ont trop fait dans ce tollé, surtout Médiatique, à  plus d’humilité, de retenue et de respect dans l’appréciation des choix  des peuples ou franges de peuples, souvent dictés par des réalités internes  qui peuvent échapper à un œil extérieur. Je suis d’avis que ce qui se passe en Côte d’ivoire n’est pas assimilable à ce qui s’est passé en  Guinée depuis une décennie, moins encore au Mali.

Sur la situation en Côte d’ ivoire Ouattara peut non seulement bénéficier de circonstances atténuantes au vu du  malheur qui a bouleversé toute sa stratégie initiale avec la mort de son dauphin à quelques encablures des Elections, mais crédité de courage politique,  de patriotisme et de nationalisme, au regard du comportement de la France vis-à-vis de lui (pression, hébergement d’un poulain qui à partir du sol Français décrète qu’il n’y aura pas d’élections dans son pays) mais surtout au regard de la nature et du comportement incohérent,  à la limite déconcertante et irresponsable, des autres protagonistes qui se disent partants et appellent à la désobéissance civile. IL serait irresponsable de la part d’un président sortant de faire  le vide, de  ne pas assumer et assurer ses arrières et la  relève,  face  des aspirants, capables d’une telle posture et dont la plupart sont des revenants dont le passage aux affaires, a échaudé le pays. Le taux de participation et les Résultats des urnes, seront un baromètre du choix du peuple.

La situation en Guinée est totalement différente et ne doit pas être appréciée à l’aune de l’opportunité ou non d’un troisième mandat, des péripéties plus graves ont précédé  sans que ceux qui agitent le Troisième mandat s’ en émeuvent : un deuxième tour en 2010 pour un candidat arrivé 3e , quatre mois après le premier tour, un présdent élu qui prend tout le temps qu’il lui faut pour doter son pays d’une Assemblée nationale, des années pour renouveler les collectivités locales, au prix de répressions sanglantes, aussi bien de forces politiques que sociales, l’exclusion de communautés au processus électoral, ce sont là les véritables questions en guinée plutôt qu’un mandat qui dans certaines conditions de vie et d’existence pourrait même être souhaité et salutaire, la finalité de l’action politique étant le bien être social, économique et culturel du peuple.

Sur le Mali , que les politiques et sociétés civiles sénégalais arrêtent d’agiter ce qui s’est passé comme une avancée démocratique, au contraire c’est un recul et les Acteurs politiques et la Société civile malienne commencent à s’en rendre compte. Il ne faut donc pas en faire  un épouvantail,  cela a été une gifle à la Démocratie qu’on a toujours convoitée, un affront aux principes universels  de la République et de la Démocratie. IL faut plutôt s’en bleuir et saluer le courage et le patriotisme d’IBK, sa posture d’homme d’Etat face aux périls  malgré tout ce qu’on peut lui reprocher dans sa gestion, il n’a pas céder à la pression, fort de la légalité  et  d’une légitimité même entamée, il n’a pas pris la tangente comme beaucoup de ses pairs dans une telle situation, au risque de sa vie. L’intervention militairea été une bourde Républicaine, IBK n’a pas enregistré  autant de défiance que Macron en France avec les « gilets jaunes ». Pourquoi bon sang applaudit-on en Afrique les interventions militaires dans de pareilles situations en violations de leur serment Républicains ?

En définitive, en terme de Démocratie,  il faut se décomplexer, refuser de verser dans un fatalisme anesthésiant,  ou de succomber à un conformisme sans prise sur les réalités de chaque peuple, en s’imaginant  qu’il y a  un cas africain, chaque peuple a  son  rythme, son souffle. Il s’agit pour chaque acteur quelque soit sa station de ne pas chercher à forcer son destin, de respecter le Rapport de forces intérieures,  de travailler démocratiquement et dans la paix, la concorde  nationale à changer ce rapport de Forces en sa faveur, si toutes fois il ne l’était pas encore. En Démocratie le vote reste l’arme du citoyen et l’urne l’arbitre des ambitions entre Acteurs. Pour ce faire l’Afrique doit se doter d’instruments régionaux et sous régionaux neutres d’encadrement et d’évaluation des processus  électoraux et des mécanismes coercitifs de respect des délibérations populaires dont les constitutions des pays.

Walmaakh Ndiaye,

Observateur politique,

wandiaye@gmail. com 

 

Section: 
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