Publié le 28 Nov 2013 - 16:48
«GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE»

Le positionnement du Pds en question

 

Les propos du coordonnateur du Parti démocratique sénégalais sur l'éventualité de retrouvailles avec le président de la République ont, au moins, l'avantage de poser le débat sur ce que seraient les fractures internes au parti libéral face au pouvoir

 

Après sa sortie sur la télé 2Stv en rapport avec l’éventualité d'une participation du Parti démocratique sénégalais (PDS) à un gouvernement d’union nationale, Oumar Sarr, coordonnateur dudit parti, a cru bon de (re)préciser sa pensée. Si ‘’le Pds ne peut pas être contre’’ une telle idée par ‘’principe’’, il n’en pose pas moins des ‘’préalables’’. ’’Macky Sall devra reconnaître ses erreurs, libérer tous les otages séquestrés à Rebeuss, élaborer un plan de redressement du pays, qui est en faillite, et se préparer à organiser de nouvelles élections’’, indique-t-il.

Mais au-delà de cette ‘’précision’’ et la position officielle du Comité directeur,  la sortie de l'ex-ministre pose au fond le débat sur la ligne du PDS vis-à-vis du régime en place. Face à plusieurs fronts depuis sa défaite (traque des biens supposés mal acquis, départ de responsables, naissance de courants de pensée), le Pds semble toujours se chercher dans l’opposition. Une situation qui a fini par créer une ligne de fracture opposant ‘’modérés’’ et ‘’radicaux’’.

Pour Dr Malick Dieng, de l’Institut libéral, et qui se réclame de l’aile radicale, ‘’la ligne de conduite’’ de son parti ‘’est très claire’’. ‘’Le PDS est dans une logique de combat pour permettre aux détenus politiques de recouvrer la liberté, de faire du Sénégal un pays où les libertés sont respectées. Nous ne collaborons pas avec le régime car nous allons reprendre le pouvoir’’, promet-il. ‘’Très écœuré‘’ par les déclarations de Oumar Sarr, il estime qu'«on ne peut pas engager le PDS sans que cela soit discuté avec les responsables‘’ au préalable. Une ‘’erreur grave’’ qui, selon lui, remet en cause le management du parti.

«Des retrouvailles dans le long terme»

Plus ‘’mesuré’’, ce responsable du PDS, sous le couvert de l’anonymat, entend ‘’faire la politique avec la tête et non avec le cœur’’. Même si pour lui, ‘’les propos de Oumar Sarr n’engagent que lui’’, il n’en souhaite pas moins voir la réalisation d’un ‘’grand ensemble’’ constitué de partis d’obédience libérale. «Qu’est-ce qui nous différencie de Macky Sall ?» se demande-t-il. Qui trouve sa propre réponse : ‘’Il est libéral et nous le sommes aussi. Il est vrai que nous avons des contentieux à vider, mais je n’écarte pas des retrouvailles entre le PDS et l’APR dans le long terme’’.

Une idée que partage Serigne Mbacké Ndiaye, ‘’en phase’’ avec le coordonnateur du PDS à qui il reproche même d’avoir fait une précision dans la presse avant même la diffusion de l’interview en question. ‘’Je pense qu’un patriote ne peut pas refuser d’entrer dans un gouvernement d’union nationale. Les gens le (Sarr) critiquent sans savoir ce qu’il a dit’’, déclare le porte-parole de l’ex-président de la République. «Au lendemain de l’alternance, Abdoulaye Wade nous avait appelés pour nous dire : n’attaquez pas Macky Sall.

C’est votre ‘’frère’’, soutenez-le au besoin. Mettez-vous à sa disposition. Si Macky Sall n’avait pas accusé Me Wade d’avoir volé des tableaux, véhicules..., certainement nos relations ne seraient pas tendues aujourd’hui.» Un argument loin de convaincre Aliou Sow qui trouve ‘’l’idée saugrenue, ridicule et inacceptable’’. ‘’Dans le contexte actuel, le pays n’est ni en guerre, ni en conflit, encore moins dans une crise économique devant nécessiter la création d’un gouvernement d’union nationale’’, s'exclame le leader du Mouvement patriotique pour le développement du Sénégal. 

«Travailler pour une démocratie normale»

Le problème, dit-il, c’est qu’’’on a une majorité incapable de se comporter en dirigeant responsable, conscient de la charge - ô combien importante - que le peuple lui a confiée’’. Plutôt que de songer à un éventuel ‘’entrisme’’, l’ancien ministre des collectivités locales suggère à l’opposition de ‘’mieux  s’organiser pour  travailler sur une offre plus crédible et plus convaincante par rapport aux prochaines élections’’. Pour lui, ‘’une démocratie normale a besoin d’une opposition et d'un pouvoir, d’hommes de dignité et de valeur’’, et non de fonctionner sur une ‘logique de partage de gâteau de façon indue’’.

Ce discours, Serigne Mbacké Ndiaye le range dans le registre de l’inexpérience de son ‘’frère‘’. ‘’Quand on a des gens qui viennent fraîchement de débarquer dans la politique, qui n’ont jamais fait le Ba ba de la politique, je comprends qu’ils puissent avoir certaines attitudes’’. Avant de rappeler : ‘’Abdoulaye Wade, dans l’opposition, a participé à des gouvernements de Abdou Diouf. Abdoulaye Wade, au pouvoir, a fait appel à l’opposition pour entrer dans le gouvernement. Le premier congrès du parti à Kaolack en 1976, Wade disait : «Le jour où j’accéderai au pouvoir, je gouvernerai avec tous les sénégalais, même avec ceux de l’UPS/PS...»

DAOUDA GBAYA

 

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