Publié le 23 Oct 2012 - 09:26
«IRRÉGULARITÉS» DANS LA LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE

Le groupe BBY veut une enquête sur 64 milliards

Photo Google

 

 

Une somme de 64 milliards de francs Cfa qui seraient dilapidés entre douze décrets d'avance, la spécialité wadienne pour brûler de l'argent public entre deux tours d'une élection présidentielle ingagnable, soulève le courroux de la majorité parlementaire qui demande au Premier ministre de venir s'en expliquer.

 

Les cas «d’irrégularités» relevés dans la première loi de finance rectificative (LFR) du régime du 25 mars 2012 n'ont pas l'heur de plaire au groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY), majoritaire à l'Assemblée nationale issue des législatives du 1er juillet. Au cours d'un point de presse tenu hier dans le hall de l'institution, son président Moustapha Diakhaté a ainsi demandé la mise en place d’une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur un certain nombre d'actes passés sous le régime d'Abdoulaye Wade. «Plus de 64 milliards ont été logés dans 12 décrets d’avance sans aucune transparence. Ces actes posés par l’ancien président ont eu pour conséquence la modification substantielle de la loi des finances initiale de 2012 votée par l’Assemblée nationale», a déclaré Diakhaté.

Une partie de cette manne financière a été répartie de la manière suivante : 8 milliards de francs Cfa pour les phosphatages de fonds (décret n° 2012-95 du 8 février 2012) qui auraient été décaissés «au profit de l’homme d’affaire Cheikh Amar», soufflent des sources parlementaires. Ensuite, 2,150 milliards de francs Cfa auraient été consacrés à l’acquisition de produits phytosanitaires et pour la prévention des inondations (décret n°2012-376 du 27 mars 2012) ; puis ce sont 6,5 milliards de francs Cfa qui auraient été mobilisés pour la construction et la réhabilitation de l’administration territoriale (décret n°2012-96 du 11 janvier 2012).

 

En dépit de tous ces constats jugés graves, le groupe Benno Bokk Yaakaar a tout de même décidé de voter ce projet de loi rectificative au nom «de la continuité de l’Etat». Non sans exiger «la diligence dans les audits et des poursuites judiciaires contre toute personne impliquée dans les malversations financières», et «le passage à l’Assemblée nationale du Premier ministre pour s’expliquer sur les décrets d’avance».

 

 

DAOUDA GBAYA

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

Section: 
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall