Publié le 11 Sep 2014 - 00:38
3QUESTIONS A... SOULEYMANE NIANG DIRECTEUR WEST AFRICA DEMOCRACY RADIO

"Ebola a mis en relief toutes les problématiques de notre profession"

 

Comment appréciez- vous la manière dont la presse  sénégalaise traite les informations sur le virus ?

Globalement, la presse traite l’information relative à Ebola de façon quantitativement appréciable. Il y a suffisamment de sujet au fur et à mesure, notamment à partir du moment où le Sénégal a été touché par le virus. La production a connu une augmentation substantielle. Je ne suis pas sûre qu’il en soit ainsi de la qualité du traitement. On ne peut pas avoir une appréciation globale de ce point de vue. Dans la majorité des articles que je vois sur Ebola, effectivement il y a des raisons d’être très satisfait. Il y a également des raisons d’être inquiet.

Je prends un exemple : toutes les qualifications, les catégorisations qui ont eu lieu autour du cas qui nous est venu de la Guinée. Qu’on dise que c’est un cas venu de la Guinée, c’est un fait. Les journalistes ont le devoir de le dire. Mais depuis un certain nombre de jours, je ne vois plus la nécessité d’insister sur ce fait. Il y a un élément de langage très important, c’est qu’on nous fait dire que c’est un cas importé. Les journalistes doivent exercer un peu plus leur jugement, leur esprit critique sur cette dimension de la chose.

Pourquoi vous réfutez le mot cas importé ?

 Que le cas soit importé ou non, cela n’enlève en rien le fait que le Sénégal soit touché. Il faut prendre des mesures appropriées et faire preuve de plus de vigilance. Parce que dès lors qu’il y a un cas, qu’il soit importé ou pas, s’il y a des contacts, ça veut dire que le pays est touché. Donc il faut savoir  dépasser cette étape de la chose, c'est-à-dire la catégorisation du cas. Mais en parler de manière beaucoup plus impliquée.  J’apprécie beaucoup les mesures prises et les dispositifs de riposte mis en place. Mais il faut que dans le traitement de l’information, on passe à autre chose. Parce que le cas qui est là cause beaucoup de risques.

Pensez-vous que l’exigence morale qui pèse sur les medias doit aussi peser sur leurs sources ?

Oui, parce que la crainte, c’est que nos sources pour une raison ou pour une autre, manipulent un peu l’information. Pas au sens politique du terme, mais au sens où l’information est volontairement tronquée de parties qui pourraient être importantes pour les médias. Parce que nous, nous n’avons pas la maîtrise, nous ne sommes pas sur le terrain. Autrement dit,  nous sommes réduits à nous contenter des informations qu’on nous donne à partir du terrain.

Dès lors que nous n’avons pas la maîtrise sur la source, si celle- ci veut nous manipuler elle réussira parce que nous n’avons aucun autre moyen de prouver ce que la source nous rapporte. Autant on nous impose la contrainte éthique et déontologique de dire les choses comme elles se passent, autant ceux qui donnent l’information doivent s’imposer cette exigence d’éthique et de déontologie dans la fiabilité de l’information qu’on nous donne. Ebola nous met une pression supplémentaire. Cette épidémie a mis en relief toutes les problématiques de notre profession.  

VIVIANE DIATTA

 

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