Publié le 3 Jun 2024 - 15:19
BAMAZI TALLE - COLLECTION DWELL  

Cet artiste qui explore les traditions africaines

 

 

Il s'inspire de sa culture et de son héritage africain dans son art pictural. Bamazi Talle, ‘’véritable volcan en ébullition, toujours en quête de nouvelles idées et de moyens d'expression’’, a réalisé une belle collection, ‘’Dwell’’ et deux œuvres de cette prestigieuse série ont été exposées à Dakar.

 

Le lieu semble désert. Sokhamon est fermé pour travaux. Tout est calme, dépouillé ici. A la descente des escaliers, le décor commence à changer. Les murs sont habillés de divers tableaux. Une quinzaine d’artistes africains venus de divers pays du monde y ont accroché leurs œuvres. Ils sont invités par le Cercle panafricain des artistes qui a l’habitude, depuis quelques années, à chaque biennale de l’art africain contemporain de Dakar, d’organiser une exposition Off. Même si, la 15e édition du Dak’Art a été reportée jusqu’en novembre, le Cercle a décidé d’organiser son expo à la date initialement retenue.

Dans cette exhibition de haute facture, se distinguent deux tableaux. A première vue, ils sont pareils. Mais à y voir de près, ils sont bien différents. L’un a un fond bleu et blanc avec un cercle noir. L’autre a un fond vert-claire et foncé avec également un cercle noir. Mais ce n’est pas ce cercle qui est le dénominateur commun entre les deux. C’est plutôt cette calebasse perchée presque de la même manière sur les deux œuvres qui attirent. Elle flotte de manière éthérée dans l'espace pictural, symbolisant non seulement leur utilité pratique, mais aussi leur importance dans les traditions africaines. La calebasse,  cet élément essentiel dans de nombreuses cultures africaines pour sa symbolique de subsistance, d'hospitalité et de fertilité, est la signature de Bamazi Talle, le ‘’Père des calebasse volantes’’ dans cette collection ‘’Dwell’’. 

Cet artiste d’origine togolaise installé aux USA depuis plusieurs années et considéré comme figure emblématique de l’art contemporain était à Dakar et a émerveillé ceux qui ont visité l’exposition collective du Cercle panafricain des artistes. D’ailleurs, de ses deux tableaux, ce ‘’peintre visionnaire’’ comme le dépeint le critique d’art sénégalais Babacar Mbaye Diop, a pu en vendre une à 7000 dollars. Ce n’est pas pour rien qu’il est identifié comme l’un des artistes africains les plus chers au monde.

Il vend à Dakar un tableau à 7000 dollars

En outre, les deux créations présentes à Dakar, sont issues de la Collection Dwell qui est une série ‘’de 203 œuvres qui célèbre la connexion spirituelle entre les êtres humains et leurs ancêtres, présentée à travers le symbole de la calebasse volante. Chaque pièce de cette série captivante explore la profonde signification de cette relation et incite à une réflexion sur l'héritage, la communication et l'équilibre entre le monde terrestre et le monde spirituel. Chacune des œuvres de la série Dwell met en scène une calebasse volante en tant que protagoniste centrale. La calebasse, soigneusement représentée dans ses détails, devient un symbole visuel de la communication entre les vivants et les ancêtres, une passerelle entre le tangible et l'invisible’’, renseigne une note destinée à la presse.

Dans un texte publié dans le Catalogue de la dernière exposition de l'artiste aux USA, le critique d’art sénégalais Babacar Mbaye Diop a écrit: ‘’chacune de ses œuvres représente une tradition africaine oubliée qu’il essaie de ressusciter d’une façon souvent surréaliste. C’est que la beauté est là où on ne s’y attend pas. Avec Bamazi, nous pénétrons au cœur de la mystique africaine. Contrairement au surréalisme européen qui est empirique et de ce fait ne peut avoir  accès à certaines connaissances du réel, le surréalisme africain est un surnaturalisme ; il est métaphysique. Le surréalisme européen se limite aux faits, alors que le surréalisme négro-africain cherche à accéder aux connaissances suprasensibles. Ce qui explique ce surréalisme, c’est que l’Africain dispose déjà des aptitudes nécessaires pour connaître la force vitale des choses’’. 

Dans la même veine, il a ajouté que ‘’l’art de Bamazi illustre cette dimension importante de surréalisme par son aspect mystique et symbolique. Son esthétique est un pont entre le réel et l’imaginaire, entre le présent, le passé et le futur, entre le communicable et l’incommunicable, de même entre le visible et l’invisible. « Au-delà du signifiant, il faut, toujours, voir le signifié. La surréalité gît sous la réalité. Ainsi donc le surréalisme - mieux, le sous-réalisme - négro-africain n'est pas empirique comme celui de l'Occident, mais mystique, métaphysique, participant du vitalisme par le symbolisme » ‘’. Ainsi, le fondateur de la Galerie Kiaca à Columbus, dans l'Ohio, s'inspire de l’imaginaire africain qu’il combine à des choses réelles.

B. BOB

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