Publié le 18 Jan 2020 - 07:31
COOPERATION AMERICAINE

La sécurité routière en débats 

 

Par le biais du programme ‘‘Roadmap to security’’, les accidents, la corruption et les divers trafics sur les grands axes routiers sénégalais (et burkinabè) ont été débattus hier à Dakar

 

Les bilans macabres sur les routes sénégalaises ont marqué l’opinion, ces dernières années, par la récurrence et la violence des accidents. ‘‘L’insécurité routière est une urgence au Sénégal où l’accident de la circulation est la première cause de décès chez les jeunes. Sur le tronçon Dakar-Tambacounda-Bamako, uniquement pour le mois d’avril 2019, quelques 455 accidents de la circulation ont été recensés, soit près de 15 accidents par jour’’, fait savoir l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Tulinabo Mushingi. Si les statistiques internes sont préoccupantes, le programme ‘‘Roadmap to security’’ au Sénégal et au Burkina Faso, débriefé hier à Dakar, fait voir d’autres facettes de la problématique. Ce programme financé par le Département d’Etat américain, à travers le Bureau international de lutte contre les narcotrafics (INL), va au-delà des questions d’accidents de circulation et cherche à jeter le pont de la confiance entre citoyens, combler le déficit de collaboration entre populations civiles et forces de défense et de sécurité (Fds) dans la sécurité routière de manière générale.

‘‘L’idée est de pouvoir revoir le concept de sécurité routière qui n’intégrait pas uniquement les accidents de circulation, mais l’utilisation de la route et de tous les types de trafics qui se font sur la route, notamment les pièces afférentes à la conduite de voiture, l’émigration clandestine via le Sahara, mais aussi la corruption qui entoure le secteur de la sécurité routière’’, explique le professeur Ajaratou Aidara Ndiaye Waha, secrétaire exécutif de l’Ong Partners West Africa, maitre d’œuvre du programme. Les deux axes routiers choisis au Sénégal sont Dakar-Tamba et Dakar Ziguinchor. ‘‘Ces deux axes ont été choisis, car c’est un projet régional. Le premier axe nous permet de passer par le Mali et remonter vers le Sahel, et le second nous permet de traverser la Gambie et d’aller vers la Guinée Bissau et la République de Guinée. L’idée était de prendre les axes qui posaient le plus de problèmes en termes de sécurité routière. J’insiste sur la corruption, les trafics et l’utilisation de ces routes pour l’émigration clandestine. Mbour est une plaque tournante de trafic et d’émigration, mais il y a aussi Tamba, Kaolack et Ziguinchor’’, renseigne Aida Ndiaye Adjaratou.

Les résultats sur l’étude de la corruption et les défaillances humaines ? La secrétaire exécutif de Partners West Africa préfère donner sa langue au chat. ‘‘Jusqu’à présent nous mettons l’accent sur le comportement humain. De plus en plus, on parle de sécurité humaine. Il est très difficile d’avoir un impact palpable, mesurable, lorsqu’on parle de comportement humain. Nous mettons en place la prévention, mais agissons avec des séances de sensibilisation’’, a-t-elle avancé.

Phase de maturation pour le Sahara

Durant la première phase de mise en œuvre de ce projet, l’objectif était d’établir une feuille de route pour dresser une analyse politique et économique de la sécurité routière, une enquête de perception des citoyens, des sessions de dialogue multipartites et des ateliers de planification avec les communautés. ‘‘Nous savons tous que les routes sont utilisées pour le transport régulier, mais aussi pour le trafic criminel de drogues, de de produits illicites, et de l’émigration clandestine qui sont des facteurs majeurs d’insécurité’’, précise-t-elle.

La phase pilote de ce projet de sécurité routière a été exécutée concomitamment par le Sénégal et le Burkina Faso sous la supervision de la maison mère, Global Partners, basée à Washington. Une phase ayant duré deux années et financée à hauteur de 2,5 millions de dollars. Après ce test concluant, un autre financement est prévu pour une seconde de maturation dont le projet va s’appeler ‘‘Sahel Road Safety Initiative’’ qui devra embrasser une zone plus grande.

OUSMANE LAYE DIOP

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