Publié le 26 Dec 2019 - 20:07
COP 25

Un niveau de progression des échanges jugé ‘’inacceptable’’

 

La Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique Cop25 n’a pas su réunir la communauté internationale autour d’un consensus concernant les mécanismes de lutte contre le réchauffement climatique. L’équilibre des émissions de carbone, le financement et surtout l’article 6 de l’Accord de Paris, ont été les principaux points d’achoppement.

 

La 25ème édition de la Conférence cadre des Nations unies sur le changement climatique s’est tenue à Madrid, dans un contexte géopolitique complexe marqué par le retrait des Etats unis de l’Accord de Paris. L’enjeu principal de cette rencontre est de trouver un consensus international sur les mécanismes à mettre en place pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, pour sa survie, la planète doit maintenir un niveau de réchauffement inférieur à 3 degrés Celsius. Si les résultats de la Cop 25 restent mitigés, le ministre sénégalais de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, estime que des points positifs sont à souligner. 

‘’Cette rencontre aura permis la reconnaissance de l’importance de la mise à disposition de ressources pour les pays en développement extrêmement vulnérables dans le cadre du mécanisme de Varsovie, la diversification des ressources financières allouées au mécanisme technologique et le renforcement des capacités pour faciliter la collecte de données et l’évaluation de l’adaptation dans le secteur de l’agriculture. J’en tire un bilan positif en termes de participation même si les résultats escomptés en termes de financement sont en deçà de nos attentes’’, déclare-t-il.

Il s’exprimait samedi dernier, en marge de l’atelier de restitution des conclusions de la     Cop25. Durant ces deux semaines, les échanges ont tourné autour du marché de carbone, du mécanisme de Varsovie, du financement de la lutte contre le réchauffement climatique, du Fonds d’adaptation et de l’article 6 de l’Accord de Paris.  Au-delà du partage d’expérience et du partenariat international engagé, le dernier point a, selon le ministre, suscité beaucoup de débats. ‘’Depuis 2015, date de l’Accord de Paris, les pays se sont engagés à réduire la température de 2 voire 1,5 degrés d’ici la fin du siècle. Actuellement, l’évaluation fait état de 1,1 degré.

Ce qui signifie que notre marge de manœuvre est très limitée et l’anticipation sur les dérèglements climatiques devient plus que jamais une question de survie pour toute l’humanité, plus particulièrement pour nos pays vulnérables. Beaucoup d’efforts sont attendus pour baisser le niveau d’émission de carbone’’, a-t-il déclaré. De son point de vue, les résultats de la Cop 25 montrent qu’à quelques encablures de l’entrée en vigueur de la période de mise en œuvre des Contributions déterminées nationales, le niveau de progression des négociations est lent, voire inacceptable au regard de l’urgence d’agir pour inverser la tendance’’.

En effet, les pays occidentaux sont pour un prélèvement de 2% sur les transactions de carbone tandis que ceux en développement votent pour un rehaussement de 5% reversé dans le Fonds d’adaptation. Par ailleurs, les premiers souhaitent en outre que ce prélèvement soit volontaire ; ce qui annulerait toute supervision de l’Onu. Selon d’autres techniciens membres de la délégation sénégalaise, certains pays occidentaux plaident pour que l’aide au développement soit également considérée comme un financement de lutte contre le réchauffement climatique. Autant de désaccords qui n’ont pas trouvé de réponse et qui seront redébattus en 2020 lors de la Cop26. Néanmoins, les pays se sont entendus pour réduire le taux d’émissions des gaz a effet de serre.

‘’Il est prévu la transformation de la centrale de Bargny en centrale à gaz, et le reboisement d’envergure pour augmenter le niveau de séquestration de carbone. Nous sommes en train de travailler sur la Contribution déterminée nationale (Cdn) qui constitue notre feuille de route’’, ajoute M. Sall. Concernant ce volet, les collectivités territoriales ont plaidé pour leur plus grande implication dans les processus d’adaptation au changement climatique et une plus grande sensibilisation quant à leur participation financière à la Cdn.

EMMANUELLA MARAME FAYE

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