Publié le 30 Sep 2020 - 17:24
EFFETS DE LA RAGE

Un décès toutes les 9 minutes 

 

Les dirigeants de la EEFAO, de l’OIE et de l’OMS annoncent un effort collectif pour éliminer les décès dus à la rage humaine, d’ici 2030.  Toutes les 9 minutes, une personne meurt de cette maladie.

 

Près de la moitié des décès dus à la rage concerne les enfants. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chiens. C’est, du moins, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui célébrait, avant-hier, la Journée mondiale de lutte contre la rage. 

Cette maladie est considérée comme un ‘‘’modèle’’ pour améliorer la lutte contre les zoonoses de façon plus générale. Toutefois, les investissements en faveur de la vaccination des chiens, de la surveillance de la rage et des systèmes de surveillance restent faibles dans la plupart des pays où des cas sont notés.

D’ailleurs, un nouveau forum, ‘’Tous unis contre la rage’’, est en cours. Il vise à progresser plus vite pour éliminer les décès dus à la rage transmise par les chiens, d’ici 2030.  Car cette maladie tue encore une personne toutes les 9 minutes.

Selon l’organisme, la recherche scientifique et les données de terrain montrent que les campagnes de vaccination de masse des chiens, couvrant 70 % de la population canine à risque, peuvent conférer une immunité collective contre la rage. Ils sont, soutient le directeur général de l’OMS, le seul vrai moyen d’interrompre le cycle infectieux entre l'animal et l'homme. ‘’Nous ne pouvons éliminer la rage humaine qu'en luttant mieux contre la rage canine. Ce, en améliorant sensiblement l’accès au traitement et aux soins, en particulier dans les catégories pauvres et marginalisées de la population qui souffrent le plus de cette horrible maladie’’, déclare le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pour le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Dr Qu Dongyu, ‘’bien que la pandémie de la maladie à coronavirus entraîne pour des difficultés sans précédent, nous pouvons et nous devons faire de ce désavantage un avantage. Nous avons aujourd'hui la possibilité de renforcer la collaboration suivant le principe un monde, une santé et la coopération régionale, notamment afin d'améliorer les systèmes de santé et la surveillance pour les animaux. La collaboration dans la lutte contre la rage est un excellent moyen de mettre ces idées en pratique’’, soutient le Dr Qu.

La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Dre Monique Eloit, a, de son côté, souligné la nécessité de collaborer pour lutter contre la rage. ‘’C’est une maladie que nous pouvons vaincre. Mais plusieurs solutions sont possibles. Nous devons collaborer dans les secteurs de la santé humaine et de la santé animale, et avec les communautés touchées. Ainsi, nous pourrons éliminer la maladie tout en bâtissant des systèmes plus solides pour détecter et combattre d’autres maladies’’, suggère-t-elle.

Ce forum, créé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE),  les institutions mondiales responsables de la santé humaine, de la santé animale et de l’alimentation et de l’agriculture, réunira des partenaires d'institutions gouvernementales, des secteurs de la santé humaine et de la santé animale, du secteur privé, de la société civile ainsi que de la recherche et des milieux universitaires.

La FAO, l’OIE et l’OMS tiennent à mettre réellement en œuvre le principe ‘’Un monde, une santé‘’, selon lequel les politiques doivent allier les interventions en matière de santé humaine, de santé animale et de salubrité de l'environnement. Dans le cas de la rage, clarifie-t-on, cela signifie qu'il faut investir de manière coordonnée en faveur de la vaccination de masse des chiens en tant qu’initiative de santé publique, d’améliorer la surveillance et la collecte de données. Il faut aussi la sensibilisation des communautés, et garantir l’accès à un traitement abordable contre la rage humaine (prophylaxie post-exposition ou PPE).  Il vise à déterminer plus précisément les travaux à mener dans les domaines des politiques et de la recherche et à améliorer la coordination (y compris la mobilisation des ressources) et l’échange d’informations entre les partenaires.

V. DIATTA

 

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