Le directeur de publication de Sunugal24 risque trois mois ferme de prison

Alioune Top, directeur de publication du site Sunugal24, a comparu à la barre pour répondre des chefs de diffusion de fausses nouvelles, propos contraires aux bonnes mœurs et incitation à la discrimination ethnique. Une émission de plus de deux heures, diffusée sur sa chaîne, est à l’origine de ses ennuis judiciaires.
À la barre, le journaliste ne cherche pas à nier l’évidence. ‘’J’ai été induit en erreur par une source en qui j’avais totalement confiance. Je n’ai pas pris la peine de vérifier et je le regrette profondément. Je présente mes excuses aux parties civiles et à toute la communauté hal pulaar’’. Mais le procureur n’est pas convaincu. Il lui rappelle notamment ses propos sur la radio Fulbé, qu’il affirmait être financée par la France. ‘’Je voulais parler de la version Fulfulde de RFI, je me suis trompé’’, se défend le prévenu.
Une erreur aux conséquences lourdes, selon le maitre des poursuites. ‘’Le Sénégal est une République laïque où tous les citoyens sont égaux. Vos propos appellent à la discrimination et peuvent semer la division’’, lui lance le magistrat.
Du côté des parties civiles, la colère est palpable. Ousmane Ndiaye, membre du Collectif pour la défense de la cohésion nationale, rappelle que les propos de M. Top ont provoqué un tollé au sein de la communauté hal pulaar, allant même jusqu’à susciter des menaces de mort contre lui. ‘’Ce qu’il a dit a blessé tout le monde. Il a voulu minimiser l’affaire en présentant de brèves excuses sur sa chaîne, mais c’était juste pour la forme’’.
L’avocat des parties civiles, Me Thiam, a insisté sur la responsabilité du journaliste. ‘’Il n’était pas un simple invité ; il est le directeur de publication. Il a donné la parole à une source sans la vérifier et en a fait une vérité absolue. Ses propos peuvent avoir des répercussions graves sur la cohésion nationale’’.
Face à ces accusations, la défense a tenté d’apaiser les tensions. Maitre Ba a rappelé que son client a grandi dans cette communauté et qu’il n’avait aucune intention de nuire. ‘’C’est un dérapage, une faute professionnelle, mais il s’est excusé bien avant la plainte. Il a reconnu son erreur à la police, à la barre et devant le public. Il ne mérite pas d’être accablé’’.
Le procureur, lui, a requis une peine exemplaire : six mois de prison, dont trois ferme. Le verdict sera rendu le 16 avril.
MAGUETTE NDAO