Publié le 16 May 2013 - 17:05
MANDAT DU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Idrissa Seck demande l'abrogation de la loi Sada Ndiaye

Les députés du parti Rewmi vont engager des ''consultations'' avec tous leurs collègues de l'Assemblée nationale dont ceux du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY) ''en vue d'une abrogation de la loi Sada Ndiaye en ramenant le mandat du Président de l'Assemblée nationale à cinq (5) ans.'' C'est l'un des axes du communiqué publié tard cette nuit par le Secrétariat national du parti dirigé par Idrissa Seck qui s'est réuni hier à Dakar.

 

La ''loi Sada Ndiaye'' était intervenue dans le contexte du conflit qui avait opposé l'ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, et son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS) à l'ex-président de l'Assemblée nationale Macky Sall lorsque ce dernier, alors membre de ce même parti, avait demandé à Karim Wade de venir expliquer sa gestion de l'Anoci devant la représentation nationale. En représailles, Me Wade avait instrumentalisé le député Sada Ndiaye et la majorité parlementaire afin de réduire le mandat légal de Macky Sall de cinq à un an à travers une proposition de loi baptisée ''loi Sada Ndiaye''. C'était le 21 octobre 2008. L'ex-futur président de la République s'était contraint de démissionner et de créer l'Alliance pour la République (APR).

 

C'est donc un retour au statu quo ante que demandent Idrissa Seck et ses partisans afin de ''permettre au pouvoir législatif de retrouver sa dignité, sa stabilité et sa respectabilité'', ajoute la même source. Par ailleurs, Rewmi ''invite le gouvernement à redoubler d'efforts pour soulager les populations confrontées à un faible pouvoir d'achat'' d'une part, et à promouvoir ''une discussion inclusive avec les acteurs de l'éducation'' aux fins de sortir d'une crise faite de ''grèves répétitives''.

 

 

Idy allié naturel de Niasse

 

Encore une pierre dans le jardin du président de la République Macky Sall ! En demandant l'abrogation de la loi Sada Ndiaye, Idrissa Seck vient se transformer en soutien direct du président de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Ce dernier, même s'il a toujours dit n'avoir jamais rien demandé et n'être demandeur de rien, ne crachera pas sur la démarche. Son mandat arrive à expiration dans quelques semaines et, sauf décision personnelle du Chef de l'Etat, il pourrait bien quitter le Perchoir de la place Soweto. D'autant plus que l'Alliance pour la République (APR) a l'ambition de récupérer le poste de seconde personnalité de la République pour elle-même.

 

En posant cet acte politique pur et dur, même s'il contribue par ailleurs à remettre à l'endroit ce que Me Wade et le Pds ont conjugué à l'envers dans leur guerre contre Macky Sall, Idrissa Seck se remet dans le jeu et le sens de la coalition Benno Bokk Yaakaar, une coalition qu'il avait sérieusement importunée ces dernières semaines en fustigeant l'incompétence du gouvernement. L'écho de cette proposition d'abrogation va mettre mal à l'aise le chef de l'Etat dont personne ne connaît jusqu'ici la position officielle sur un dossier pourtant intimement lié à son parcours politique récent.

 

Enquête

 

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