Publié le 16 Aug 2012 - 19:35
PLUIES DILUVIENNES À DAKAR

Les eaux, maitresses de la banlieue

 

Les averses des derniers jours ont été durement ressenties dans la banlieue. Maisons, mosquées, écoles, maternités, etc. ont été envahies par les eaux, obligeant certaines populations à dormir à la belle étoile. Reportage

 

A l’instar du reste de la capitale, la banlieue dakaroise a très mal supporté le déluge qui s’est abattu dans la nuit du lundi au mardi. De Guinaw Rails à Yeumbeul, en passant par Médina Gounass, Keur Massar, Benn Barack, Dalifort et les Parcelles Assainies, le même spectacle de désolation s’est offert au regard. Ainsi beaucoup de familles ont passé la nuit à la belle étoile.

 

Aux Parcelles Assainies de Keur Massar, plus précisément aux unités 14 et 15, rues et maisons gorgées d'eau, terrains de football impraticables, mosquées et marchés devenus inaccessibles, tel était le spectacle. D'ailleurs, selon les témoignages, dans ce coin de la banlieue, il suffit qu'il tombe quelques gouttes de pluie pour qu’il y ait inondation. ''Et dans ces circonstances, on éprouve toutes les peines du monde à évacuer les malades. Dès que la pluie s'annonce, l'inquiétude nous gagne'', déclare un riverain de la localité. Ces populations fustigent l'absence de politique d’assainissement pour la commune. ''Nous n’avons pas où déverser les déchets et les eaux usées et nous sommes exposés à de nombreuses maladies'', renseigne Ibrahima Diop, un riverain. Et de poursuivre : ''Quand on nous vendait ces maisons, nous pensions qu'elles étaient assainies, comme leur nom l'indique. Au contraire, à Keur Massar, nous avons des parcelles non assainies’’.

 

Des rues, maternités et mosquées… impraticables

 

Le déluge de la nuit de lundi au mardi a ainsi entraîné l’impraticabilité des rues. L’axe Thiaroye-route de Boune avait des allures de mer en marée haute. Une situation qui a mis les nerfs des automobilistes à rude épreuve. Surtout en cette période de Ramadan. En effet, des embouteillages monstres ont été enregistrés toute la journée de mardi. Même constat dans le département de Guédiawaye et plus précisément à Médina Gounass et à Golf, où la route principale inondée est restée impraticable, avec les conséquences que cela entraîne pour la mobilité dans le département. Taxis, bus et particuliers ont dû emprunter toutes les ruelles imaginables pour sortir de cette galère. Il faut dire que les petits véhicules n'ont pas été à la fête. Certaines voitures sont restées prisonnières des eaux stagnantes. Ici de nombreux riverains ont profité de la pluie diluvienne pour ouvrir leurs fosses septiques. D'où l'odeur nauséabonde qui se dégageait des eaux. Et il n'était pas rare de voir des enfants s'amuser dans ces eaux stagnantes vecteurs de microbes et de maladies.

 

Autres victimes des inondations, ce sont les personnes du troisième âge. À Guinaw Rails Sud, une quinquagénaire s’est fracturé les deux jambes, en sortant de la douche. L'eau a envahi l'espace entre les toilettes et les appartements. Dans la même localité, la maternité, complètement inondée, est devenue infréquentable. Aussi, les populations se sont-elles retroussé les manches pour se débarrasser de l’eau.

Il faut signaler que les inondations ont également entraîné un ralentissement des activités économiques. Au marché Djiby Sarr de Pikine, plusieurs ateliers de tailleurs et de cordonniers ont été envahies par les eaux. Provoquant un véritable manque à gagner, à quelques jours de la fête de Korité. À quelques encablures, la mosquée était également devenue inaccessible. Ainsi, les populations rencontrées ont imploré l’aide des autorités. Car, malgré les bassins de rétention et les motopompes qui font du joli travail, la banlieue est sous les eaux.

 

CHEIKH THIAM

 

 

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