Publié le 12 Nov 2013 - 13:52
PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS LOCALES EN BANLIEUE

Quand APR occupe le terrain, ses alliées réfléchissent...

 

Alors que la tenue des élections locales prévues le 16 mars 2014 est plus que jamais soumise à l'incertitude, surtout après la dernière sortie de Moustapha Niasse, les responsables de l’Alliance pour la République (APR) en banlieue se disputent le terrain, avec dans le collimateur les mairies des villes de Pikine et Guédiawaye. Une de leurs motivations renvoie au fameux dicton en vogue dans le landernau politique selon lequel ''qui gagne la banlieue de Dakar gagne le Sénégal''.

A cet effet, les jeunes de la Coordination des jeunesses républicaines (COJER) et les femmes apéristes du département de Pikine ont déjà balisé le chemin à Abdoulaye Timbo, coordinateur départemental de l'Apr, et par ailleurs directeur général du Fonds national de promotion des jeunes (FNPJ). L'objectif est de lui faire prendre la place du maire sortant, le progressiste Pape Sagna Mbaye, en poste depuis les élections de mars 2009. Pour Guédiawaye, ces mêmes jeunesses républicaines ainsi que le Mouvement des élèves et étudiants républicains (MEER) ont décidé de porter la candidature de Aliou Sall, frère du président de la République, pour la mairie de Guédiawaye où trône Cheikh Sarr, du Mouvement pour l'alternance générationnelle (MAG, Ñaxx Jariñu). Pour Timbo et Sall, l'heure des officialisations de candidatures ne semble pas encore venue, tous deux se contentant de visites de proximité et de rencontres avec les militants...

Négociations âpres à BBY

Curieusement, les autres formations politiques de la mouvance présidentielle et de l'opposition semblent invisibles pour ne pas dire qu'elles végètent dans la léthargie, ou n'ont pas encore décidé de descendre sur le terrain. A cet égard, l'appartenance de certaines d'entre elles à la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) imposerait une certaine discipline, voire une confraternité politique qui expliquerait leur silence actuel qui laisse le terrain politique aux ouailles du parti présidentiel. Ce qui semble certain, et qu'elles ont peut-être compris pour ne pas gaspiller leurs forces trop tôt, c'est qu'il y aura d'âpres négociations entre alliés dans la constitution future des listes. En outre, il sera difficile pour le PS, l'AFP, la LD, le PIT et les autres partis de BBY d'accepter que le parti présidentiel puisse prendre à la fois les mairies de Pikine et de Guédiawaye... La tête un peu relevée, les socialistes ont bien de la chance que cette période-ci coïncide avec la vente des cartes dans le cadre des renouvellements de leurs instances.

Du côté du Parti démocratique sénégalais (PDS), le constat de léthargie est fait, les libéraux étant pris dans le tourbillon de la bataille contre la traque des biens mal acquis, avec son lot d'emprisonnés et de candidats potentiels à la transhumance vers les prairies APR. La Convergence démocratique Bokk Gis Gis de l'ex-président du Sénat Pape Diop est, elle aussi, invisible où à tout le moins très timide...

A côté du schéma traditionnel de la représentation politique, émergent peu à peu beaucoup de mouvements citoyens qui s'organisent tant bien que mal afin de ne pas se faire surprendre lorsque la date exacte des scrutins locaux sera enfin connue...

SAMBA BATHILY (COORDINATEUR DÉPARTEMENTAL DE REWMI)

«Nous sommes ouverts à tous sauf à l'Apr»

«Nous ne sommes pas en léthargie, mais il s’agit d’une stratégie politique. Nous sommes en train de nous organiser à la base... Nous préparons activement les élections locales mais méthodiquement, par phase. Et cela va porter ses fruits. Nous y irons certainement en forte coalition (…) même si nous n'avons encore discuté de rien au niveau local et dans les instances du parti. Mais nous sommes ouverts à toute formation politique qui souhaiterait aller avec Rewmi, sauf l’Alliance pour la république (APR).»

CHEIKH THIAM

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