Publié le 26 Feb 2014 - 04:29
PREMIÈRE JOURNÉE DU PSE A PARIS

 Les partenaires indiquent la voie du salut

 

Avant la systématisation des engagements nouveaux en faveur du PSE, les partenaires techniques avaient dévoilé leurs intentions. De l’Union européenne à la Banque mondiale en passant par le Programme des Nations-Unies pour le développement, ils ont tous suggéré des pistes pour fortifier le Plan Sénégal émergent.

 

Comme souvent dans ce type de manifestation, la réunion du Groupe consultatif dédié au Plan Sénégal Emergent (PSE) s’est ouverte hier matin à Paris sous des auspices qui ont été qualifiés de «bons et prometteurs» par un officiel sénégalais. C’était avant l’annonce des engagements par le président de la République, lors d’une conférence de presse tenue en début de soirée au siège de la Banque mondiale.

Le commissaire au développement de l’Union européenne a ainsi annoncé une enveloppe d’environ 228 milliards de francs Cfa (347 millions d’euros) pour la période 2014-2020. Cette aide tirée du 11e Fonds européen de développement (FED) sera investie dans trois domaines énumérés par le commissaire Andris Pielbags lors de sa visite d’il y a deux semaines à Dakar. Ce sont «l’agriculture durable y compris l’électrification rurale», «la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’eau et l’assainissement», et enfin «l’Etat de droit, notamment la justice.»

D’après le commissaire européen, «ces (trois) secteurs sont directement en phase avec les piliers 1, 2 et 3 du Plan Sénégal Emergent (PSE).» Ces trois piliers du PSE sont : la transformation structurelle de l’économie, le soutien aux secteurs sociaux, et la consolidation de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.

Associé au processus de lancement du PSE, le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) s’est engagé à hauteur de 110 milliards de francs Cfa, alors que de bonnes sources, la Banque islamique de développement serait sur le point de dévoiler un programme de 2 500 milliards de francs Cfa (5 milliards de dollars). En attendant les autres…

«Contraintes à maîtriser» (Pielbags)

Pour Andris Pielbags, au-delà de «l’analyse courageuse de la situation» du pays qui a été effectuée, un certain nombre de contraintes doivent être maîtrisées pour assurer la viabilité du PSE dans les cinq prochaines années. Ce sont la réduction des dépenses publiques, la consolidation de la paix en Casamance, l’équilibre entre l’agrobusiness et l’agriculture familiale, entre autres. L’Union européenne, a précisé Pielbags, est en phase avec le gouvernement sur la restructuration en cours du secteur de l’Energie et salue «la cohérence entre la vision européenne et les objectifs du PSE» à propos du rôle du secteur privé dans la mise en œuvre opérationnelle.

«Coût des facteurs de production à réduire» (Makhtar Diop)

A cet égard, Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale, a plaidé pour une réforme qui aligne les coûts des facteurs de production sur ceux des pays voisins afin de soutenir la concurrence dans un contexte de compétition. Pour lui, il y a un danger à éviter. «La marginalisation d’une frange de la population qui ne bénéficie pas d’un partage équitable des richesses est une menace à ne pas ignorer.»

Chef du Bureau régional du PNUD, Abdoulaye Mar Dièye, le Programme Sénégal émergent devra s’adosser sur quatre impératifs fondamentaux pour échapper à la bérézina : une gouvernance irréprochable, une culture d’entreprise qu’il assimile à «un culte d’entreprise», la protection sociale d’un maximum de population et une utilisation rationnelle du capital écologique dont dispose le Sénégal. Un package qu'Abdoulaye Mar Dièye a assimilé à une «autoroute à 4 voies». Toutefois, il a rappelé la nécessité de réussir l’étape du mécanisme de suivi des réalisations pour une maîtrise efficace des programmes.

«Dans la plus grande transparence» (Amadou Bâ)

Premier à prendre la parole, le ministre de l’Economie et des Finances, maître d’œuvre du PSE avec son homologue du Budget Mouhamadou Makhtar Cissé, a rassuré les bailleurs et partenaires du Sénégal. «La mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent se fera dans la plus grande transparence, base de notre contrat de confiance avec nos partenaires techniques et financiers qui pourront assurer à nos côtés le suivi et l’évaluation de cette stratégie», s’est engagé Amadou Bâ.

Expliquant sa «conviction» que le PSE sera un succès, il a poursuivi : «Des plans stratégiques, nous en avons connus, mais nous avons souvent péché dans la mise en œuvre.» Aujourd’hui, ce qui change, c’est non seulement une «forte volonté politique» devenue «le déclic du changement de perspective contenu dans le PSE», et une «la détermination à assurer une bonne mise en œuvre et un suivi rapproché de cette vision transversale, mais aussi «le consentement des acteurs sociaux» sénégalais.

Comme résultats attendus de cette mise en œuvre, le ministre de l’Economie et des Finances cite «d’importants gains de croissance» avec «moins d’Etat providence» dans un environnement «émergent» et «inclusif» capable de «pallier tout développement inégal».

MOMAR DIENG (A PARIS)

 

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