Publié le 15 Mar 2023 - 21:04
SEMAINE DE TOUS LES DANGERS

Yaw promet de marcher avec ou sans autorisation...

 

En cette veille du procès Mame Mbaye Niang contre Ousmane Sonko, les parties jouent à se faire peur. Si le camp d’Ousmane Sonko s’apprête à marcher même sans autorisation, le camp d’en face jure de les affronter, si jamais ils descendent dans la rue.

 

À la veille du nouveau face-à-face Mame Mbaye Niang contre Ousmane Sonko, c’est le branle-bas dans les différents états-majors politiques. Lors de leur ‘’giga-meeting’’ organisé, hier au terrain Acapes des Parcelles-Assainies, les leaders de Yewwi Askan Wi qui se sont succédé au présidium ont donné le ton. Pour eux, il est hors de question de laisser le régime éliminer Ousmane Sonko pour la course à la Présidentielle de 2024. Si la volonté de certains se matérialise, demain, le 16 mars, le juge n’aura même pas un mot à placer, a fortiori délibérer.

 Plénipotentiaire du Parti de l’unité et du rassemblement, Cheikh Tidiane Youm peste : ‘’Si Macky Sall condamne Ousmane Sonko, il va exterminer toute l’opposition. Nous ne pouvons l’accepter. Le 16, il ne faut même pas laisser au juge la possibilité de parler, a fortiori délibérer. J’appelle tous les jeunes à retenir deux mots : résistance et libération. Cela a commencé depuis deux ans. Il faudra se retrousser davantage les manches, parce que nous sommes presque à la fin. Ce n’est pas le moment de baisser les bras. Il faut davantage se mobiliser pour libérer le peuple.’’

Comme s’ils s’étaient passé le mot, tous ont embouché la même trompette. Pour les responsables qui se sont succédé, il est hors de question que leur allié soit condamné. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains sont venus directement de l’étranger pour participer à la lutte. Pour Cheikh Tidiane Dièye, on est prêt pour les manifestations non seulement du 14 qui a eu lieu hier, mais aussi pour aujourd’hui et demain. Il peste : ‘’J’étais à l’étranger, mais quand les leaders ont décidé de marcher partout les 14, 15 et 16, j’ai tout arrêté pour rentrer et participer au combat. Le président Macky Sall doit mesurer notre courage, notre détermination à lui faire face. Nous n’accepterons pas qu’il élimine un candidat.’’

Selon Déthié Fall, Macky Sall, lui-même, connait le courage des leaders qui composent ce front, puisqu’il a partagé avec eux le terrain en 2012. ‘’Il sait très bien que nous sommes des combattants. Nous étions ensemble en 2011 ; nous sommes encore là et nous allons nous battre pour la démocratie et les libertés. Il va partir et nous allons continuer à nous battre pour le développement de ce pays. Il faut se mobiliser davantage. Le 16 mars, à la première heure, nous devrons tous aller au tribunal’’.

D’habitude très modéré, Khalifa Ababacar Sall a, lui aussi, joint sa parole aux railleries. À son avis, Macky Sall et tous ceux qui le soutiennent ne sont pas courageux.  Très content de la mobilisation, il fulmine : ‘’Où sont ceux qui disaient qu’ils vont sortir pour vous faire face ? Je vous avais dit qu’ils ne vont jamais le faire. Est-ce que vous les avez croisés en venant ici ? Est-ce qu’ils sont sortis ? Ils ne vont jamais le faire. Ay tapettes lagnou. Ce sont des peureux.’’

Le camp du pouvoir allume un contre-feu

Si l’on en croit certaines sources, les confrontations pourraient être inéluctables, en cette veille de face-à-face entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang. Hier, les tenants du pouvoir, à travers les Jeunesses républicaines, ont introduit une demande de rassemblement au rond-point Keur Gorgui.

Alors que le camp de l’opposition promet depuis quelques jours de descendre sur le terrain les 14, 15 et 16 mars, les tenants du pouvoir semblent cette fois déterminés à leur faire face.

Hier, une réunion coordonnée en haut lieu a été tenue pour réfléchir sur la stratégie à mettre en place pour porter la réplique. À la suite de cette réunion, il a été décidé d’introduire une demande de rassemblement au rond-point Keur Gorgui, à partir de 15 h, aujourd’hui, jusqu’à 20 h. La demande a été signée par trois membres des Jeunesses républicaines, dont Ousmane Ndiaye. Interpellé, le jeune leader rétorque : ‘’Cette fois, il est hors de question de laisser ces gens semer le trouble dans ce pays. On ne va pas les laisser donner l’impression que la majorité des Sénégalais sont contre le président Macky Sall. Ce n’est pas la réalité du terrain et nous allons le démontrer. Notre détermination n’est plus à démontrer. Nous allons continuer à nous battre pour notre candidat. Il est inacceptable qu’une minorité continue de dicter sa loi dans ce pays.’’

Pour eux, il s’agit avant tout d’un combat citoyen et républicain. ‘’En tant que citoyens, en tant qu’aussi acteurs politiques, nous avons le droit le plus absolu de demander un rassemblement ou des activités au niveau du rond-point’’.

Alors que du côté de l’opposition on semble surtout minimiser ces menaces, certains les prennent très au sérieux et semblent convaincus que les confrontations sont inéluctables entre les deux camps. Du côté de l’opposition, on ne rate presque plus une occasion d’ailleurs de regretter le recrutement par le régime de nervis pour perpétrer des actes de sabotage. Chez les tenants du pouvoir, on invoque plutôt le droit de s’organiser pour se défendre et défendre l’État de droit.

Face à cette montrée d’adrénaline, la question qui se pose est surtout de savoir si le préfet de Dakar va accepter les demandes de manifestations des deux camps, trancher en faveur de Yewwi ou rejeter toutes les deux ? Jusqu’au moment où nous mettions ces lignes sous presse, nous n’avons pas eu connaissance d’une décision dans un sens ou dans un autre. Certaines sources croient savoir que le préfet va tout bonnement les renvoyer dos à dos. Si l’on en croit Ousmane Sonko en tout cas, avec ou sans autorisation, il y aura marche.

 

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