Publié le 15 May 2024 - 12:16

UN LANCEUR D'ALERTES N'EST PAS UN DELATEUR 

 

Le Président Bassirou Diomaye Faye, après sa prise de fonction à la tête de la magistrature suprême de notre pays, avait exprimé son désir de reconnaître le rôle éminent des lanceurs d'alertes.

Un lanceur d'alertes est un citoyen qui est au courant d'un fait et qui pour éviter à la communauté ses conséquences fâcheuses en informe qui de droit, de façon anonyme ou à visage découvert, dans l'espoir d'obtenir sa cessation.

Un lanceur d'alertes est, donc, une personne avertie qui dispose de preuves irréfutables et qui veut éviter le pire.

Dénoncer un fait dont a pas de preuves irrefutables de la commission et sans se soucier des conséquences possibles, est, tout simplement, de la délation, un acte irresponsable.

En outre, le lanceur d'alertes agit, uniquement, contre le pouvoiir en place, c'est-à-dire contre les membres du gouvernement et de la haute administration en activité.

Par conséquent, le nouveau Président de la République du Sénégal, son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, devait préciser que les lanceurs d'alertes agissent contre lui et ses collaborateurs directs ou indirects.

C'est de ce point de vue que les lanceurs d'alertes ont besoin d'être protégés puisque la divulgation d'information pouvant nuire à des gens puissants peut leur valoir des représailles dommageables pour leur vie ou leur liberté.

Dès lors, les individus qui dénoncent des faits sans preuves pour les étayer ou contre des personnes n'exerçant plus de responsabilités publiques font de la délation, un acte n'exigeant aucun courage.

En outre, il faut préciser qu'un lanceur d'alertes responsable doit agir avec prudence et avec un sens aigu de ses responsabilités.

D'abord, il doit vérifier que le fait qu'il veut dénoncer est vraiment illégal ou dangereux et, aussi, que ce n'est pas un acte de gouvernement légitime.

Le lanceur d'alerte doit être une personne avertie, courageuse et responsable.

Ensuite, le lanceur d'alertes doit commencer par mettre en garde l'auteur ou les auteurs des faits illégaux ou dangereux, leur hiérarchie et de guerre lasse, la police, la justice ou l'opinion publique.

C'est, donc, en désespoir de cause, que le lanceur d'alertes rend public ce qu'il sait et qu'il peut prouver.

Et, enfin, un lanceur d'alertes doit avoir le souci de l'efficacité pour s'assurer que ce qu'il veut sauver vaut mieux que ce qu'il risque de détruire.

Dans un pays démocratique, comme le nôtre, les opposants et les journalistes sont, en principe, les tous premiers lanceurs d'alertes, même s'ils sont assez singuliers.

En effet, l'opposition politique et la presse bénéficient de beaucoup de clemence du législateur et de l'opinion, ce qui n'est pas le cas pour les lanceurs d'alertes occasionnels.

Cependant, par éthique et par déontologie, un opposant ou un journaliste ne devrait ni être malveillant ni irresponsable en dénonçant des faits non avérés et en oubliant l'intérêt général.

TAMBA DANFAKHA

Président Coalition Priorité Emploi

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