Publié le 26 Feb 2014 - 12:01
USAGE DE TECHNOLOGIE 4G

Macky Sall exige une part financière pour l’Etat

 

Au cours du Forum des investisseurs mobilisés hier pour le Plan Sénégal émergent (PSE), le président de la République s’est ému du déshéritage de l’Etat dans les revenus générés par l’utilisation de la 4G par les opérateurs téléphoniques Sonatel et Expresso et annoncé le contrôle du développement de cette technologie. Ce à quoi le Directeur général de Sonatel répondra plus tard, disant espérer que le service de la 4G ne sera pas rompu en 2014. C’était à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île de France (CCIP).

 

Le président de la République a déploré hier l’attitude de Sonatel et d’Expresso à propos de la licence de téléphonie mobile appelée 4G. Lors d’un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum des investisseurs du Groupe consultatif du Sénégal, le Président Macky Sall s’est attaqué à l’égoïsme des opérateurs en termes très explicites. «L’Etat n’a pas vocation lui-même à gérer une 4G.

(Mais) il faut quand même (qu’il) gagne un peu d’argent, et que le privé accepte parfois que l’Etat gagne un peu plus. Ça, je le dis à nos partenaires d’Orange, Expresso et les autres.» Puis il a ajouté : «Vous ne pouvez pas être dans un secteur qui génère autant de revenus et qu’en dehors de nos dividendes qui sont nos parts d’actions et des impôts, l’Etat, c’est-à-dire la collectivité nationale, ne gagne pas grand-chose.»

«Il faut que l’État gagne un peu plus avec la 4G»

Ensuite Macky Sall a rappelé : «Nous sommes actionnaires (du Groupe Sonatel), donc nous sommes pour votre développement. Nous sommes prêts à vous accompagner dans le développement de l’infrastructure pour que la 4G soit mise à votre disposition.» Et comme pour montrer que les pouvoirs publics ne sont pas prêts à laisser le terrain aux opérateurs, le chef de l’Etat a ajouté : «Il faut que l’on contrôle le développement de cette activité (la 4G)».

Précisant n’avoir «rien contre aucun opérateur…», Macky Sall a tout de même suggéré à la suite : «Mais je tiens à le dire ici : j’aurais souhaité que les politiques comme la couverture maladie universelle sur la responsabilité sociale des entreprises accompagnent certains secteurs à être présents à nos côtés.»

Sous les applaudissements de la salle, Macky Sall a dit espérer «à (son) retour (à Dakar) recevoir le directeur général de la Sonatel pour discuter de façon dynamique puisque nous sommes des partenaires.»  Le Dg de Sonatel, Alioune Ndiaye, était dans la salle.

C’est dans l’après-midi, mettant à profit son temps de présentation de l’opérateur historique dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE), que le patron de Sonatel a indirectement répondu à l’interpellation de Macky Sall. Se félicitant de l’initiative du président de la République de rester «ouvert à la discussion», il a ajouté : «J’espère qu’en 2014, il n’y aura pas de rupture de service pour la 4G.»

Les arguments de Sonatel

Sur le sujet du jour, Alioune Ndiaye a exhibé les chiffres qui, à ses yeux, témoignent de l’arrimage positif des activités de Sonatel dans l’économie nationale. Avec «2 000 emplois directs, 100 000 emplois indirects, 10% du PIB national (et) une place de 9e rang mondial en termes de contribution de l’internet au PIB».

«Refusez de donner de l’argent»

A ce Forum des investisseurs du Plan Sénégal émergent, Macky Sall a fait de la rupture dans la démarche et dans les mentalités une exigence fondamentale «sans quoi cette grande opération de promotion n’aura aucune chance de réussite». D’où l’urgence de «changer de paradigme» pour «sortir des sentiers battus». Ce qu’il a appelé «oser avoir l’ambition d’aller vers le décollage économique».

A ce niveau, la lutte contre la corruption a encore été érigée au statut de haute priorité avec les «efforts d’assainissement de l’environnement des affaires» pour que «les investisseurs privés ne soient pas bloqués parce qu’ils n’auront pas agi d’une certaine manière dans tel ou tel dossier».

«Je vous le dis ici : refusez toute proposition qui vous est faite pour obtenir tel et tel avantage (…) car vous aurez tout ce dont vous aurez besoin en tant qu’investisseurs… Refusez de payer de l’argent pour obtenir la signature d’un contrat… »

MOMAR DIENG (A PARIS)

 

 

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