Publié le 27 Nov 2013 - 11:41
VOTE DU PROJET DE LOI DE FINANCES DE LA GESTION 2014

 D'un «budget de combat» à un projet qui «manque d'ambitions»

 

Avec un budget de 2 732,020 milliards de F Cfa voté hier, contre 2 531,116 milliards en 2013, (soit une hausse de 200,904 milliards de F Cfa), le pouvoir entend s'appuyer sur un taux de croissance de 4,6% pour booster l'agriculture et l'énergie. Des prévisions jugées peu ambitieuses par une opposition séduite par le cas burkinabè

 

L’Assemblée nationale a procédé hier au vote de la loi de finances de la gestion 2014. Ainsi, le budget national 2014 se monte à 2 732,020 milliards de F Cfa contre 2 531,116 milliards en 2013 et se fonde sur les hypothèses macroéconomiques que sont : un Produit intérieur brut nominal projeté à 8 008 milliards en 2014 contre 7 484 milliards en 2013, soit une progression de 7% ; un taux modéré d’inflation d’environ 2% et un taux de croissance réelle du Pib projeté à 4,6% contre 4% en 2013, soutenu principalement par les investissements dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et des mines’’.

Mais selon le député non inscrit Mamadou Diop Decroix, le taux de croissance de 4,6% projeté par le gouvernement reflète un manque de volonté de l’Etat de booster l’économie nationale. Regrettant l’absence de débat d’orientation budgétaire prévu par la loi 2011-15 portant loi organique relative aux lois de finances, Decroix a soutenu : ‘’Le projet de budget (…), en droite ligne de la déclaration de politique générale du Premier ministre, manque cruellement d’ambitions à moins qu’il ne reflète les réalités intrinsèques d’une économie essoufflée.»

«Manque d'ambitions» (M. Diop Decroix)

Par comparaison, il a indiqué que ‘’le Burkina Faso, pays enclavé qui n’a pas de façade maritime, moins pourvu que nous, a connu en 2012, une croissance de 8%, soit plus du double de nos 3,5% pour la même année, là où, en 2013, devant nos 4%, le Burkina a atteint le double’’. ‘’Pour l’année 2014-2015, des taux de croissance à deux chiffres sont attendus à Ouagadougou là où nous nous fixons 6% à l’horizon 2017...»

Pour sa part, Me El Hadj Diouf regrette l'absence de changement dans notre pays «depuis l’indépendance». Une situation que le régime de Macky Sall a «la lourde responsabilité» d'inverser afin que le Sénégal puisse «relever les grands défis du développement». Puis Me Diouf s'est autorisé une petite tirade : «Quand je pense à ces femmes qui transportent l’eau de village en village, quand je vois des femmes mourir parce qu’on ne peut pas les acheminer vers un poste de santé, faute de piste, quand je vois des lampes à pétrole, des bougies qui rappellent le moyen âge au Sénégal, je me rends compte de l’échec total des régimes qui se sont succédé au pouvoir», a-t-il rouspété.

«Bien s'endetter et réduire les impôts» (M. Diagne Fada)

Président du groupe parlementaire du Pds, Modou Diagne Fada s'est engouffré dans un registre nostalgique. Selon lui, là où le régime de Me Abdoulaye Wade a laissé le service de la dette publique à 347 milliards, le pouvoir l’a projeté à 520 milliards pour 2014. ‘’On a beaucoup critiqué l’endettement du Sénégal, surtout en 2011’’, rappelle-t-il. Néanmoins, ‘’dans la mesure où on n’a pas encore atteint le taux d’endettement communautaire qui est de 70% du PIB, il faut que le Sénégal continue à s’endetter tant qu'il en a les possibilités’’. Taquin autant qu'assassin, Fada a ajouté : «La dette est nécessaire pour la construction d’une économie comme la nôtre mais seulement, il faut s’endetter pour investir mais non pour fonctionner ou subventionner les prix de denrées de premières nécessité.» Il a invité le gouvernement à «chercher les voies et moyens de renforcer le pouvoir d’achat des sénégalais en soutenant les PME et les PMI, en réduisant les taxes et impôts».

«Un budget de combat» (M. Diakhaté)

‘’Apparemment, vous n’avez pas lu le discours’’, a rétorqué illico son homologue, le président Moustapha Diakhaté, du groupe Benno Bokk Yaakaar. «Si vous aviez lu le discours, vous vous rendriez compte que le principe, c’est de soutenir les PME et PMI et l’association des producteurs, 10 milliards seront consacrés aux artisans, nous allons mécaniser l’agriculture», a expliqué Diakhaté. Qui précise que ‘’le budget proposé par le pouvoir est un budget de combat pour un Sénégal plus fort’’, qui «veut booster le développement en s’appuyant sur l’agriculture et l’énergie».

Puis s’adressant à Me EL Hadj Diouf, Moustapha Diakhaté a rappelé que «si nous n’avons jamais connu de coup d’Etat ou de guerre civile, nous le devons aux générations qui ont construit le pays».

ASSANE MBAYE

 

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