Publié le 16 Mar 2014 - 11:30
WOURY BA, MAIRE DE TAMBACOUNDA

 ''La population est mobilisée pour mettre la main sur  les assassins''

 

Vous avez installé des comités de surveillance dans beaucoup de quartiers de la ville. Pourquoi cette initiative ?

Cette initiative, nous l’avons proposée aux citoyens, aux délégués de quartiers, aux Imams et à toute la population de  Tambacounda.  Tout le monde est interpellé quand il s’agit de problème d’insécurité.  La police et  la gendarmerie sont en train de faire ce qu’elles doivent faire. Mais  il faut que  la population joue aussi sa partition.

On a convoqué tous les segments de la société, on les a mis en relation avec le gouverneur, les forces de sécurité notamment le commandant de la brigade des recherches de la gendarmerie, le commissaire de police, pour en discuter profondément. La sécurité réelle est gérée par eux mais l’implication de tout le monde en de pareilles situations est une nécessité. Seulement, c’est de leur devoir de nous dire là où on doit débuter et là où on doit s’arrêter.

Cela a été fait et ils nous ont autorisés de commencer à installer les comités de surveillance au niveau des différents quartiers de la ville. Les populations ont bien compris le message. Maintenant si le montage de tous les comités est fini, je dois retourner voir les autorités policières pour leur rendre compte et voir ensemble quelle est la suite à donner à cela. Nous ne voulons pas nous arrêter à cet événement seulement. Nous voulons que cette initiative soit pérennisée.

Qu’est-ce que cela vous coûte en termes de moyens financiers, matériels et humains ?

Ce qui compte d’abord, c’est la volonté populaire. Tous ceux qui se sont engagés savent qu’à l’heure actuelle, la mairie n’a pas les moyens de prendre tout cela en charge. Mais j’ai vu que dans certains quartiers, les gens ont commencé de faire des quêtes pour payer des torches, des sifflets, constituer des badges. Nous n’avons pas prévu cela dans notre budget de cette année. On va laisser les populations s'investir selon leurs moyens. Le Conseil municipal va se réunir pour analyser la situation et définir ce qu’il faut faire afin d'appuyer les jeunes qui travaillent bénévolement.

Un sentiment de psychose règne au sein de la population. Avez-vous pris des initiatives pour tranquilliser vos compatriotes ?

Il n’y a pas de psychose à Tambacounda. Les gens ont plus de volonté qu’avant. Cette série de meurtres est derrière nous. Maintenant les gens sont en train de s’organiser pour que pareille situation ne se reproduise plus dans la région. C’est vrai que jusqu’à présent, on n’a pas encore mis la main sur les assassins des malades mentaux, nous pensons que s’ils sont encore dans le pays, ils seront arrêtés. Le ministre de l’Intérieur a mis les bouchées doubles. Les moyens et les effectifs des forces de l’ordre ont été augmentés.

Ne craignez-vous pas d'autres meurtres ?

Une partie de nos compatriotes lient ces meurtres à l’absence d’éclairage public dans certaines parties de la ville alors que d’autres pointaient du doigt le manque d’effectif et de moyens au niveau de la police. Aujourd'hui d’importants moyens sont  mobilisés pour remédier à tout cela. Les travaux d'éclairage public ont repris, c'est dire que la ville sera éclairée sous peu. Toute La population de Tambacounda est mobilisée pour mettre la main sur les assassins.

ASSANE MBAYE

 

 
 

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