Publié le 17 Jun 2014 - 07:01
INSUFFISANCE DES PRODUITS SANGUINS AU SENEGAL

Seulement 57 000 dons de sang en 2013

 

La transfusion sanguine est un problème social au Sénégal. Le pays est confronté à une insuffisance de produits sanguins. En 2013, il y a seulement eu 57 300 dons de sang, alors qu'il faut au moins 130 000 dons de sang par an, pour assurer les besoins, selon les normes de l'OMS. Et ce gap est encore plus important dans les régions. 

 

''Il faut qu'on double le nombre de dons pour satisfaire les besoins. Donc, le principal défi, c'est celui de la disponibilité des produits sanguins. Parce que la mortalité au cours des accouchements est un vrai fléau au Sénégal'', a expliqué ce week-end le professeur Saliou Diop, directeur du centre de la transfusion sanguine (CNTS), lors de la célébration de la journée mondiale du don de sang. Avec comme thème : ''Don de sang et mortalité maternelle'', cette célébration a été une occasion pour inciter les populations à s'impliquer, notamment les femmes et les jeunes. L'objectif est de ne plus enregistrer de  décès lors d'un accouchement par faute de sang disponible. 

Les statistiques montrent que les hémorragies sont à l'origine d'un décès sur 4, parmi les femmes qui meurent lors des accouchements. ''Nous avons vu également que chez les femmes qui saignent, lors des accouchements, la qualité de la prise en charge n'est pas toujours optimale, surtout dans les régions.

La disponibilité et la sécurité de produits sanguins pourraient réduire les décès maternels, mais également améliorer la qualité de la prise en charge de ces patients'', a souligné Pr Diop. Par ailleurs, le professeur Saliou Diop a soutenu qu'il faut une rationalisation de l'usage du sang. Car, dit-il, l'indication n'est pas bien maîtrisée et il y a beaucoup de gaspillage. ''Il ne faut pas alors oublier que c'est un produit assez rare, qu'il y a des gaspillages qui malheureusement sont toujours constatés''.

34,30% des femmes enceintes sont anémiques

Sur ce, le directeur du CNTS a invité ses collègues à assurer la pérennisation du système de financement de la transfusion sanguine. Il a insisté sur la formation des prescripteurs pour une utilisation appropriée. Il veut une meilleure organisation de la transfusion sanguine à l’échelle nationale. De ce fait, il considère qu'elle doit être réalisée dans des centres régionaux indépendants des hôpitaux, pour assurer une meilleure activité transversale et la disponibilité des produits dans les différentes structures de santé des régions.

Dr El Hadj Ousseynou Faye, gynécologue obstétricien à la direction de la santé de la reproduction et de la survie de l'enfant (DSRSE), a indiqué que 34,30% des femmes enceintes sont anémiques et qu'elles ont besoin de sang pour leur accouchement. Pour cela, il faut au moins 10 dons pour 1000 habitants, selon les normes de l'OMS.

Au Sénégal, le nombre de dons est de 4,5 pour 1000 habitants. ''Il existe 19 banques de sang et c'est insuffisant. Mais en milieu rural, les gens ne veulent pas donner du sang. C'est pourquoi, il y a une forte prévalence de l'anémie dans les zones les plus pauvres, (Kolda, Sedhiou, Tambacounda, Kedougou, Matam et dans le Ferlo)''. 

VIVIANE DIATTA

 

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