Publié le 16 Sep 2017 - 19:51
TRANSPORT MARITIME

Les transporteurs handicapent la plateforme 

 

En mouvement d’humeur hier, les transporteurs de containers croulent sous des charges qu’ils estiment à leur désavantage. Ils demandent la révision et la réciprocité de certaines pratiques comme la facturation.

 

Hier, c’était presque une journée morte au lieu de dépotage des marchandises en transit sur la plateforme de Dubaï Port World. La raison ? Les transporteurs ont refusé de procéder à la facturation des containers, handicapant partiellement le transport  des containers vides vers la plateforme. ‘‘Les compagnies maritimes nous facturent les détentions après 24 heures. Si on se présente pour rendre un container vide et que la compagnie ne dispose pas d’espace, elle demande de le garder, alors qu’en retour nous n’avons pas la possibilité de lui facturer l’immobilisation de nos camions. Notre revendication principale est la réciprocité de la facturation. Qu’on révise l’arrêté pour que l’immobilisation de nos camions par les compagnies maritimes soit aussi facturée’’, lance le directeur des opérations de Transports Amar (TRAMAR) Mamadou Sady.

‘‘On a des soucis avec les armateurs. On a un problème avec l’arrêté qui régularise le transfert des livraisons de containers qui a été signé en 2009. On demande une mise à jour. Il y a beaucoup de failles, de problèmes. Le décret d’application est obsolète et nous n’avons pas été associés à sa rédaction. Nous ne pouvons plus continuer dans ces conditions, car nous n’arrivons pas à profiter des fruits du travail’’, dénonce-t-il.

L’arrêté en question est le 65-63 du 10 juin 2009 signé par Pape Diouf. ‘‘Il a été mal rédigé’’, puisqu’à ‘‘l’article 3, précise Mama Diakhoumpa,  un autre gréviste, le transporteur a l’obligation d’emporter et de rendre le container en 12 heures. Pas une minute de plus. Un autre parle d’un dédommagement de 3 200 dollars pour un container endommagé par les transporteurs, sans évaluation préalable. Le but de cet arrêté était d’intégrer les Sénégalais dans la chaine, puisqu’auparavant, ils n’en faisaient pas partie, les compagnies faisaient tout. Mais on nous a repris par la main gauche tout ce qu’on avait accordé de la main droite’’, dénonce-t-il.

Les transporteurs, qui ont déclenché un mouvement d’’humeur dans la matinée d’hier, exigent que toutes les modalités soient revues avec leur participation aux discussions. ‘‘Plus de 90 % des transporteurs spécialisés dans la livraison des containers se sont réunis ce matin. Dès lundi, on risque d’aller vers le blocage du port, car on a décidé de poursuivre l’arrêt des facturations. Ce qui signifie une paralysie générale de l’activité économique de ce pays, vu l’importance stratégique de ce lieu. Nous n’en sommes pas encore à la solution radicale, mais si on n’est pas entendu, le mouvement des transporteurs optera pour des solutions plus corsées’’, prévient Mamadou Sady qui affirme que les saisines préalables du  ministère de la Pêche et celui des Infrastructures n’ont rien donné.

Les transporteurs parlent d’un port plein à craquer, car ils ont des containers immobilisés sur leurs camions. Du coup, ils ne travaillent pas, encombrent, ne sont pas facturables et créent un manque à gagner avec cette immobilisation. Le problème s’est aggravé à l’approche de la Tabaski, puisque la demande de containeurs a été très forte. A en croire le chargé de la facturation, Ababacar Bèye, les charges sont insoutenables et les compagnies profitent de toutes les failles pour leur faire payer des détentions. ‘‘Des fois, quand tu leur apportes le container, elles demandent qu’il soit lavé, parce que c’est sale. Le temps qu’on le leur rende, le délai imparti de 24 heures est épuisé, elles demandent le paiement de la détention. Imaginez pour un transporteur comme Balaye qui garde 300 containers pendant un mois, s’il paie 7 millions pour les détentions, il va fermer. Si on ne paie pas, les compagnies peuvent nous bloquer sous prétexte qu’on n’a pas encore payé la détention’’, dénonce-t-il.  

OUSMANE LAYE DIOP

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