Ousmane Sonko dévoile ‘’les conseillers occidentaux’’ de Macky Sall
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Tony Blair, Nicolas Sarkozy, un ancien juge antiterroriste français. Le leader Pastef pointe du doigt les « conseillers » occultes du président Macky Sall à l’origine de la nouvelle loi contre le terrorisme.
Une semaine après l’adoption controversée par l’assemblée nationale, le 25 juin dernier, du projet de loi n°10/2021 modifiant la loi n 65-60 du 31 juillet 1965 portant Code pénal et du projet de loi n°11/2021 modifiant la loi n°65/62 du 21 juillet 1965 portant code des procédures pénales, la tension n’est toujours pas retombée entre le pouvoir en place et l’opposition. Celle-ci, par le biais de son porte étendard le plus virulent, maintient la pression sur le gouvernement et continue de dénoncer une loi liberticide saupoudrée de desseins de lutte contre le terrorisme. Hier, Ousmane Sonko, dans une déclaration face à la presse, a invité le président de la République Macky Sall et son gouvernement à tenir un langage de vérité à la population. « Il faut arrêter de mentir aux Sénégalais. Il n’y a pas de terroristes au Sénégal », a-t-il asséné.
Pour le leader de Pastef-Les Patriotes, l’arsenal répressif ajouté au code pénal et au code de procédure pénale n’est que le résultat d’objectifs inavoués du président de la République, appuyé par ses soutiens occidentaux. « Il y a un intérêt commun entre Macky Sall et ses amis occidentaux, indique Ousmane Sonko. Lui veut rester au pouvoir. Et ses amis veulent garder des pions manipulables à la tête des Etats africains ». Ces drôles d’amis, l’opposant a pris le soin d’en nommer trois, connus à travers le monde, pour ne pas être des saintes-nitouches.
Une copie du Terrorism Act
En effet, le premier, sur la liste des « conseillers extérieurs » de Macky Sall que divulgue le leader de Pastef est Tony Blair. Selon Sonko, l’ancien premier ministre britannique est même l’origine des nouvelles dispositions contre le terrorisme sur le code pénal sénégalais. Celles-ci « ont été copiées » sur le Terrorism Act, une loi antiterroriste que l’ex homme fort anglais a tenté de faire voter, après les attentats de Londres, en 2005 : « Mais ce dernier n’y avait pas inclus les délits de droit commun. Tout le contraire du président Macky Sall qui utilise la lutte internationale contre le terrorisme pour régler ses propres problèmes politiques. Pourtant, c’est lors du vote de cette loi, que Tony Blair a essuyé la plus grande défaite de son histoire politique. La détention préventive qu’il a voulue faire passer à 90 jours a été rejetée par l’Assemblée nationale britannique. Celle-ci l’a considérée comme un abus contre les libertés ».
En réalité, cette disposition fut rejetée, à une voix près, en novembre 2005, après que 49 dissidents travaillistes (parti de Blair) eurent rejoint les rangs de l’opposition, infligeant ainsi au gouvernement sa première défaite aux Communes, depuis 1997.
Ousmane Sonko relève même que Tony Blair est assez fréquent au pays de la Téranga, puisqu’« entre 2017 et aujourd’hui, il est venu au moins 4 fois au Sénégal, s’entretenir avec le président Sall ». Un autre conseiller de chef de l’Etat serait Nicolas Sarkozy, l’ancien président français. « Celui qui était venu à Dakar nous dire que nous ne sommes pas assez entrés dans l’histoire, qui a fait tuer Kadhafi et plongé la Libye dans une terreur qui nous poursuit jusqu’au Mali ».
Le troisième larron qui murmurerait à l’oreille de Macky Sall est Jean-Louis Bruguière, un ancien juge français spécialisé dans la lutte antiterroriste. « Aujourd’hui, c’est le haut représentant de l’Union Européenne auprès des Etats-Unis pour la lutte contre le financement du terrorisme. C’est un mercenaire qui conseille les présidents africains. Il ne reste jamais longtemps, sans venir au Sénégal » prévient le leader de Pastef.
Une attaque bidon en préparation au Sénégal ?
Tous ces acteurs de l’ombre seraient à l’origine des modifications du code pénal sénégalais. Un pays qui n’a pas connu d’attaque terroriste et qui, selon Sonko, se dote d’un arsenal juridique liberticide dont les pays frappés ne sont pas garnis. Le pire, déplore-t-il, « cette loi a été votée en procédure d’urgence, sans que la population n’y comprenne quelque chose. Est-ce normal ? » D’ailleurs, il soupçonne le Président d’être prêt à tout pour atteindre ses objectifs. « Si nous subissons une attaque terroriste, que les Sénégalais sachent qu’il s’agit d’une œuvre de Macky Sall et de ses alliés. Ils sont capables de conspirer pour commettre une attaque au Sénégal, afin de légitimer leur plan de restriction des libertés, sous prétexte que le pays est en guerre. On en a eu un aperçu avec le couvre-feu lié à la Covid-19 », prévient-il.
L’ancien inspecteur principal des Impôts et des Domaines appelle les Sénégalais à ne pas se laisser divertir, car, estime-t-il, « nous vivons un moment charnière de notre histoire. Un moment clé pour nous libérer de l’influence occidentale ou nous enfoncer davantage dans la dépendance. Avec Pastef, ils sentent une menace à la fois politique et citoyenne. »
Avec la responsabilisation des personnes morales dans les faits coupables d’actes de terrorisme, Ousmane Sonko soupçonne également une volonté de neutraliser sa formation politique : « Cette loi vise à interrompre tout processus de financement participatif des Sénégalais, à incriminer toute personne qui verserait un centime à Pastef. Nous avons amené un mode de financement innovant et participatif. Nous avons fait un appel auquel les Sénégalais ont massivement répondu. Ce qui leur a fait peur et ils ont voulu dissoudre notre parti. Nous les attendons. J’en profite pour lancer la seconde phase du Néméku tour. Que chaque Sénégalais participe au financement, s’il le désire. »
Lamine Diouf