Publié le 26 Feb 2024 - 14:30
LUTTES DES PEUPLES NOIRS, SITUATION POLITIQUE DU SÉNÉGAL…

 Ousmane Dia expose "Black requiem"

 

L’artiste Ousmane Dia expose à la galerie de Dakar "Black requiem", en hommage à toutes les luttes qu'ont engagées les peuples noirs. Il établit un lien entre cette lutte et la situation politique du Sénégal, dénonçant les agissements de nos propres dirigeants. Le thème de la femme est l’axe central de cette exposition.

 

Des figures féminines aux courbes généreuses et provocantes, peintes de manière osée sur de larges tableaux captent le regard curieux des visiteurs. Des sculptures métalliques qui font dialoguer des personnages sveltes autour de ses multiples sujets. Une chaise omniprésente. Nous sommes à l’exposition "Black requiem" de l’artiste sénégalais Ousmane Dia. Cette exposition est loin de parler de la sexualité. C'est un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine. Ousmane Dia présente une proposition artistique immersive qui raconte l’héroïsme, à travers la résistance contre les discriminations et les violences raciales.

"’Black requiem’ est une chanson pour les morts. C'est aussi une manière de rendre hommage à ces personnes qui ont perdu la vie de manière inacceptable, soit en exprimant leur opinion ou parce qu'elles n'ont pas la bonne couleur de peau", explique l’artiste.

En effet, cela entre dans le cadre du soutien au mouvement civique Black Lives Matter fondé en 2013, suite au meurtre de George Floyd en mai 2020, à Minneapolis, aux États-Unis. Par rapport à la présence de portraits de femmes de cette exposition, M. Dia explique : ‘’C'est la femme qui met l’homme au monde. La douleur d’une mère est incommensurable. On le voit tous les jours, quand des enfants sont tués de manière lâche.’’

"La galerie des portraits de Dia va au-delà de la race et du génome humain.  Elle cherche à explorer les sentiments et l’empathie. De l’image du président Abraham Lincoln, ouvrier du 13e amendement de la Constitution des États-Unis, à celle de la reine Ndatté Yalla Mbodj du Walo, qui rappelle l’histoire des femmes de Nder, c’est toute une symbolique qui fait résonner des pages entières de notre histoire. L’histoire de la dignité humaine en conquête", a commenté le critique d’art Aliou Ndiaye.

D’après lui, la résistance du fer forgé, articulé et soudé, rencontre la flexibilité et la douceur de la toile solidement tissée dans les valeurs noires et blanches des compositions.

Quant à la chaise, c’est le symbole de pouvoir et de concertation. D’ailleurs, une série de l’exposition parle d’un dialogue entre l’humain et le pouvoir politique. Elle est intitulée ‘’Gâtsa Gâtsa’’. L’artiste O. Dia explique que c’est une situation politique sénégalaise. "J'ai voulu interpréter à ma manière le dialogue refusé. C'est de David de Pury. Un négrier qui a fait fortune et l'a léguée à la ville de Neuchâtel. Les afrodescendants qui vivent en Suisse sont en train de se battre pour que sa statue soit déboulonnée. Il y a aussi une sculpture qui parle du mandat de trop, "Le troisième mandat de trop, l'inconstitutionnalité".

Et d’ajouter : ‘’Nous sommes au Sénégal mobilisés pas contre des forces étrangères, mais nos propres dirigeants qui, à notre avis, veulent faire reculer la Constitution et pour aller droit au but contre le président Macky Sall.’’

L'expo a été préparée en trois années. Ouverte depuis jeudi dernier, elle va rester un mois et demi au Sénégal, avant d'aller en Suisse et à New York.  

BABACAR SY SEYE

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