Publié le 2 Aug 2024 - 15:23
KOLDA

Les collecteurs de peaux peinent à revendre leurs produits faute de clients

 

Depuis mars 2023, plus de mille peaux sont en souffrance dans le magasin situé à proximité du marché aux poissons. Face aux difficultés de surstockage, de détérioration de certaines peaux et de commercialisation, les collecteurs de peaux du Fouladou alertent sur leur situation économique et demandent à l'État d'implanter une usine de tannerie et de fournir des financements afin de pallier tous les problèmes auxquels ils sont confrontés.

 

À quelques mètres du magasin, une odeur nauséabonde envahit vos narines. Sur place, on constate des montagnes de milliers de peaux empilées à l’intérieur du magasin. Des collecteurs, assis en rangs dispersés, affichent des visages pâles et tristes, ne sachant plus à quel saint se vouer.

Ils subissent des pertes drastiques à cause de la baisse de leurs chiffres d’affaires. Même si au Fouladou l’industrie de la viande tourne à plein régime et que le commerce de peaux est une véritable mine d’or, depuis mars dernier, les collecteurs de peaux éprouvent des difficultés à écouler leurs produits, faute de clients.

‘’Comme vous l’avez constaté, le stock est là et certaines peaux sont attaquées par les insectes. Tout ceci s’explique par le fait que depuis mars 2023, on nous a informés que là où nous vendons nos cuirs et peaux, c’est-à-dire au Nigeria, la monnaie est en baisse. Ce qui fait que les acheteurs ne viennent plus acheter nos produits’’, explique leur porte-parole Abdoulaye Baldé.

Il poursuit : ‘’Tandis que la Guinée et la Sierra Leone achètent la petite catégorie de peaux, ce qui fait qu’aujourd’hui, nous ne parvenons plus à écouler les grandes peaux. C’est un blocage terrible que nous vivons en ce moment. De plus, nous perdons également notre argent, car nous avons financé les bouchers à hauteur de plus de dix millions de francs pour l’acquisition de peaux. Chaque jour, les bouchers tuent des bœufs et nous donnent des peaux. Actuellement, nous disposons de plus de dix mille peaux de vaches, mais elles se détériorent petit à petit faute de clients. C’est un manque à gagner, une perte énorme que nous subissons. Dieu seul sait comment nous vivons actuellement. C’est triste et désolant pour un père de famille qui ne compte que sur son petit commerce.’’

L'État invité à implanter une usine de tannerie à Kolda

Face à cette difficulté, les collecteurs de peaux demandent à l'État d’implanter une usine de tannerie à Kolda. Selon eux, cela permettrait d’absorber un nombre important de jeunes chômeurs. ‘’Nous demandons à l'État d’implanter à Kolda une usine de tannerie. Cela permettrait de créer de l’emploi et d’éviter cette vague de jeunes qui empruntent l’océan pour rallier l’Europe avec tous les risques’’.

Aussi, les collecteurs de peaux sollicitent les pouvoirs publics pour obtenir des financements, afin que les jeunes artisans formés à la fabrication de divers produits, comme les chaussures en cuir, puissent créer leurs entreprises et employer d’autres jeunes de leur génération. Cela contribuerait à développer la localité et à booster l’économie de la région. ‘’Mais les jeunes sont là, ils traînent, ils n’ont rien à faire, pas de financement ni d’usine, encore moins de clientèle ; c’est dur pour nous’’, s’inquiète Moutarou Baldé, un des collecteurs de peaux, assis sur son tabouret en face de la route.

D’après les acteurs de la filière, la peau peut être tannée et utilisée pour fabriquer une grande diversité de produits, notamment des sacs, des ceintures, des chaussures, des vêtements et du mobilier.

NFALY MANSALY

Section: 
CORED : L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique journalistique
MENACES DE GREVE GENERALE - LE FSDT A MBOUR Mody Guiro hausse le ton face à l'État
Des comprimés de tapentadol saisis dans un bus à Koungheul
IA ET CYBERMENACES : Les États africains face à l’urgence d’une riposte continentale
Affaire Modou Ngom
PARUTION - « A LETTER TO MY YOUNGER SELF » Dix-sept femmes africaines écrivent à celles qu’elles étaient
RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 À NOTTO DIOBASS : Vingt-trois millions pour les fournitures, des besoins en papier persistent
CONSEIL DES MINISTRES : Diomaye Faye en croisade contre les inondations
RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 : Les cours reprennent, les inondations retardent encore certaines écoles
LUTTE CONTRE LES VBG : Quand le Sénégal s'inspire du modèle Béninois
EXÉCUTÉS À GIGNY EN 1940 Yali Fall et Souleymane Ly, la mémoire retrouvée
ACCUSATIONS SUR LE FINANCEMENT DES SALAIRES : Sen TV porte plainte contre Cheikh Bara Ndiaye
VIOLENCES CONTRE LES FEMMES ÂGÉES : Des abus encore largement invisibles
Droits de l’homme
DAKAR DEM DIKK : Les syndicats menacent de paralyser le réseau pendant trois jours
AFFAIRE MBAYANG DIOP : Dix ans après, la société civile plaide pour la grâce royale
TRAFIC DE FAUX BILLETS DAKAR, MBOUR, THIÈS ET LOUGA : Le grand coup de la gendarmerie
ÉDUCATION - RSE : LES ICS au chevet des écoles de Tivaouane et Méouane
LA SITUATION DU CHÔMAGE AU SÉNÉGAL : Le marché de l’emploi sous tension au deuxième trimestre 2026
Journée mondiale de la vue