Les acteurs réfléchissent à de nouvelles stratégies

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep) a tenu hier, à Dakar, sa 5e Assemblée générale ordinaire. Au cours des échanges, le président de l’association des parents d’élèves, Abdoulaye Fané, a invité les acteurs éducatifs à réfléchir sur la mise en œuvre de nouvelles stratégies capables d’assurer des enseignements-apprentissages de qualité en cas de crises, de catastrophes naturelles et autres.
À l’occasion de la 5e Assemblée générale ordinaire (AGO) de la Cosydep, tenue hier à Dakar, sous le thème "Bâtir un système d’éducation et de formation adapté au contexte de crises et aux exigences de la révolution numérique", le président de l’association des parents d’élèves a suggéré aux acteurs éducatifs de réfléchir sur les voies et moyens de mettre en œuvre de nouvelles stratégies capables d’assurer des enseignements-apprentissages de qualité en cas de crises ou de catastrophes naturelles.
En effet, pour Abdoulaye Fané, "ces cinq dernières années ont fini de démontrer qu’il leur faut réfléchir pour mettre en œuvre de nouvelles stratégies capables d’assurer des enseignements-apprentissages de qualité, en cas de crises telles que les grèves, les pandémies, les catastrophes naturelles et autres. Il nous faut réfléchir sur ces situations pour mettre en place un dispositif de prévention".
Dans ce sillage, M. Fané a souligné qu’ils ont besoin d’être formés. "Nous, associations des parents d’élèves, demandons à être formées pour pouvoir disposer de toutes les informations au niveau des écoles et établissements scolaires de formation technique", a-t-il plaidé.
"En Afrique, près de 39 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés"
Prenant part à l’assemblée générale, la directrice pays de l’ONG Action AID, Khaita Sylla, a rappelé les défis de l’éducation en Afrique. Selon elle, près de 39 millions d’enfants, dont 19 millions de filles, ne sont toujours pas scolarisés dans le continent. "La pénurie d’enseignants est alarmante. Il y a un manque de 17 millions d’enseignants pour assurer un enseignement de base universel d’ici 2030. Plus inquiétant encore, ajoute-t-elle, les restrictions budgétaires freinent les progrès avec seulement sept pays africains consacrant 20 % de leur budget à l’éducation".
Toutefois, fait-elle savoir, le Sénégal a dépassé le seuil des 20 % du budget national alloué à l’éducation. Malgré ces efforts, a regretté Mme Sylla, les besoins restent colossaux, car, soutient-elle, "186 000 enfants n’ont pas de salles de classe adéquates, 36 % des élèves ne terminent pas le primaire et les infrastructures et les ressources pédagogiques sont insuffisantes".
À l’en croire, ces défis persistent parce que "l’Afrique perd au moins un milliard de dollars par an à cause de l’évasion fiscale". Au Sénégal, comme dans 73 % des pays de l’Union africaine, dit-elle, le service de la dette dépasse parfois les dépenses publiques d’éducation. À cet effet, soutient-elle, une restructuration ciblée pourrait libérer des ressources vitales pour nos écoles".
De même, a ajouté la directrice pays de l’ONG Action AID, "l’austérité budgétaire, trop souvent dictée par des institutions internationales, empêche le recrutement d’enseignants et limite les investissements publics essentiels". En effet, pour faire face à ces défis, elle estime qu’ils doivent agir "avec audace et conviction en renforçant la fiscalité progressive, en ciblant les entreprises et les individus fortunés pour augmenter les recettes fiscales tout en promouvant des politiques fiscales sensibles au genre et au climat, ainsi que d’alléger la dette pour l’éducation en nous engageant dans des négociations interminables pour prioriser l’allègement de la dette en faveur de l’éducation".
Le directeur exécutif de la Cosydep, Cheikh Mbow, est revenu sur les réalisations de cette organisation. "Sur les cinq années, nous avons pu dérouler une vingtaine de programmes diversifiés sur des aspects liés au scolaire, à l’éducation dans les classes, mais aussi sur des aspects liés au développement. La Cosydep a réalisé une cinquantaine de productions composées de rapports alternatifs, de documents de position et d’autres contributions scientifiques", a-t-il listé, avant d’ajouter qu’ils ont investi 500 lieux d’apprentissage sur les cinq années.
FATIMA ZAHRA DIALLO