Publié le 12 Feb 2026 - 18:02
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION  

L’OFNAC veut repartir sur de nouvelles bases

 

L'Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a lancé une refondation stratégique ambitieuse pour renforcer son efficacité dans la lutte contre la corruption. Cette initiative vise à doter l'institution des moyens nécessaires pour mener à bien sa mission de prévention et de répression de la corruption, et ainsi contribuer à la bonne gouvernance et à la transparence dans la gestion des affaires publiques.

 

La création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) en remplacement de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption est intervenue dans un contexte de consolidation de la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques. À cet effet, des innovations importantes ont été apportées à la nouvelle institution pour notamment être en phase avec les instruments internationaux de promotion de la bonne gouvernance, tout en gardant le même acronyme. Un Plan Stratégique 2026-2030 est ainsi en cours de formulation.

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’organisation l’atelier ouvert, hier à Saly. Il est conçu comme un moment de diagnostic et de partage, destiné à établir un état des lieux rigoureux de la situation actuelle de l’OFNAC. Il constitue, à ce titre, la première étape structurante du processus de formulation du Plan Stratégique 2026–2030 de l’Institution, qui vise, entre autres objectifs, à asseoir une réflexion approfondie et un partage d’expérience et d’idées avec les dirigeants des organes opérationnels pour jauger la structure organisationnelle et les procédures existantes, ainsi que la recherche de l’efficacité dans les actions à projeter.

Selon les initiateurs, l’objectif global de cet atelier est de réaliser un diagnostic partagé et rigoureux de l’Office, en s’appuyant sur un échange structuré entre les membres de l’Assemblée et les responsables opérationnels, afin d’établir les fondements stratégiques du futur Plan de développement 2026-2030.

Limitation des missions de l’OFNAC

La nouvelle loi limite les missions de l’OFNAC à la prévention, à la détection et à l’enquête, supprimant les pouvoirs de garde à vue et de médiation pénale, dans un souci d’efficacité et de clarté institutionnelle. Par ailleurs, toute personne appelée à occuper un poste exposé à un risque financier devra désormais déposer une déclaration de patrimoine.

Ainsi, ce premier atelier organisé se veut un moment d’auto-évaluation méthodique. « On ne réforme utilement que ce que l’on connaît avec précision », a souligné le président de l’OFNAC, Moustapha Kâ, insistant sur la nécessité d’analyser sans complaisance les forces et faiblesses de l’institution afin de bâtir un plan stratégique de développement, prélude à une future stratégie nationale de lutte contre la corruption. L’objectif étant de mieux définir les modalités organisationnelles et d’intervention de l’Office, de fixer des objectifs mesurables et de renforcer la cohérence des procédures internes.

Indice de perception de la corruption : « nous demeurons en zone rouge »

La refondation de l'OFNAC intervient dans un contexte où la corruption continue de freiner le développement économique et social du Sénégal, même si notre pays a enregistré, selon les chiffres de Transparency International, une progression notable dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025, après plusieurs années de stagnation.

Selon les données du rapport IPC 2025, le Sénégal a amélioré son score à 46 points sur 100, soit un point de plus par rapport à 2024, où il avait été noté 45, une progression par rapport aux années précédentes. Ce résultat montre une dynamique positive de lutte contre la corruption, même si le pays reste dans la zone dite « rouge », c’est-à-dire en dessous de la barre des 50 points, seuil symbolique d’un niveau perçu comme encore préoccupant. « Nous demeurons en zone rouge. Les efforts engagés en 2025 seront comptabilisés dans les évaluations futures. Si le rythme actuel est maintenu, le Sénégal pourrait sortir de cette zone d’ici deux à trois ans », a estimé le Président de l’OFNAC.

Ce bond marque un tournant important dans les efforts nationaux de lutte contre la corruption. Cette amélioration, fruit d’un ensemble de réformes institutionnelles et juridiques, intervient dans un contexte mondial marqué par un recul général des scores antidote à la corruption. Le Président de l’OFNAC attribue cette progression à une volonté politique clairement affirmée, illustrée par la présence à l’atelier de hautes autorités, dont les représentants de la Présidence de la République, de l’Assemblée nationale et celui du ministère de la Justice. Selon lui, la lutte contre la corruption est « un combat transversal » qui mobilise l’ensemble des acteurs publics.

Pape Mbar Faye

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