Publié le 16 Feb 2026 - 18:24
SOMMET DE L’UNION AFRICAINE  

Sonko s'entretient avec de grands leaders du monde

 

Présent au 39e Sommet de l'Union africaine, Ousmane Sonko s’est entretenu successivement avec plusieurs personnalités mondiales, dont le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et des dirigeants africains. Les questions liées à l’eau sont au cœur de cette édition.

 

Au 39e Sommet de l'Union africaine, les dirigeants ont placé l'eau au cœur de la transformation de "l'Afrique que nous voulons", soulignant son rôle clé pour le développement, la justice sociale et la stabilité. L'adoption de la nouvelle Vision africaine de l'eau marque une étape importante.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a remplacé le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, à ce Sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba qui veut poursuivre la transformation de "l'Afrique que nous voulons". Une manière de démontrer le rôle clé de l’eau dans le développement, la justice sociale et la stabilité.

D’ailleurs, renseigne-t-on, la préparation de la Conférence des Nations Unies sur l'Eau 2026, que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis à Abu Dhabi, a été abordée par Ousmane Sonko et le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres. "Cette conférence vise à renforcer les financements, la coopération, la science et l'innovation, avec l'engagement du Sénégal à jouer pleinement son rôle", indique une source du gouvernement sénégalais.

Dans le cadre de ce 39e Sommet de l'Union africaine, Sonko a aussi tenu, entre la nuit du 14 et la journée du 15 février 2026, une série d'audiences. Il s’est entretenu avec la Vice-présidente des programmes globaux de la Fondation Susan Thompson Buffett, Mme Senait Fisseha ; le Secrétaire général adjoint de l'OCDE, Frantisek Ruzicka ; le Président du Réseau des Solutions pour le Développement durable (SDSN) des Nations Unies, Jeffrey Sachs ; le Vice-président de la République de Gambie, Muhammad B. S. Jallow ; et le Président de la République d'Angola, João Manuel Gonçalves Lourenço, entre autres.

Investissement durable dans l’eau et l’assainissement

En parallèle, le Réseau sur la Dette et le Développement (AFRODAD) a plaidé en faveur de solutions structurelles permettant aux pays africains d’investir durablement dans l’eau, l’assainissement et les infrastructures sociales. Des experts et responsables d’institutions engagées sur les questions de dette et de justice économique se sont prononcés lors d’un point de presse numérique sous le thème : "Réformes de l’architecture financière internationale et allègement de la dette pour financer les besoins en eau et le développement de l'Afrique".

Directeur exécutif par intérim d’AFRODAD, le Dr Yungong Theophilus décrit un fardeau financier : plus de 90 milliards de dollars consacrés par les pays africains au remboursement de la dette. En moyenne, plus de 17 % des recettes publiques sont affectées au service de la dette. Selon lui, cela limite la capacité des États à financer des secteurs essentiels comme l’eau et l’assainissement. Ainsi, il considère que fixer un plafond pour le remboursement devrait être réservé aux investissements présentant un potentiel de retour, comme dans le secteur de l'eau. Ces investissements, dit Dr Theophilus, améliorent la santé publique, l’agriculture et la compétitivité des secteurs manufacturiers. L’allègement de la dette ne doit pas être perçu comme une simple mesure de gestion de crise, d’après lui.

Dr Yungong Theophilus regrette également les déséquilibres de l’architecture financière mondiale. Selon lui, les règles actuelles favorisent davantage les créanciers que les pays emprunteurs. Il considère que la gouvernance mondiale, dominée par des forums comme le G7 et le G20, relègue souvent les intérêts africains au second plan au moment des choix stratégiques.

Abondant dans le même sens, la fondatrice et PDG d’Africa Futures Lab, Liliane Umubyeyi, relève qu'il existe une corrélation entre la dette et l'accès à l’eau qui est profondément structurelle. D’après elle, le recours systématique à l'emprunt pour financer les infrastructures liées à l'eau crée une spirale négative, la dette devenant elle-même un frein au développement. Liliane Umubyeyi souhaite une justice réparatrice qui dépasse les simples déclarations symboliques et se traduise par des engagements financiers concrets en faveur des ressources sociales. Elle souligne que l’eau devrait être traitée comme un droit, un bien public protégé.

Les priorités d’Évariste Ndayishimiye pour 2026

Lors de cette 39e Sommet de l'Union africaine, le Président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a été élu Président en exercice de l'UA. Il succède à João Lourenço d'Angola. Il a annoncé plusieurs objectifs clés. Ndayishimiye a insisté sur la nécessité de renforcer la paix et la sécurité sur le continent, évoquant l'importance de l'initiative « faire taire les armes » pour garantir un environnement propice au développement durable. Les conflits au Soudan, au Sahel, en RDC et en Somalie demeurent des préoccupations majeures.

Il a également introduit un pilier axé sur l'innovation et l'autonomisation des jeunes et des femmes, connu sous le nom de A-RISE. Dans la même veine, Ndayishimiye appelle à la solidarité africaine et à l'indépendance financière, tout en insistant sur la nécessité de réformes institutionnelles et d'intégration économique, conformément à l'Agenda 2063.

Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, il affirme que le multilatéralisme reste essentiel pour la paix et le développement durable.

CANDIDATURE DE MACKY SALL AU POSTE DE SG DES NATIONS UNIES

Y a-t-il blocage ?

Une bonne nouvelle pour Macky Sall ? Il pourrait bénéficier du soutien de l’Union africaine pour sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Le débat s’est même invité au 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, qui s’est clôturé hier. "La bonne nouvelle va finir par arriver, parce que les chefs d'État, notamment le C10 (une dizaine de pays africains, sous l'égide de la Sierra Leone, qui s'occupent de la réforme de l'ONU), ont décidé de reporter ça à l'intérieur. Et les chefs d'État vont traiter la question dans le cadre d'une réunion non-présentielle. Ils vont le faire de façon numérique pour traiter de cette candidature", a annoncé Yoro Dia, dans l’émission Opinion sur Walfadjri.

"Je rassure les Sénégalais que la bonne nouvelle arrivera et que l'Union africaine va totalement soutenir Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l'ONU", a-t-il insisté, indiquant que c’est du bon sens. "Il y a différents candidats. Michelle Bachelet, une Chilienne, va être candidate, donc elle sera soutenue par l'Amérique latine. Quand Gautier était candidat pour le poste de Secrétaire général de l'ONU, il avait été soutenu par l'Union européenne", a-t-il expliqué.

Donc, selon lui, Macky Sall, qui a le profil, a beaucoup de chances. "Naturellement, les Africains ne peuvent que le soutenir", a-t-il indiqué.

Cependant, il y a un autre son de cloche et il vient du journaliste Madiambal Diagne. Selon ses confidences, la candidature de Macky Sall à l'ONU coince. "Sonko a affirmé à l'UA n'avoir pas reçu de consignes sur le sujet, alors que Diomaye a, lui, organisé son injoignabilité", a publié le patron de presse sur X.

Pourtant, note-t-il, "dans sa lettre reçue le 9/2/2026 par Diomaye, Macky a conditionné sa candidature au soutien du Sénégal". Autant dire que c’est loin d’être gagné.

BABACAR SY SEYE

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