Diomaye Faye fixe ses priorités

Dans son adresse à la Nation du 3 avril 2026, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye articule son discours autour de trois urgences : contenir les effets des tensions internationales sur l’économie, engager des réformes structurelles dans l’enseignement supérieur et réussir l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse. En toile de fond, une insistance sur la stabilité institutionnelle et la cohésion nationale.
À la veille de la fête de l’indépendance, le président de la République a centré son message sur les vulnérabilités économiques liées au contexte international. Hausse des coûts logistiques, pression sur les prix de l’énergie et perturbations des chaînes d’approvisionnement sont identifiées comme des facteurs de risque pour le pouvoir d’achat. Face à ces tensions, l’exécutif mise sur la poursuite des réformes pour amortir les chocs et préserver les équilibres macroéconomiques. Le discours accorde une place importante à la sécurité et au rôle des Forces de défense et de sécurité. Présentées comme un levier de stabilité, elles sont également mobilisées dans la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. Un dispositif sécuritaire d’envergure est annoncé pour Dakar, Diamniadio et Saly, avec un déploiement combinant moyens terrestres, maritimes et aériens. L’événement est envisagé comme un accélérateur d’investissements et un test de capacité organisationnelle pour l’État.
Sur le plan interne, le chef de l’État met en avant le chantier éducatif. La crise récente dans les universités, notamment à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est présentée comme révélatrice de déséquilibres structurels : massification des effectifs, déficit d’encadrement et insuffisance d’infrastructures. La réponse gouvernementale repose sur une refonte du système, portée par l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Antesri). L’objectif affiché est un modèle plus régulé, aligné sur les besoins du marché et les orientations de la vision Sénégal 2050. Le volet formation est complété par l’annonce de nouvelles capacités dans l’enseignement professionnel. Huit Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) doivent être créés à l’horizon 2029, avec une capacité globale de 24 000 apprenants. Cette orientation vise à corriger le déséquilibre entre formation académique et besoins techniques du marché du travail.
Le président insiste également sur la jeunesse comme variable centrale de transformation. Le développement des infrastructures sportives de proximité et la mise en service de centres de formation sont présentés comme des instruments d’encadrement et de préparation des jeunes. Les performances sportives récentes sont mobilisées comme indicateur de potentiel, dans une logique de projection vers les JOJ 2026. Le discours comporte un volet social axé sur l’inclusion. L’élargissement de la couverture maladie universelle aux personnes handicapées, le financement de projets entrepreneuriaux dédiés et le renforcement des filets sociaux sont avancés comme des leviers de réduction des inégalités. Le Programme national de bourses de sécurité familiale est repositionné comme outil d’amortissement des chocs économiques et climatiques.
Enfin, le président réaffirme la stabilité institutionnelle comme atout dans un environnement international instable. Cette stabilité est présentée comme condition de mise en œuvre des réformes engagées et de consolidation du pacte républicain. Sans annonces spectaculaires, le message s’inscrit dans une logique de cadrage : contenir les pressions économiques, réorganiser les secteurs en tension et capitaliser sur les échéances internationales pour impulser une dynamique de transformation.
Fatou Bâ (Stagiaire)







