Publié le 22 Jul 2012 - 13:30
3 QUESTIONS A EL HADJI SONGDE DIOUF

‘’Ce qui était attendu des candidats’’

 

El Hadji Songdé Diouf, professeur de philosophie au Lycée  Limamoulaye revient sur les grandes lignes des sujets au menu de l'épreuve anticipée de philosophie du Bac 2012.

M. Diouf comment jugez-vous les épreuves de philosophie avec cette année perturbée ?

Il faut dire que cette année, par la grâce de Dieu, cette fois-ci les habituelles récriminations des professeurs qui sont dans les classes sont pris en charge par la commission nationale de philosophie. Ce qui signifie que d’habitude ceux qui choisissaient les sujets ne tenaient pas en compte des réalités sur le terrain. Mais pour une fois, nos exigences ont été prises en charges. Ce sont des sujets très honnêtement abordables même si, en philosophie, c’est difficile de parler de sujets abordables. C’est largement à la portée des élèves. Les différents sujets abordent  en première partie  la réflexion philosophique, la deuxième la vie sociale et la troisième l’art.

Sur quoi étaient attendus les candidats qui ont opté pour les deux sujets de dissertation ?

Maintenant, il est difficile d’entrer dans le fond car la philosophie  est polémique par excellence. Mais ce qu’on peut dire pour le premier sujet de la série littéraire : ‘’Refuser le caractère discutable de toute conviction n’est-ce pas sortir de la philosophie’’.  Donc le minimum que l’on attend de l’élève, c’est qu’il sache ce qui est une conviction parce que cette dernière est formée du verbe convaincre. (…) Donc quand on dit ‘’n’est ce pas sortir de la philosophie’’, la réponse est oui car par définition la philosophie détruit les idées à priori, remet en question des certitudes, les opinions, les croyances et les idées établies par la société. Donc, l’élève qui montrera que la philosophie n’est pas un savoir, mais réflexion critique, et en tant que réflexion critique, elle n’admet pas de conviction qui puisse échapper à la critique. Ce qui montre le caractère discutable de cette conviction. Cela veux dire que celui qui dit que cette idée est absolument vraie de façon irréfutable, passe inéluctablement à côté car la philosophie se refuse de tout dogmatisme. Mais celui qui montrera que, par essence, la philosophie, dans son jaillissement premier, est mouvement de réflexion critique et mouvement de remise en question, a dit l’essentiel.

De la même manière le deuxième sujet est une réflexion sur l’œuvre d’art qu’on prend en charge  dans le chapitre intitulé l’esthétique ou introduction à l’esthétique. Le sujet sous forme d’affirmation dit ‘’l’œuvre d’art se rapporte à la réalité, soit pour l’imiter, sois pour la désavouer. Qu’en pensez vous ?’’ L’imiter ne pose pas problème mais désavouer un petit problème pour qui connaît le niveau de langue des élèves. L’œuvre d’art se rapporte à la réalité soit pour  limiter  soit pour désavouer. Désavouer signifie ici contredire, remettre en question. Donc, c’est une perspective classique qui est pris souvent en charge. Généralement en classe, le professeur, dans le rapport entre l’art et la réalité, a l’habitude de montrer qu’il y a deux positions plus ou moins extrêmes. La première consistant à dire, elle est déjà héritée des anciens : Aristote et Platon que l’art doit relever de la mimésis, cela veut dire de ce qui existe déjà. Et l’autre perspective, plus ou moins inverse consistant à dire que le sujet est la nature des bases d’un guide pour l’artiste, il doit  la désavouer, la contredire, la démentir pour dire qu’il y a un monde autre que celui qui existe déjà. L’élève qui a dit çà est plus ou moins dans le sujet.

Qu’en est-il du sujet de ceux qui ont choisi le commentaire ?

La troisième partie qui est un texte de l’allemand  Karl Popper, articule la notion de l’État et celle de la liberté. C’est d’ailleurs une manière indirecte de relier l’actualité car tout se résume dans la dernière phrase du texte qui dit : ‘’Nous avons besoin de liberté pour empêcher l’État d’abuser de son pouvoir et nous avons besoin de l’État pour empêcher l’abus de l’autorité’’. C’est une manière de reprendre Paul Valérie qui disait que : ‘’Si l’État est trop fort, il nous écrase, s’il est trop faible, nous périssons’’. Une manière de dire que l’État ne doit pas abuser de son pouvoir et de son autorité mais, de la même manière son autorité ne doit pas être molle au point d’être source d’anarchie et d’instabilité.

 

PAR CHEIKH THIAM
 

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