Publié le 22 Dec 2012 - 07:47
6E JOUR- PROFIL

Fama Gadio, une mère infanticide aux portes de la folie ?

 

 

Que dire de Fama Gadio ? A vrai dire, très peu de choses… L’accusée comparaissait lors du 1er procès d’hier pour le crime d’infanticide.

 

Le teint ébène, de taille moyenne et de constitution assez frêle, Fama s’est très tôt emmurée dans un silence maussade, ne laissant échapper de sa bouche que des réponses courtes et embrouillées lorsqu’elle était interrogée par les juges. C’est ainsi qu’il exsudait d’elle quelque chose de fondamentalement déconcertant, alors qu’à la barre, elle maintenait étroitement fermé sur sa poitrine le châle blanc qui la recouvrait des pieds à la tête.

On ne sait d’elle que ce que l’enquête de personnalité de même que le procès-verbal de la police ont révélé. Fama Gadio, 30 ans, est originaire de Matam et appartient à l’ethnie toucouleur. Mariée, puis divorcée, elle a un enfant qui lui a très tôt été retiré pour être confié à sa mère, la famille estimant l’accusée dans l’incapacité de l’élever.

Asthmatique, insomniaque et névrosée, Fama Gadio souffrirait, selon la défense, de plusieurs pathologies mentales, un argument contesté par une expertise médicale conduite sur l’accusée, lors de l’enquête, sur demande du Juge d’instruction. Alors ? Folle ou pas Folle ? Fama Gadio reste un mystère…

 

Une mamie dealeuse de drogue

 

Marie Diabang, 51 ans, n’a rien du profil type d’un dealer… et pourtant !

Originaire de Kafountine, plus précisément des îles Karones, cette modeste lingère est établie à Dakar dans le quartier de Diamaguène avec ses 2 enfants, sa sœur, l’enfant de cette dernière et un petit-fils. C’est elle qui entretenait sa famille avec les revenus qu’elle tirait de son activité professionnelle, soit 2000 à 5000 F Cfa par lavage.

 

D’une taille d'environ 1 mètre 50, les pommettes saillantes, les yeux enfoncés dans leurs orbites, les joues creuses et le menton proéminent, l’accusée s’est présentée à la barre vêtue d’un ensemble en wax de couleur verte avec un foulard assorti noué autour de la tête. Elle a gardé les yeux rivés au sol tout le long du procès, répondant d’une voix claire aux questions qui lui ont été posées, même si, par moment, paniquée, elle a été à plusieurs reprises atteinte de bégaiement.

Justifiant son geste par un besoin urgent d’argent, afin de faire face aux dépenses occasionnées par la rentrée scolaire de ses enfants, l’accusée a dit se repentir de son geste… Les réponses qu’elle a données sur le fond, en outre, ont révélé chez Marie Diabang une personnalité assez simple, voire naïve, chose dont témoigne la facilité avec laquelle elle est tombée dans le guet-apens de la police.

 

L’étudiant et le vieux renard

 

Aly Traoré et Idrissa Tera sont l’incarnation même des deux protagonistes de la célèbre fable de La Fontaine : «Le Corbeau et le Renard»…

Le premier, qu’on appellera «Corbeau» ou «Dindon de la farce» (c’est selon), est le jeune Aly Traoré. Grand et déglingué, âgé tout juste de 22 ans au moment des faits, l’accusé s'est montré extrêmement laconique. Docile, obéissant… presque trop mou… il a certainement été perdu, dans cette affaire par sa lenteur à réagir et le manque de suite dans les idées dont il a fait montre à la barre.

Venu à Dakar sur ordre de sa mère visiter sa famille paternelle pour, selon lui, récupérer des semences de pomme de terre, cet étudiant en gestion dans un institut universitaire malien, a longtemps dû se mordre les doigts d’avoir aveuglément acquiescé lorsque son père, un dealer notoire, lui a demandé de l’accompagner faire une course à Rufisque auprès d’Idrissa Tera…

 

Deuxième à comparaître dans le cadre de cette affaire de trafic de chanvre indien, l’accusé susnommé est né en 1960 à Bambilor. Petit, ventru, de teint café au lait, Idrissa Terra se dit teinturier de métier, polygame et père de 8 enfants. Rusé bien que doté par Dieu d’un visage avenant, l’accusé n’a cessé de feinter les questions incriminantes que lui ont adressées les magistrats… Sans pour autant arriver à dissimuler le fait qu’il ait déjà été arrêté et emprisonné à deux reprises : pendant 2 ans, en 2000, pour détention et trafic de drogue et pendant 1 an, un peu plus tard, pour escroquerie. Quel vieux renard !

 

Fatou SY

 

 

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