Publié le 17 Nov 2022 - 13:54
ACCUSÉ D’AVOIR VIOLÉ ET MALTRAITÉ UNE FEMME DIVORCÉE

Mamadou Diouf risque 15 ans de réclusion criminelle 

 

Violée en avril 2020, S. Gaye est revenue difficilement sur sa nuit fatidique. L’affaire a été évoquée hier, à la barre de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar. Divorcée et mère de famille, c’est en sanglots qu’elle a narré l’atrocité qu’elle a subie, alors qu’elle était seule dans sa maison. Elle désigne le gardien du site comme étant son violeur.

 

Sa dignité de femme bafouée, S. Gaye demande que justice lui soit rendue. Divorcée et mère de famille, l’image de son violeur hante toujours son sommeil. Traînant depuis deux ans  son traumatisme, c’est en sanglots qu’elle est revenue sur cette nuit fatidique où elle a failli passer de vie à trépas. Après son divorce, S. Faye, qui n’a pas de place chez ses parents, a décidé de prendre en location une maison en construction, à Tivaouane Peul. Selon elle, c’était plus simple pour elle, d’autant plus qu’elle devait économiser pour achever la construction de sa maison. Alors qu’elle vivait tranquillement dans ce site peu populaire, S. Gaye n’avait jamais imaginé que sa vie allait basculer dans l’horreur.

Un jour du mois d’avril 2020, tard dans la nuit, elle s’est réveillée en sursaut et a aperçu une silhouette dans sa chambre. Avant même qu’elle ne réalise ce qui se passait, l’individu a sauté sur elle et a commencé à la malmener. ‘’Avec force, il m’a étranglée. Je me suis débattue. J’ai même failli mourir. Il a appuyé son pied sur ma poitrine et a inséré une partie de ma couverture dans ma bouche. Ensuite, il m’a étranglée avec une corde. J’ai vu la mort de près, surtout, quand il a dit qu’il est armé et qu’il va me tuer. Pendant que je me débattais, il soulevait ma jupe.  Avec sa main, il me faisait des attouchements. Il a commencé à sucer mes seins. Quand je lui ai donné un coup de pied, il m’a mordue. Malgré mes supplications, il a déboutonné son pantalon. Pendant que je me débattais, ma jupe en soie s’est relevée. Il en a profité pour me violer’’, a difficilement confessé la dame qui a versé de chaudes larmes.

‘’Quand je me débattais, son pied a glissé et a touché mon téléphone. Pour que je ne l’identifie pas, il a tourné son visage, mais je l’ai vu. Il a pris le portable qu’il a déposé par terre’’, a-t-elle poursuivi. Après sa sale besogne, son bourreau est passé par la terrasse et a escaladé le mur de la maison voisine qui était inhabitée, au moment des faits.

En détresse, S. Gaye est partie chercher de l’aide, à cette heure tardive de la nuit. ‘’Comme je l’ai aperçu au seuil de sa maison en train de vérifier si je suis sortie ou pas, j’ai préféré être discrète, le temps qu’il rentre chez lui, car il a menacé de me tuer. Quand il est parti, je suis sortie et j’ai couru jusqu’à la quincaillerie pour trouver de l’aide. J’ai alerté les autres gardiens sans leur divulguer l’identité de mon agresseur. Instinctivement, ceux-ci ont appelé mon bourreau, Mamadou Diouf, qui est venu nous retrouver, mais qui a préféré se mettre à l’écart. J’ai insisté pour qu’on m’emmène à la gendarmerie’’, a-t-elle raconté.

Mal-en-point, les gendarmes lui ont proposé d’aller se faire ausculter par un médecin, avant de revenir pour faire sa déposition.

La défense bancale de l’accusé

Entendu, Mamadou Diouf, accusé de viol, a plaidé non coupable, mais, il n’a pas été en mesure de donner des explications sur la tâche de sperme prélevée sur sa culotte et sur le lit de son accusatrice. Egalement, il a été peu convaincant sur ses déclarations, en ce qui concerne la découverte d’un rouleau de corde dans sa chambre. Il a soutenu qu’un maçon l’a laissé chez lui. Il a été tout aussi bancal, en ce qui concerne le téléphone portable de la plaignante qu’il a remis aux enquêteurs, trois jours après les faits.

Pour les avocats de la partie civile, les faits sont suffisamment établis. Ils ont ainsi sollicité que le comparant soit maintenu dans les liens de la détention. ‘’La matérialité des faits de viol ne souffre d'aucun doute. Les déclarations de la dame ont été corroborées par le certificat médical. Et les faits sont imputables à Mamadou Diouf, eu égard à son comportement après les faits. Lorsque cette dame a été malmenée et terrorisée, elle a eu à rencontrer en premier lieu les témoins qui ont contacté l'accusé. Quand il est venu, il s'est mis à l'écart, car, il était déjà condamné par le tribunal de sa conscience. Même s’il a accompagné la victime à la gendarmerie. Ça me rappelle l'affaire Bineta Camara. Le coupable était dans la maison mortuaire. Au-delà de son comportement, des traces de sperme ont été retrouvées sur sa culotte ; une corde a été aussi trouvée dans sa chambre. Il y a assez d'éléments pour condamner l'accusé’’, a plaidé Me Abdou Aziz Diouf. 

De son côté, Me Maïmouna Dièye est restée formelle sur l’inexistence du doute dans cette affaire. ‘’Elle a fait deux mois de dépression. Elle se réveillait la nuit pour s'attaquer à la porte. Il a fallu une thérapie pour la remettre en état. Elle est devenue cardiaque et a un début de diabète. Sa vie a été troublée par l'accusé. Elle m'a dit de réclamer le franc symbolique, mais, je demande 50 millions de francs, même si elle ne recevra jamais cette somme’’, a martelé Me Dièye. 

Le maître des poursuites, à l’instar des avocats de la plaignante, a trouvé que l’imputabilité des faits ne souffre d’aucune contestation. Il a ainsi requis 15 ans de réclusion criminelle contre Mamadou Diouf.

Les avocats de la défense ont de leur part sollicité l’acquittement de leur client. Selon eux, la plaignante ne cesse de varier dans ses déclarations.

Au terme des plaidoiries, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le 7 décembre.

MAGUETTE NDAO

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