Publié le 12 Feb 2026 - 18:13
SAINT LOUIS : EN SOUTIEN À LEURS FRÈRES ÉTUDIANTS  

Les élèves dénoncent les violences policières 

 

Mobilisés pendant 48 heures, les élèves de la commune de Saint-Louis sont sortis en nombre dans les rues de la ville pour exprimer leur solidarité aux étudiants du Sénégal surtout ceux de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), après la mort d’Abdoulaye Ba. Ils dénoncent une « répression aveugle » et appellent au retour de la paix dans les universités  du Sénégal.

 

La vieille cité de Saint-Louis a vécu, hier, au rythme d’une mobilisation inhabituelle. Plusieurs centaines d’élèves ont déserté les salles de classe pour investir les rues, à l’appel d’un mot d’ordre de grève pacifique de 48 heures. Ils manifestent ainsi leur soutien aux étudiants de l’Ucad, dont un des camarades, Abdoulaye Ba, a été tué par les Forces de l’ordre. Partis de l’île, ils ont parcouru le pont Faidherbe et certaines grandes avenues, scandant des slogans appelant à la paix. Les élèves ont dénoncé « la répression aveugle » dont auraient été victimes leurs « frères » des universités sénégalaises . « La police n’a rien à faire dans les campus jusqu’à provoquer la mort d’un étudiant. C’est une tragédie qu’on aurait pu éviter», a déclaré le porte-parole du jour, face à la presse.

Pour ces lycéens, l’enjeu dépasse le seul cadre de l’Ucad. « En tant que futurs étudiants, nous les soutenons parce que nous voulons que la paix règne dans les écoles et universités du Sénégal. Nous ne voulons rien d’autre », a-t-il insisté. Les manifestants estiment qu’il est « inacceptable » que des violences se produisent dans des espaces dédiés au savoir et à la formation des cadres appelés à servir le pays. La mobilisation, présentée comme pacifique, se veut également un signal d’alerte adressé aux autorités. « Nous avons organisé cette grève pour dire non, non, non aux brimades et aux violences policières dans les universités », ont martelé les élèves. Si, pour l’instant, les établissements privés n’ont pas été associés au mouvement, les organisateurs préviennent qu’ils pourraient élargir la contestation si la situation ne s’améliore pas.

Au-delà de l’émotion suscitée par la mort d’Abdoulaye Ba, les jeunes dénoncent un climat qu’ils jugent préoccupant. « Il y a des choses anormales qui se passent dans ce pays. Des pratiques que l’on croyait révolues reviennent à grands pas », déplorent-ils. À Saint-Louis, la journée s’est déroulée sans incidents majeurs. Mais à travers cette mobilisation, les élèves entendent rappeler leur attachement à un principe simple : la préservation de l’école et de l’université comme espaces de paix, de dialogue et d’avenir.

IBRAHIMA BOCAR SENE SAINT LOUIS

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