Publié le 2 Dec 2024 - 15:37

BASES MILITAIRES FRANÇAISES EN AFRIQUE: DES REMOUS

 

Comme suite à notre post d'hier dans lequel nous soutenions que la résolution de l'équation française relative à la défiance dont elle fait l'objet en Afrique est simple à savoir le retrait de ses bases militaires en Afrique et du franc CFA, je suis heureux ce matin d'entendre le Président sénégalais dans le cadre d'une interview accordée à France 2 dire ceci sur les bases françaises.

"Est-ce que, en tant que Français, vous envisagez de nous voir dans votre pays avec des chars ou avec des véhicules militaires ? Des véhicules militaires avec des soldats sénégalais. Comme ça, parce que sur le plan historique, la France a esclavagisé, a colonisé et est resté. Évidemment, je pense que, quand vous inversez les rôles, vous concevez très mal qu'une autre armée : la Chine, la Russie, le Sénégal, n'importe quel autre pays puisse avoir une base militaire en France."  

Je me réjouis aussi de constater que le Tchad a annoncé de son côté rompre ses accords de défense avec la France quelques heures à peine après la visite au Tchad du Ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barro.

Toutefois pour ce cas tchadien, je suis relativement réservé pour des raisons de bon sens et de civilité. J'espère que ce n'est pas de la diversion et une réaction épidermique.

Comment en effet peut-on recevoir une autorité française concernée par ces bases militaires et ne pas lui donner la primeur de l'information ? Ce n'est pas logique. Deux interrogations sous forme d'hypothèses :

1- Est-ce que le Tchad a cherché à travers ce geste à humilier la France à travers son Ministre des affaires étrangères? Si c'est le cas, c'est regrettable. Il faut rester courtois et ferme dans ses résolutions.

2- cette déclaration incongrue du Tchad ne rentre-t-elle pas dans une stratégie collectivement arrêtée avec l'Hexagone. Cette dernière ayant peut-être déjà pris la décision de redéployer ses troupes dans un autre pays déjà identifié et ne voulant pas gêner la partie tchadienne lui a demandé d'en assurer la paternité par rapport à son opinion publique.

La France cherche-t-elle à se redéployer vers le Maroc pour les raisons de contrôle du Sahara ou vers Djibouti, afin de mieux anticiper les menaces autour de la mer rouge et du Proche-Orient ?

L'histoire nous édifiera inchallah

Ces accords et bases militaires français vestiges de la période coloniale et symbole d'une FrancAfrique élitiste constituent des entraves réelles à la bonne entente et à l'expression de la fraternité tant recherchées entre peuples authentiques africains et français.

Une page se ferme.

 

Magaye GAYE

Section: 
Le mépris du peuple est aussi est un symptôme de l’aliénation systémique
L’AJUSTEMENT PROGRESSIF : La seule vraie solution économique au contexte sénégalais
DE LA DÉMISSION DE LA PENSÉE : Quand l’intellectuel se fait courtisan
RÉGULER POUR TRANSFORMER : Les sept priorités d’une ARTP au service du Sénégal numérique
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, M. BASSIROU DIOMAYE FAYE, ET AU DG DE L'APIX, M. BAKARY SÉGA BATHILY 600 hectares de Toubab-Dialaw : vous n’avez pas le droit de sacrifier un peuple
Chroniques pour un Sénégal souverain et juste N° 01 · Août 2026 De la croissance aux citoyens : Pour une transformation territoriale de la performance économique du Sénégal
Le Parti socialiste n’est pas à vendre
AGETIP : Qu’en est-il en termes de procédure ?
DISCOURS DU PR PAPA FARY SEYE : QUAND LA PAROLE ÉDUCATIVE DEVIENT UNE PENSÉE DE LA RÉPUBLIQUE Un discours pour penser l’excellence, l’école et la République
Comment mettre le savoir au service du pouvoir au Sénégal ?
LES FONDS SPÉCIAUX AU SÉNÉGAL : Une catégorie fantôme dans la République ?
MOBILISER LA DIASPORA SCIENTIFIQUE : De l’opportunité à la stratégie pour le Sénégal et l’Afrique
RECOMPOSITION POLITIQUE POST-ALTERNANCE : Le débat initié par le ministre Abdou Fall sur les mutations en cours du système partisan sénégalais, mérite désormais d'être regardé comme un véritable exercicPréparer une succession ou réinventer une espérance ?
LE GRAND MAGAL DE TOUBA : Un puissant levier de souveraineté économique pour le Sénégal
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES AU SÉNÉGAL : Entre urgence climatique, gouvernance internationale et réalités locales
QUINQUENNAT OU SEPTENNAT : Ne créons pas un problème là où la Constitution a déjà tranché
ENJEUX DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DANS UN CONTEXTE DE SCISSION AU SEIN DE PASTEF-LES PATRIOTES : Wërwërloo beek wiiri wiiri bi, du ko teree jaari ndaari !
SONKO / DIOMAYE : La rupture définitivement consommée
SÉNÉGAL : Le grand théâtre de la fidélité sélective
KIIRAY, OU L’EXIGENCE DE REFAIRE LA RÉPUBLIQUE : Quand un parti politique choisit de placer la Nation au-dessus de lui-même