Publié le 6 Jul 2022 - 10:43
OFF DE LA BIENNALE - MAISON EIFFAGE

La Maison des plasticiens

 

Au mois de mai 2022, la Biennale de Dakar revient après quatre années de break dues à la Covid-19. Pour célébrer le retour comme il se doit de ce rendez-vous important de l'agenda culturel sénégalais, Eiffage Sénégal a inauguré un nouvel espace : La Maison Eiffage.

 

Eiffage est sans nul doute l’une des entreprises au Sénégal qui expose le plus de plasticiens. L’entreprise a décidé, cette année, d’inaugurer et d’ouvrir officiellement La Maison Eiffage. C’est un bâtiment de deux étages, au grand bonheur des artistes.

D’ailleurs, les  premiers heureux sont ces artistes qui y exposent actuellement, dans le cadre du projet ‘’Sunu Dëkk’’. Plusieurs tableaux y sont accrochés au milieu d’une installation de Maodo Niang. "L'idée, c'est de représenter une ville futuriste, pourquoi pas le Dakar de demain ou toute autre région du Sénégal ?", s'interroge Maodo Niang. Sur sa maquette carrée, stade, école, poste de police, église ou encore mosquée sont des bâtiments bien visibles. En résumé, c'est une vraie ville en miniature réalisée par M. Niang. Chaque édifice est baptisé au nom d’un valeureux Sénégalais. "Pour tout vous dire, le Sénégal regorge de talents et pas que dans le domaine des arts. Les jeunes sont dotés parfois d'un savoir-faire extraordinaire qui ne demande qu'à être vulgarisé et utilisé pour la cause générale. Ailleurs, il y a d'autres Maodo Niang et sans doute beaucoup plus talentueux que lui", a-t-il déclaré.

À côté de l’installation du maquettiste, un artiste a quasiment exposé sur le même thème. En effet, Daouda Ba parle d'habitation à travers son œuvre intitulée "Cohabitation parallèle". Dans son travail, il va au-delà des couleurs et autres caractères. "Souvent, à côté de chaque villa luxueuse, nous avons des habitats précaires. Mais en mettant sous silence cette dichotomie, ce que je cherche à faire ressortir, ce sont les inégalités sociales existantes", commente M. Ba. Il donne ensuite une autre vision de son œuvre, une vraie parure pour ces murs de La Maison Eiffage. "C'est aussi une façon pour moi de dénoncer la prolifération des bidonvilles un peu partout à travers Dakar. Ces habitats de fortune poussent comme des champignons et rien de concret n'est en train d'être fait pour stopper le phénomène". Le peintre rêve de voir pousser des demeures plus "décentes" pour ses concitoyens. 

Au 2e étage de cette Maison Eiffage, un seul artiste expose. Il s'agit de Mahmoud Baba Ly. Chevelure noire, barbe bien taillée, M. Ly a une allure altière avec  ses lunettes noires et son costume africain de même couleur. Il y a huit magnifiques tableaux dans le jardin de Baba Ly. "Méta 1, 2, 3"… "Où va-t-on ?", "La porte du salut" constituent l'ensemble des œuvres présentées par l'auteur.

"C'est un questionnement sur l'être humain entamé à l'aube de la pandémie de la Covid-19", esquisse l'artiste dans l'explication de la série "Méta". "Avec le confinement et toutes les autres mesures restrictives dues à cette crise, certains changements ont été opérés par l'homme. Si d'aucuns ont décidé d'accepter leur sort, de s'adapter par rapport à la situation, d'autres, par contre, ont vécu cela comme un vrai choc émotionnel. C'est l'opposition entre le révolté et le docile ou l'obéissant que j'ai essayé de représenter grâce à ces tableaux. Vous l'aurez compris, l'individu au crâne intact représente le soumis et celui à la tête cassée, c'est le rebelle", explique Baba Ly.

Le ministre de la Culture et de la Communication, présent à cette cérémonie, n'a pas manqué d'apporter son soutien à La Maison Eiffage et à son exposition ‘’Sunu Dëkk’’. "Il faut féliciter Eiffage Sénégal pour son exposition privée qui a su regrouper beaucoup de talentueux artistes qui ont su revisiter, revivifier le savoir-faire artistique sénégalais d'une manière générale", apprécie M. Diop.

MAMADOU DIOP (STAGIAIRE)

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