Publié le 9 May 2025 - 09:32
ESPÉRANCE DE VIE  

Une différence de plus de 30 ans souligne les inégalités en matière de santé

 

Le lieu de naissance pourrait faire la différence, entre vivre trois décennies de plus que quelqu'un d'autre venant d'un pays plus pauvre, dépourvu d'un logement sûr, d'opportunités éducatives et d'un accès à des emplois décents, a révélé mardi un nouveau rapport de l'ONU.

 

Une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que les inégalités peuvent être responsables d'une réduction spectaculaire de l'espérance de vie, tant dans les pays riches que dans les pays pauvres. Par exemple, les personnes vivant dans le pays où l'espérance de vie est la plus élevée vivront en moyenne 33 ans de plus que celles nées dans le pays où l'espérance de vie est la plus faible. ‘’Notre monde est inégal. Le lieu où nous naissons, grandissons, vivons, travaillons et vieillissons influence considérablement notre santé et notre bien-être’’, note Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, dans un rapport.

Ces inégalités en matière de santé, selon le document, sont étroitement liées au degré de désavantage social et au niveau de discrimination. ‘’La santé suit un gradient social : plus la zone de vie est défavorisée, plus les revenus sont faibles’’, souligne ainsi l’OMS. Car elles sont particulièrement exacerbées au sein des populations victimes de discrimination et de marginalisation, comme les populations autochtones, dont l’espérance de vie est inférieure à celle des non-autochtones. Cela, dit-on, est vrai aussi bien dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu.

Cette étude est la première à être publiée depuis 2008, année où la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS a rendu son rapport final fixant des objectifs pour 2040 visant à réduire les écarts entre les pays et au sein de ceux-ci en matière d’espérance de vie, de mortalité infantile et maternelle. Toutefois, elle montre que ces objectifs risquent de ne pas être atteints et que, malgré la rareté des données, il existe suffisamment de preuves pour démontrer que les inégalités en matière de santé se creusent souvent.

Les écarts concernant la mortalité des enfants

Par exemple, les enfants nés dans les pays pauvres ont 13 fois plus de risques de mourir avant leur cinquième anniversaire que dans les pays riches. De plus, les modélisations montrent que la vie de près de deux millions d'enfants pourrait être sauvée chaque année en comblant l'écart et en renforçant l'équité entre les secteurs les plus pauvres et les plus riches de la population dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

De plus, bien que la mortalité maternelle ait diminué de 40 % entre 2000 et 2023, la majorité des décès, soit 94 %, surviennent encore dans les pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure.

L'OMS appelle à une action collective pour lutter contre les inégalités économiques et investir dans les infrastructures sociales et les services publics universels. L'agence onusienne, dans la même source, recommande également d'autres mesures, notamment la lutte contre la discrimination structurelle et contre les déterminants et les impacts des conflits, des situations d'urgence et des migrations forcées.

CHEIKH THIAM

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