Publié le 4 Jul 2017 - 13:35
EXPOSITION A LA GALERIE NATIONALE

Exceptionnel Dago !

 

Depuis le 28 juin dernier et ce, jusqu’au 12 juillet prochain, la Galerie nationale reçoit une exposition d’œuvres d’Ousmane Ndiaye Dago. Il y a de la photographie, de la peinture et du graphisme. Le détour en vaut la peine.

 

Exceptionnel. C’est le moins que l’on puisse dire du vernissage de l’exposition ‘’Reflets d’expression et d’expériences’’ d’Ousmane Ndiaye Dago. Loin de ces lancements officiels au cours desquels sont dits des discours puis est organisée une visite guidée, celui organisé par le commissaire de ladite exhibition, Babacar Mbaye Diop, est loin de ces scènes habituelles. Un moment extraordinaire de partage entre diverses sommités des arts a été offert aux visiteurs.

En live, Kalidou Kassé, Ndoye Douts, Chalys Lèye, Mamadou Ndiaye et la vedette du jour Ousmane Ndiaye Dago ont peint un joli tableau. L’œuvre en tant que telle, sur le coup, suscitait moins d’intérêt que le travail collégial. C’était émouvant de voir avec quelle générosité chacun des peintres apportait sa touche. Comment, sans se parler, ils ont pu combiner et harmoniser les couleurs et formes. Ainsi quand M. Ndiaye jouait avec le blanc en dessinant des spirales, le Peintre du Sahel usait de couleur terre, son ton de prédilection, au moment où Dago mettait les dernières couches de peinture sur son mannequin. Ah oui ! Une performance sans la femme terre, très présente dans l’œuvre du photographe, serait comme qui dirait insipide. Heureusement, elle était dans un coin de la Galerie nationale, toujours avec les mèches cachant tout son visage et s’enduisant de terre. Par moments, elle reçoit un coup de pinceau d’Ousmane Ndiaye Dago ou de Chalys Lèye. Ce dernier a apporté un brin de folie au tableau. Il semblait être le plus spontané de tous.

 En outre, le critique d’art Babacar Mbaye Diop ne savait pas si bien dire en soutenant que ‘’ses femmes peintes ressemblent à des sculptures peintes. Ses œuvres sont des nus saisis dans toute leur pureté’’. Celle qui était au vernissage est le résumé parfait de cette réflexion du critique d’art. Sa taille svelte, ses mèches qui ressemblent à des brindilles de balai, cette argile sur son corps, lui donne un air d’irréel.

Par ailleurs, ce n’est pas que le vernissage de l’exposition qui a des allures d’inédit. La centaine de tableaux qu’accueille la Galerie nationale le sont tout autant. Ousmane Ndiaye Dago embarque ses visiteurs dans divers univers. Les profanes se perdent d’ailleurs facilement dedans. Ainsi, les plus avisés font la différence entre une œuvre de photo, celle peinte, celle qui allie les deux genres etc. On retrouve tout cela dans cette exhibition. Car comme le commissaire de cette exposition Babacar Mbaye Diop, ‘’Dago est certainement l’artiste photographe sénégalais le plus original et le plus profond de sa génération’’. Mais il n’est pas que photographe. Il est également ‘’graphiste et designer sénégalais. Il a étudié à l’institut national des Beaux arts de Dakar, puis à l’académie royale des Beaux arts d’Anvers, où il a suivi un cursus en art graphique’’.

Des sujets sans fioritures

Même si la plupart des œuvres qu’il a exposées sont de sa collection ‘’Femme terre’’, il n’en demeure pas moins qu’il y en a d’autres sur des sujets différents. Comme cette série sur la lutte sénégalaise. Ici, il les représente ‘’dans toute leur splendeur et leur force’’ tel que le note M. Diop. Il y a à côté de ces photographies celle de la collection ‘’Mbedd mi’’. On y retrouve des scènes de vie quotidienne. Des photos prises avec beaucoup de spontanéité avec des sujets sans fioritures, souvent même sales, mais très beaux tout de même.

Graphiste également, Ousmane Ndiaye Dago expose les logos qu’il a réalisés. Il est l’auteur des symboles de la Cour Suprême, de la société HLM, de PMU, de Sococim, du ministère de l’Education nationale, de la Cena, de Cnart Assurances, etc.

 BIGUE BOB

 

Section: 
LITTÉRATURE – AMOUR, TRANSPARENCE, CONFIANCE, CONTRÔLE… « L’Équilibre du cœur » suscite réflexion
20 ANS D’AFRICULTURBAN Le hip-hop sénégalais sur le piédestal
FESTIVAL REKK Le Sénégal s'enrichit d'un nouveau festival
RESTITUTION ARTISTIQUE AU GRAND-THÉÂTRE : Théâtre-forum et playback à l’honneur
TRANSPOSER L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE EN MILIEU PROFESSIONNEL... Sokhna Diaw développe le concept Teranga esprit
FEMMES INVISIBILISEES - RECITS OUBLIES : Le pari de PluriElles
16E EDITION DAK’ART : Enfin la date connue !
DISPARITION D’UNE ICONE : Seni Awa Camara, la sculptrice de la terre s’en est allée
TANIT D’OR JCC 2025 : Liti-Liti, une déclaration d’amour à l’humain
EXPOSITION ‘’TES VUES / MA VIE’’- FOLIE SUR LES RESEAUX SOCIAUX L’artiste Boubacar Diallo invite à l’introspection
COPIE PRIVÉE ET DROITS D’AUTEUR : L’État donne le signal, les artistes attendent les actes
CULTURE : Thiès accueille les trésors retrouvés du champ de bataille de Samba Sadio (1875)
Dalifort Hip Hop
50 ANS DE CARRIÈRE DE SOULEYMANE FAYE : Célébration d’un demi-siècle d’art et de sagesse sur scène
RENTRÉE SCOLAIRE 2025/2026 : L’U2PF mise sur l’égalité des chances
LIVRE – DJEMBERÉ, CELLE QUI CHANGE TOUT : Une résiliente face au chaos institutionnel et social
PROLIFÉRATION DES MÉDIAS ÉTRANGERS : Péril sur la souveraineté
ACCES 2025 : Le musique africaine rencontre le monde à Pretoria
TROISIEME EDITION FESTIVAL JOTAAY JI : Dakar a vibré aux voix du féminisme 
BARRIÈRES À L’AUTONOMISATION DES FEMMES : La plaidoirie de l’AJS