Publié le 23 Sep 2024 - 13:20

LA RESTRUCTURATION DE LA DETTE PUBLIQUE DES PAYS DE L'UEMOA S'IMPOSE

 

Il est observé dans certains pays des tensions budgétaires réelles liées notamment à la dette.

  1. Ratio dette/PIB supérieur au critère de convergence de l'UEMOA de 70%
  2. Service de la dette en principal et intérêts (échéance annuelle) avoisinant bientôt 50% des recettes fiscales

Cette dette n'est plus soutenable pour certains des pays de l'UEMOA. Il ne faudrait pas cacher cette réalité.

Sans aucun complexe, les Etats devraient engager un plaidoyer international collectif pour restructurer la dette. Surtout dans un contexte favorable où de nouvelles autorités éprises de souveraineté, qui n'ont aucune responsabilité stratégique sur la gestion passée, accèdent au pouvoir.

En effet, la responsabilité de la situation actuelle de surendettement est partagée entre des gouvernements qui ont mal choisi les projets financés et des bailleurs de fonds peu regardants. Un rapport de la Banque mondiale avait montré que 7, 5% des crédits accordés par cette institution aux pays en développement était détournés vers les paradis fiscaux. Et que dire des nombreux milliards payés aux sociétés de gestion et d'intermédiation dans le cadre de la structuration des opérations afin de faciliter l'obtention des financements?

Voici nos propositions

  1. Abandon par les bailleurs de fonds internationaux des pénalités et intérêt de retard
  2. Conversion des intérêts normaux en actions dans les entreprises publiques afin de mieux contrôler la gouvernance de celles-ci
  3. Restructuration de l'encours en principal restant dû sur une durée plus longue assortie d'un renforcement de garanties éventuel et d'une possibilité de réduction des taux.
  4. Mise en œuvre effective par les États débiteurs de mesures de redressement internes pertinentes avant de songer à des politiques de relance hypothétiques. Dans une tribune publiée dans le journal le Monde nous avions défendue après le COVID cette orientation sans succès.

Nos économies sont à l'image d'un seau troué en plastique que nous essayons depuis les indépendances de rapiécer sans succès. Il faut le changer par un seau neuf en fer, durable.

En d'autres termes mener de bonnes réformes pour redresser des économies extraverties, reprofiler les budgets nationaux et améliorer la gouvernance.

  1. Introduction d'une clause nouvelle de responsabilité de vigilance dans les conventions de financement afin d'amener les bailleurs de fond à plus de rigueur dans l'octroi de financements
  2. Amener les bailleurs de fonds internationaux à garantir une bonne rotation de leurs Chefs de mission dans les pays d'accueil afin de limiter au maximum les risques de connivence avec les Gouvernements en place.

Voici le lien de l'interview que nous avons accordée à la Radiotélévision sénégalaise sur la question.

https://lnkd.in/edSYivXh

Magaye GAYE
Économiste international

Ancien Cadre de la BOAD 

 

Section: 
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais