Publié le 25 Mar 2023 - 13:55
LE TEMPS DU PARDON ET DE LA REPENTANCE

L’histoire bégaie-t-elle ?

 

Notre pays aux plus sombres moments de son histoire démocratique a rarement vu autant d’arrestations, autant d’emprisonnements, autant de privations de liberté, autant de violences, autant d’intolérance et autant de haine partagée.

La machine infernale et programmée du pouvoir s’installe petit à petit. 

S’appuyant sur des maladresses, des certitudes aveugles, des fautes et des infantilismes politiques, le pouvoir armé jusqu’aux dents marche sur des opposants. 

Son objectif est simple déblayer le terrain politique pour frayer la voie à la déclaration de candidature du Président Macky Sall. 

La répétition étant pédagogique ! 

Le Président de la République malgré toute l’opération de communication orchestrée depuis quelques semaines trahira sa parole, son serment s’il déclare le 3 avril prochain ou bien un autre jour sa troisième candidature. 

Le Conseil constitutionnel qui la validera se discréditera encore un peu plus devant le peuple sénégalais. 

Les emprisonnements, les mandats de dépôts, la multiplication des délits d’opinion sont autant de faits et de signaux d’un pouvoir qui a peur du verdict des urnes. 

La démocratie repose sur la libre expression des opinions, la garantie de l’expression du suffrage universel et l’autorité d’institutions impartiales. 

Le rideau se referme petit à petit sur notre démocratie au moment où les pouvoirs publics sont indifférents à des drames que vivent les populations face à des manques de produits essentiels et à la cherté des prix de denrées essentielles.

Le sucre en poudre, le sucre le plus accessible aux familles défavorisées, a disparu des étales des commerçants. En ce début de Ramadan, c’est un véritable calvaire que vivent les populations des banlieues. 

Les éleveurs poussés à un nomadisme précoce par un manque d’herbe sur toute l’étendue du territoire sont à la recherche d’aliments de bétail hors de prix et introuvables.

Les agriculteurs ne sont pas mieux lotis. Le sac d’urée n’est plus loin de 30 000 francs Fcfa alors qu’il était vendu à moins de 10 000 Fcfa avant le début de la guerre Russie-Ukraine. 

Le moment n’est-il pas venu de « parler à votre oreiller », de penser à la sagesse des grands princes, au pacifisme militant de grands hommes que l’histoire célèbre, à la noblesse aristocratique d’un certain Abdoulaye Wade, à l’élégance républicaine d’un autre Abdou Diouf, à tout simple rendre au peuple un Sénégal meilleur que vous l’avez reçu, Monsieur le Président de la République ?

En ce mois béni du Ramadan, pensez Monsieur le Président de la République au goorgoorlu des villes, aux agriculteurs et aux éleveurs !

En ce mois du Pardon, prenez de la hauteur, invitez l’opposition à prendre aussi de la hauteur, car c’est votre rôle de Président de la République !

Prenez la sage décision de pardonner.

Demandez aussi pardon  au peuple car c’est aussi votre condition lilliputienne d’humain. 

Grâce à votre autorité et à votre pouvoir de médiation faites que les plaintes dans les différentes affaires politico -judiciaires soient retirées. 

Les opposants doivent aussi prendre de la hauteur, accepter leurs fautes et leurs errements, faire leur autocritique et demander pardon au peuple sénégalais.

Ce scénario paraît être un scénario idéaliste tellement les positions sont figées et les adversités quasiment irréconciliables. 

J’ai de l’espoir car le mois de Ramadan est un mois d’heureux miracles !

Dakar, vendredi 24 mars 2023
PAR MARY TEUW NIANE

 

Section: 
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées