Publié le 30 Dec 2024 - 12:08
Lettre Ouverte à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République du Sénégal

Situation critique de l’accès à l’eau potable en milieu rural dans la région de Kaolack

 

Dakar, le 27 décembre 2024

À Son Excellence,

Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE,

Président de la République Du Sénégal

 

Monsieur le Président,

Par ma voix, je me fais le porte-parole de nombreuses communautés rurales pour dénoncer, tout en attirant votre attention, la situation alarmante de l’accès à l’eau potable dans la région de Kaolack, plus particulièrement dans ses différents départements.

Nous avons tristement "célébré" l’anniversaire des difficultés liées à l’eau, des difficultés qui étaient enterré depuis plusieurs années (40 ans). À cette époque, il nous fallait creuser des puits pour espérer obtenir cette ressource vitale, ce "liquide précieux". Malheureusement, la situation actuelle est tout aussi critique, voire pire.

La population rurale, avec espoir, avait cru à un changement après l’élection présidentielle. Cependant, cette espérance est en train de se transformer en désillusion, car la situation est devenue de plus en plus catastrophique. Certes, les populations ont fait preuve de patience, mais aujourd’hui, elles n’en ont plus la force, ni physiquement ni financièrement. Cette épreuve est dure et persistante, et chaque jour qui passe semble exiger un temps et des efforts qu’elles ne peuvent plus fournir.

Nous ne pouvons que nous interroger : l’eau est disponible et très proche, mais pourquoi reste-t-il toujours inaccessible ? Cette question nous pousse à demander urgemment des solutions concrètes et adaptées à cette crise qui nous étouffe.

La gestion des forages, confiée à des sociétés privées comme Flexeau, a considérablement compliqué, et parfois même paralysé, la vie des populations rurales. Depuis plus d’un an, ces populations peinent à obtenir de l’eau en quantité suffisante et de qualité acceptable pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Aujourd’hui, il est évident que les entreprises privées ne peuvent plus cohabiter avec les populations rurales. La situation est devenue intenable. À la date du 27 décembre 2024, des affrontements ont failli éclater dans la commune de Medina Sabah, dans le département de Nioro, région de Kaolack. Cela n’est pas normal et mérite toute notre condamnation. Pourtant, ces populations ne font que revendiquer leurs droits fondamentaux pour accéder à cette ressource indispensable à leur survie.

Cette crise est une véritable bombe à retardement. Il est donc urgent de désamorcer cette bombe en prenant des mesures fortes. Nous recommandons notamment la mise en place de comités intérimaires pour assurer une exploitation équitable et participative de l’eau. Par ailleurs, des solutions durables doivent être trouvées, même si nous reconnaissons que des efforts sont déjà en cours.

Monsieur le Président, nous sollicitons votre écoute et espérons que vous recevrez nos doléances avec l’attention qu’elles méritent. L’eau est un droit fondamental, et son accès ne devrait jamais être un privilège, mais une garantie pour chaque citoyen.

Dans l’espoir que notre cri de détresse sera entendu, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profond respect.

EL HADJI KH. THIAM

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