Publié le 28 Jun 2015 - 19:38
LIBRE PAROLE

Diabète et ramadan 

 

Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 180 millions de personnes au monde souffrent de diabète dont 80 % vivent dans des pays émergents ou en développement. La période du ramadan représente une période sensible pour les diabétiques du fait des contraintes alimentaires qu’elle impose. Le site de commande et de livraison de repas www.hellofood.sn s’est intéressé au ramadan des diabétiques qui au Sénégal représente plus de 400 000 individus.

Les personnes atteintes de diabète  lorsqu’elles décident de pratiquer le jeûne s’exposent  à des risques élevés  pouvant entrainant  des complications sur leur état de santé. Pourtant, de nombreuses personnes atteintes de diabète insistent pour pratiquer le jeûne pendant le mois de Ramadan.

 Le jeûne chez les personnes atteintes de diabète de type 1 et de type 2 dont les taux de glycémie sont mal gérés est associé à de multiples risques. Parmi les principales complications potentielles liées au diabète provoquées par le jeûne, nous pouvons citer l’hypoglycémie, l’hyperglycémie, ou encore l’acidocétose diabétique.                

La réduction de l’apport en aliments est un facteur de risque bien connu de l’hypoglycémie. Les effets du jeûne observés chez les personnes atteintes de diabète sont variables allant de l’aggravation de leur état à son amélioration en passant par la stabilisation.  

Les diabétiques  faisant le choix de jeûner sont exposées à un risque accru de développer une acidocétose diabétique en particulier lorsque le taux de glycémie a eu à être élevé sur la période précédant le début du jeûne. En outre, le risque d’acidocétose diabétique peut être exacerbé par une trop forte réduction de l’insuline liée à la réduction de l’apport en aliments pendant un mois.

La déshydratation due à la limitation de la consommation de fluides peut également avoir de graves conséquences notamment dans des pays avec un  climat chaud, humide et chez les personnes qui effectuent des travaux physiques lourds.

Les personnes atteintes de diabète ont des taux d’anticoagulants endogènes plus faibles et sont plus exposées à la formation de caillots sanguins qui peuvent entraîner une attaque cardiaque ou un accident cérébral-vasculaire(AVC) qui représente aujourd’hui la première cause de mortalité dans plusieurs pays africains dont le Sénégal. Il est donc essentiel que les personnes atteintes de diabète aient la possibilité de contrôler leur glycémie à plusieurs reprises tout au long de la journée. Elles doivent maintenir une alimentation saine et équilibrée pendant le Ramadan.

La coutume qui recommande de consommer  en grande quantité des aliments riches en graisses et en hydrates de carbone en particulier lors du repas du soir doit être évitée. Il est  conseillé par ailleurs d’augmenter l’apport en boissons non caloriques en dehors des heures de jeûne.

Par mesure de sécurité, il est important  que la décision de jeûner soit prise après une discussion approfondie avec son médecin sur les risques qu’elle implique. Les personnes atteintes de diabète doivent suivre un régime spécifique et faire l’objet d’une  étroite surveillance médicale pour réduire le risque de développer toutes sortes de complications. 

Moustapha B. SOW 

 

Section: 
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien
SOCIOTIQUE : " L'impact de l'IA sur le marché du travail
Dettes cachées : L’impossible transparence ? Le cas du Sénégal et les leçons de l’histoire