Publié le 4 Dec 2024 - 12:25
MASSACRE DE TIRAILLEURS A THIAROYE

"LA FRANCE A RENDU LES ARMES, ALLONS VERS DES COMBATS PLUS URGENTS"

 

Non mon si cher Malick Rokhaya Ba ! Non, vous êtes un grand et très bel esprit.

Vous lirez, sous envoi séparé, mon poème en hommage aux tirailleurs tombés à THIAROYE.

Vous me faites sourire en écrivant que vous attendiez de moi un autre prix sur THIAROYE 44 avant ou après celui que la Chine vient de me décerner pour l’année 2025 !

Si vous aviez suivi de près ce que nous avons écrit et chanté sur les tirailleurs tombés à THIAROYE, vous m’auriez décerné ne serait-ce qu’un tout, tout petit prix!

Les poètes, dont Senghor, ont écrit et chanté ces héros !

Mais… c’est comme si rien n’avait jamais existé !

Peut-être que je ne suis pas bien informé, mais les poètes, les écrivains, les artistes ont été comme écartés et oublié de cette touchante et si émouvante commémoration du massacre de THIAROYE !

Cette commémoration, depuis Senghor, a été toujours célébrée.

Il faut se féliciter

qu’elle ait pris une telle ampleur sous le Président Diomaye ! On ne pouvait pas rêver mieux !

Quand à la pauvre France, il y a bien longtemps qu’elle a reconnu son forfait !

J’ai lu et appris qu’elle avait mis à la disposition du Sénégal ses archives ! Tout, tout se saura alors !

Que nous reste t-il encore à demander ou à exiger d’une France fatiguée, assiégée, humiliée ?

Sur la tragédie de THIAROYE, elle a capitulé ! Elle a rendu les armes !

Faut-il encore et encore continuer et sans répit à l’acculer, la punir ?

N’avons nous pas d’autres combats plus pressants à mener ? Je crois que si !

Alors, sans tourner la page, mais en y laissant un signet, allons vers des combats plus urgents !

Rien, rien que nous ne sachions où ne devinons ne sera  une surprise !

Nos historiens ont fait du solide travail. Il faut rester avec l’histoire, dans l’histoire et la vérité de l’histoire !

Halte aux révisionnistes qui tentent de réinventer l’histoire pour mieux empoisonner et faire ferrailler les civilisations entre elles.

L’heure est à la paix et non à la guerre. L’heure est à l’apaisement et à la sérénité sans rien céder, et pas un seul pouce, à notre souveraineté, notre identité.

Souffler, souffler sur les flammes ne sert pas à venger des mémoires ! Personne, même les bêtes de la forêt, n’ignorent cette tragédie innommable !

Le Sénégal, c’est acté, défendra de mieux en mieux ses acquis, ses conquêtes d’aujourd’hui, sa dignité, l’avenir de ses enfants !

Quelque chose s’est levée et cette chose bâtira, vaincra ou décevra et périra !

Mais nous gagnerons car ce pays a toujours gagné et il a encore mieux gagné quand tout est devenu glauque, injuste et tragique !

C’est ainsi la marche des nations et des peuples.

Il n’existe pas de génération spontanée. Il n’existe que des femmes et des hommes qui, au bout de toutes les épreuves, nourris par le vécu et la marche de l’histoire de leur peuple, s’engage à grandir davantage leur pays non en effaçant tout, mais en soustrayant l’injustice, l’inacceptable et en additionnant la volonté de construire de tous, pour gagner ensemble !

« Il fallait bien que la cabane ait existé pour que la maison se fasse. » puis viendra le gratte-ciel au bout de l’effort, de l’exigence, du patriotisme, du civisme !

Le Sénégal est déjà grand, très grand ! Il faut continuer à le grandir dans l’ouverture et l’alliance des civilisations !

Chaque régime politique ajoute une page à l’histoire. Reste toujours à souhaiter que cette page soit noble, forte, inoubliable !

Ne perdons pas trop de temps à compter et à recompter caillou  après caillou, les forfaits du colonisateur.  Ce qui est fait est fait ! Nous ne ressusciterons pas les morts mais nous pouvons les habiller d’un manteau royal dans toutes les mémoires.

La jeune génération des Français de 2024 n’est en rien coupable de ce que leur pays a commis comme tragédie par le monde, à l’époque des conquêtes coloniales.

La jeunesse sénégalaise n’a pas pour mission de se venger à la hauteur des crimes et forfaits.  Il s’agit plutôt de réhabiliter nos morts et qu’au tribunal de l’histoire, les genocidaires soient reconnus et que ces derniers acceptent et assument le mal.

Réinventons une nouvelle alliance avec la France et qui commence par le respect.

À elle, surtout, d’y travailler, d’y veiller dans de nouvelles approches dictées par l’humilité et non l’arrogance, l’écoute, l’échange, l’ouverture, la fraternité.

Il s’agit pour la France de restaurer une nouvelle grandeur dans un monde qui semble cruellement lui échapper !

Les journalistes qui allument des incendies sur les chaînes de télévisions françaises en fusillant le Senegal et le peuple sénégalais face à la rectification du pouvoir politique sénégalais sur la tragédie de THIAROYE et au mea-culpa de la France, sont ceux-là mêmes, français d’adoption de surcroît, qui demandent à ce que la France ferme ses frontières aux Sénégalais et à ceux qui viennent s’y soigner !

Les Français d’adoption qui constituent la majorité en France - les Français de souche se font rares- et dont la France est devenue, tout naturellement, avec générosité, leur pays avec leurs pleins droits, sont ceux-là, qui dans la presse de droite et d’extrême droite, dans le milieu faisandé de la politique et des partis, ajoutent le feu au feu partout où la France est mise dehors !

L’impératif, la fermeté, l’inflexibilité au sommet de l’État sénégalais indique, désormais, la voix à suivre. Et personne n’y pourra rien.

De Senghor à Bassirou Diomaye Faye, ce n’est pas le peuple qui a changé, c’est la jeunesse Sénégalaise qui a changé et qui dicte sa route ! Gare à ceux qui s’en écarteront !

Cette jeunesse, osons le dire, ne s’est jamais véritablement adressé à Macron, Biden, Poutine, Xi Jinping mais plutôt à Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall.

On ne l’a pas vu venir dans sa masse, son nombre, ses armes, sa témérité.

Un certain Ousmane Sonko, lui, l’a vu, pesé, souspesé et s’est préparé en chamane et gourou, à l’hypnotiser, la conquérir, la dominer ou presque. Mais attention à la dissipation de l’hypnose, au réveil !

C’est elle qui a ouvert les portes de tous les pouvoirs à PASTEF ! À PASTEF de gagner le combat ou disparaître !

Le combat sera gagné car tous nous voulons qu’il soit gagné pour continuer à bâtir un pays et un grand pays. Rien n’est impossible au peuple sénégalais. Mais il demande le respect et ce respect à un nom et une demeure !

La jeunesse c’est le destin du Sénégal et de l’Afrique !

Tout ce qui est en face d’elle, n’est que de la politique et des «combinaisons » !

Merci Malick et avec tous mes respects !

Amadou Lamine Sall, 03 dec.

Par Amadou Lamine Sall, poète.

Lauréat des Grands Prix de l'Académie française

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