Publié le 20 Feb 2015 - 11:41
NOTE DE LECTURE

‘’Une mort magnifique’’ (Ameth Guissé l’Harmattan Sénégal) 

 

’Une mort  magnifique’’ est le second roman de Ameth Guissé. L’auteur avait déjà publié chez le même éditeur (l’Harmattan Sénégal) ‘’Femmes dévouées, femmes aimantes’’ en 2011. Un roman bien accueilli par le public. Son deuxième œuvre dans laquelle se côtoient philosophie, morale et religion est un véritable chef d’œuvre.

 

Dans ‘’Une mort magnifique’’, l’auteur dépeint  la vie  d’un personnage nommé Sandiéry issu d’une condition sociale  modeste, mais qui au prix de sacrifices énormes consentis par ses parents, au détriment  de ses autres frères et sœurs, connaîtra une ascension sociale au terme d’une carrière universitaire bien remplie. Toutefois, le personnage principal, dans ce roman où se mêlent philosophie, morale  et religion, va très vite renier sa famille  pour  vivre avec sa femme  toubab, adoptant et mimant complètement un mode de vie à " l'occidental"  jusqu'à se faire appeler  parfois San Diéry.  

Au cours d’un long sommeil et dans un songe,   Sandiéry vit le film de sa mort, lui qui, dans sa recherche effrénée de pouvoir et d'argent, écrasait tout son monde,  sacrifiait tout sur l’autel de ses ambitions  et fantasmes, le tout sur  fond de trahisons, lâchetés et méchancetés. Au bout de cette  nuit effroyable et mouvementée, il revoit  toutes ses lâchetés et autres trahisons, et à quel point les actes posés ici-bas nous poursuivent.

Parce que parvenu au sommet de la pyramide  sociale, il avait  oublié  ses parents, sa famille, méprisant tout le monde, que même dans sa tombe sise dans le périmètre qu'il avait acheté pour y enterrer ses frères et sœurs, cousins et cousines, grosso modo tous ceux qui avaient le sang de la famille dans leurs vaisseaux, c'est-à-dire ses parents,  à l’exception de sa mère Ngoné Fary  et de son père Fara Demba, tous lui tournent le dos pour lui rappeler la distance qu’il avait établie entre eux, préférant cette vie occidentale et prêt à tout pour satisfaire ses lubies.

Dans ce profond sommeil, la sourate ‘’Les Calomniateurs’’ lui est révélée et il se réveille… troublé.

Dans la deuxième partie,  Sandièry se retrouve   comme ‘’messager’’ au service  de Dieu pour avertir  ses semblables sur  le supplice  de la solitude et du tribunal de la conscience, lorsque  leur  sera  dévoilé  le film de leur  vie  bâtie  sur le luxe et le lucre sur  fond  de traîtrise, de reniements, de trahisons et  de lâcheté. De la réussite  de cette nouvelle mission dépend sa rédemption, tout  de suite cet ego surdimensionné devient  un ‘’nain’’  aux ordres de gens qui, dans un passé  récent, se courbaient devant lui, essuyaient  ses mauvaises humeurs, couraient dans tous les sens pour accéder à ses caprices et désidérata.

Lui, l’agnostique se voit subitement habité par la Lumière divine, ce  qui le pousse  à  voir désormais dans les images de la nature des reflets de la création divine. Une nouvelle attitude  qui intrigue  sa femme  Rabissatou Adelaïde qui a du mal à reconnaître son mari. Mais Sandièry, après avoir vu le film de sa vie et vécu la solitude de la rencontre avec son Créateur, se sent  désormais investi d’une nouvelle responsabilité. Désormais, il est convaincu que ce qu’il a vu dans cette mort est un message, une nouvelle mission à lui confiée par son Créateur. Cette mission est celle  de ‘’convertir les traîtres heureux qui peuplent le monde et qui font désespérer le Créateur de sa Création’’. 

Subitement le personnage semble se transformer en ascète détaché des choses matérielles qu’il a tant aimées dans un passé récent. Mais  cette nouvelle  posture,  Sandièry la vivra-t-il sans difficultés ? Rien n’est moins sûr, avec sa femme Rabissatou Adélaïde, aristocrate de naissance, qui est restée bourgeoise et qui exerce un réel ascendant sur lui. Et pourtant, Sénouba, cet érudit qui fut son gardien, qu’il est allé consulter après sa fameuse nuit a été très clair : ‘’Le message que vous avez reçu dans votre songe est une invite à trouver la voie du salut. Votre fidélité à son esprit et à sa lettre pourra vous ouvrir la voie qui mène vers Dieu. Le pervertir ou le trahir attisera la colère  de ton Créateur. Qu’Il nous épargne de sa colère ‘’! lui avait-il dit.

Entre cette quête de rédemption et les pressions de sa femme occidentale, bourgeoise dans l’âme, Sandièry saura-t-il s’en tirer et parvenir à se racheter et accéder  à la Rédemption ? 

 

Section: 
LITTÉRATURE – AMOUR, TRANSPARENCE, CONFIANCE, CONTRÔLE… « L’Équilibre du cœur » suscite réflexion
20 ANS D’AFRICULTURBAN Le hip-hop sénégalais sur le piédestal
FESTIVAL REKK Le Sénégal s'enrichit d'un nouveau festival
RESTITUTION ARTISTIQUE AU GRAND-THÉÂTRE : Théâtre-forum et playback à l’honneur
TRANSPOSER L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE EN MILIEU PROFESSIONNEL... Sokhna Diaw développe le concept Teranga esprit
FEMMES INVISIBILISEES - RECITS OUBLIES : Le pari de PluriElles
16E EDITION DAK’ART : Enfin la date connue !
DISPARITION D’UNE ICONE : Seni Awa Camara, la sculptrice de la terre s’en est allée
TANIT D’OR JCC 2025 : Liti-Liti, une déclaration d’amour à l’humain
EXPOSITION ‘’TES VUES / MA VIE’’- FOLIE SUR LES RESEAUX SOCIAUX L’artiste Boubacar Diallo invite à l’introspection
COPIE PRIVÉE ET DROITS D’AUTEUR : L’État donne le signal, les artistes attendent les actes
CULTURE : Thiès accueille les trésors retrouvés du champ de bataille de Samba Sadio (1875)
Dalifort Hip Hop
50 ANS DE CARRIÈRE DE SOULEYMANE FAYE : Célébration d’un demi-siècle d’art et de sagesse sur scène
RENTRÉE SCOLAIRE 2025/2026 : L’U2PF mise sur l’égalité des chances
LIVRE – DJEMBERÉ, CELLE QUI CHANGE TOUT : Une résiliente face au chaos institutionnel et social
PROLIFÉRATION DES MÉDIAS ÉTRANGERS : Péril sur la souveraineté
ACCES 2025 : Le musique africaine rencontre le monde à Pretoria
TROISIEME EDITION FESTIVAL JOTAAY JI : Dakar a vibré aux voix du féminisme 
BARRIÈRES À L’AUTONOMISATION DES FEMMES : La plaidoirie de l’AJS