Publié le 22 Mar 2023 - 18:51
PRÉSIDENTIELLE 2024

Oui, Monsieur le Président, vous devez !

 

J’ai longtemps hésité à entrer dans le débat sur la constitutionnalité de votre candidature, M. le président de la République. Ce, pour la seule, simple et bonne raison qu’en militant discipliné, j’ai voulu respecter le mot d’ordre que vous nous aviez donné de travailler et de ne pas perdre du temps dans des élucubrations balbutiantes qui n’expriment en définitive pas grand-chose et qui nous détournent de l’essentiel. Mais, à moins d’un an de l’élection présidentielle, fixée au 25 février 2024, il me semble utile d’apporter mon grain de sel, en ma triple qualité de citoyen sénégalais, de souteneur de la première heure du Grand Frère Macky Sall, et de juriste, parce que diplômé en Droit, même si la science constitutionnelle n’est pas ma spécialité.

Monsieur le Président de la République, vous devez vous présenter. Votre candidature se justifie à plusieurs titres.

D’abord, du strict point de vue du Droit, rien ne s’y oppose. Elu sous une Constitution qui dispose que le mandat présidentiel est de 7 ans, vous avez voulu respecter votre promesse électorale en portant un référendum qui le fait passer de 7 à 5 ans. En Droit, les lois n’étant rétroactives que pour une catégorie limitativement énumérée –lois pénales plus douces, par exemple- ou quand une disposition transitoire le spécifie, la réforme de 2016 ne saurait concerner votre mandat en cours d’exécution.

Ce qui fait que votre premier mandat, acquis sous l’empire de la Constitution de 2001, ne saurait être pris dans le décompte. Là, il n’est même pas besoin d’être titulaire d’un doctorat en Droit pour le savoir. Cela relève du bon sens, dont on dit que c’est la chose la mieux partagée. S’y ajoute qu’une jurisprudence constante du Conseil constitutionnel, en 2011, en avait décidé de la même manière pour votre prédécesseur, le Président Abdoulaye Wade. Je ne vois pas comment la Haute juridiction, pour un même cas, pourrait donner deux décisions différentes. En conséquence, pour paraphraser Me Aissata Tall Sall, nous dirons que vous êtes à votre premier quinquennat et c’est bien le cas. Juridiquement, vous pouvez donc dormir tranquille.

Politiquement, vous êtes le meilleur. Vos concurrents ne vous arrivent pas à la cheville. Vous avez fait ce qu’ils n’ont pas fait et ne feront jamais. Ils sont dans des postures que vous n’adoptez et n’adpterez jamais.

Economiquement, votre bilan plaide pour vous et fait pâlir de jalousie, dans le bon sens du terme j’espère, n’importe lequel des prétendants aux charges présidentielles, voire vos homologues Présidents. Sous votre magistère, ponts, autoponts, aéroports, routes, autoroutes, trains, etc., leviers de tout développement durable, poussent comme des champignons. Autrefois considérés comme un luxe par vos concitoyens qui n’avaient la chance d’en voir que quand ils voyageaient, aujourd’hui, ils sont à portée de main. Ils font partie de leur décor quotidien.

Cette politique des grands travaux doit être poursuivie, surtout le système des autoroutes, à l’image du « Federal-Aid Highway Act » de 1956 qui consacrait la connectivité des Etats-Unis pour des raisons commerciales, de défense et de sécurité du territoire américain. Toutes les capitales régionales du Sénégal doivent être reliées par des autoroutes pour faciliter le commerce, la rapidité des transactions, mais aussi pour que les bases militaires puissent assurer, de manière plus efficiente, la défense et la sécurité du territoire national contre des fléaux qui ne sont pas loin de nos portes.

Cette politique des grands travaux a un effet multiplicateur sur l’économie. En effet, ce “ripple effects” crée assurément de la richesse et des emplois pour bon nombre de nos compatriotes dans ce contexte mondial de crises multiformes. C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, votre attention et sollicitude en créant des “safety nets” (filets sociaux), et en les élargissant pour accompagner la frange de la population la plus touchée par la crise, est très noble.

Pour l’émergence du Sénégal, adoptons votre vision ambitieuse à long terme !

En face, qu’est-ce qui est proposé ? Rien ! Absolument rien ! Si ce ne sont menaces de brûler le pays pour des hommes politiques qui ont fait des réseaux sociaux leur terrain de chasse et de l’invective leur seul programme de campagne.

Face à eux et face à vous, les électeurs ne commettront jamais l’erreur de leur confier les rênes de ce pays dans un environnement sous régional instable que leur comportement irresponsable ne fera qu’exacerber avec le terrorisme djihadiste qui frappe aux portes du Sénégal.

Excellence, vous devez vous présenter. Pas pour vous. Mais, pour les générations actuelles et futures du Sénégal pour qui la paix vaut mieux que tous les PIB du monde réunis. Votre candidature est un impératif de paix et de salubrité publique, gage de tout développement.

PAR KHAR NDOFFÈNE DIOUF -
Responsable politique APR, Patar Sine
Maîtrise en Droit Public -
MA in Oil Gas and Energy Law

 

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