Publié le 6 Oct 2023 - 07:02
UNE RENTRÉE SANS ENTRÉE

Non à la politisation de l’espace scolaire

 

Au moment où les Grandes Nations consacrent leur temps ,leur énergie à réfléchir sur le modèle éducatif adopté aux exigences de l'heure et à trouver les moyens de mise en œuvre pour donner un caractère concret à leurs intentions , l'école étrangère sénégalaise est prise en otage par des laudateurs au verbe facile dont tous les efforts reposent sur la fabrication de slogans creux tels que " Oubi tey , diang tey " , des organisations syndicales mues par le populisme et l'appât du gain face à des groupes de pression illégaux ( cf les élections de représentativité des syndicats d'enseignants) semant la confusion totale dans le portage des vraies préoccupations des enseignants et des élèves qui étudient sans apprendre,  adeptes des réseaux sociaux qui les détournent de l'essentiel .

A priori , comme les besoins en éducation sont des dépenses de souveraineté,  notre gouvernement aurait bien fait de mettre un terme à la discrimination ( Les écoles d'excellence par opposition aux écoles populaires) , aux inégalités sociales ( des salles bien construites et bien équipées face à la propension des abris provisoires ) à la stigmatisation et diabolisation des enseignants pourtant un corps d'élite pilier de toute émergence, à leur persécution en violation flagrante de leurs droits constitutionnels ( depuis quand appartenir à un parti politique doit être un crime qui en vaut à beaucoup d'enseignants un séjour carcéral) ; de respecter sa parole et sa signature. Aussi ,en réduisant dès son magistère le montant des subventions de l'Etat aux établissements d'enseignement , ce régime vient d'éteindre cette lueur d'espoir qu'il restait de l'école publique sénégalaise en perpétuelle crise avec cet arrêté ministériel  fixant le montant des inscriptions dans le moyen/secondaire de 2500 à 5000 alors qu'il avait la possibilité de soulager autrement et d'une manière plus significative les parents d'élèves. 

A posteriori,  nous assistons aujourd'hui à l'émiettement du mouvement syndical avec la floraison des collectifs qui discréditent les organisations syndicales devant un régime qui excelle dans le dilatoire. Également,  le mouvement syndical doit , pour rester crédible  , demeurer à l'écart du jeu politique,  terrain favori des renards , maîtres dans l'instrumentation. En marge des prises de position partisanes stériles,  l'action syndicale doit être reorientée vers le développement du capital humain et la mise en place de ressources dont les travailleurs auraient besoin pour vivre décemment dans un monde dominé par la plus-value.

Enfin , s'agissant des élèves , il est vrai que la révolution dans le changement de paradigmes est inéluctable mais qu'ils refusent d'être emportés dans les courants de pensée en porte-à-faux avec les valeurs identitaires du Sénégal ou les marionnettes de gens qui veulent passer par les réseaux sociaux pour rendre vains les efforts des enseignants ou détruire les tiroirs du cerveau afin que la conscience citoyenne , morale et même spirituelle soient adossées aux dogmes , aux fanatismes des marchands d'illusion ennemi de la cohésion sociale,  de la concorde nationale.

Pour une école de paix face à une année électorale , l'Etat doit respecter ses engagements souscrits dans le protocole d'accords de 2022 : l'extinction du corps des Décisionnaires , l'apurement des rappels dûs aux enseignants, lever les difficultés liées à l'externalisation du prêt DMC , le reversement des MEPS et la formation des PC , des Chargés de cours , la délivrance des actes de nomination des chefs d'établissement , la subvention conséquente pour combler le gap lié à la baisse des inscriptions , le recrutement par voie de concours d'un nombre suffisant d'enseignants , la libération de tous les enseignants emprisonnés pour avoir exercé un droit constitutionnel , l'arrêt de la politisation à outrance de l'école sénégalaise.

Bonne rentrée à toutes et à tous !
" *Oubi tey , diangui euleuk* "
*M. Papa Saliou FAYE,  professeur de Lettres Modernes au Nouveau Lycée de Saly , Secrétaire général départemental du Cusems à MBOUR* !

 

Section: 
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
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