Publié le 9 Oct 2014 - 09:25
INTENSIFICATION DES ATTAQUES DJIHADISTES

Le Mali demande à l'ONU une force de réaction rapide

 

Bamako a demandé mercredi à l'ONU le déploiement d'une "force d'intervention rapide" dans le nord du pays, pour contrer la montée en puissance des jihadistes qui ont mené une série d'attaques meurtrières contre la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

"Peut-être le Conseil (de sécurité) devrait-il envisager la mise en place d'une Force d'intervention rapide capable de lutter efficacement contre les éléments terroristes?", s'est interrogé le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, qui s'adressait au Conseil par vidéoconférence depuis Bamako.

"Au regard du retour en force des jihadistes", le Conseil doit "prendre urgemment les mesures nécessaires afin que la Minusma soit dotée de moyens appropriés pour exécuter pleinement son mandat", a affirmé M. Diop. Il a réclamé "dans les meilleurs délais possibles, la révision du mandat de la Minusma et le renforcement de ses capacités".

Neuf membres nigériens et un membre sénégalais de la Minusma ont été tués dans des embuscades depuis début octobre dans le nord du Mali. Le patron des opérations de maintien de la paix des Nations unies Hervé Ladsous, qui s'adressait aussi au Conseil depuis Bamako, a réaffirmé que l'ONU entendait bien renforcer les moyens de protection et d'action de ses Casques bleus au Mali, en particulier contre les engins explosifs, mais sans donner de détails.

"Nous faisons face à toute une série de menaces: roquettes tirées à l'aveuglette, obus de mortiers, attentats suicides, embuscades", a-t-il énuméré.

Selon des diplomates, lors des consultations à huis clos qui ont suivi, M. Ladsous a précisé que la Minusma devait recevoir des hélicoptères de transport et d'attaque ainsi que des véhicules blindés supplémentaires et des drones à long rayon d'action. Les discussions ont aussi porté sur "un renforcement des règles d'engagement de la Minusma".

Dans son allocution devant le Conseil, M. Ladsous a lancé un appel général à l'aide, demandant notamment aux groupes armés qui participent aux négociations d'Alger avec le gouvernement et aux voisins du Mali de faire en sorte que "la Minusma ne soit plus une cible".

Pour l'instant, a-t-il constaté, avec un contingent français en diminution et des militaires maliens qui brillent par leur absence au Nord, la Minusma se retrouve seule en première ligne.

Rythme des attaques intense

La Minusma a subi deux attaques en cinq jours. Au total, selon M. Ladsous, 31 membres de la Mission ont été tués et 66 blessés depuis son déploiement en juillet 2013.

Le rythme de ces attaques "est un des plus intenses" constatés dans une opération de maintien de la paix, a-t-il souligné. Seule la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) dispose d'une force de réaction rapide, sous la forme d'une brigade d'intervention forte de 3.000 hommes et au mandat offensif. Celle-ci a grandement contribué à mettre en déroute l'an dernier le mouvement rebelle congolais M23 dans l'est de la RDC.

Mais la Monusco, en place depuis 1995, est l'une des plus importantes missions de l'ONU, avec environ 22.000 soldats, observateurs militaires et policiers.

L'effectif autorisé de la Minusma est bien inférieur (11.200 militaires et 1.440 policiers) et elle n'a pas encore atteint sa pleine capacité (9.300 soldats et policiers seulement au 31 août 2014).

(…) MM. Diop et Ladsous ont tous les deux souligné l'importante de mener à bien les négociations qui reprennent à la fin du mois à Alger. Mais gouvernement et groupes armés "sont toujours en train de camper sur des positions de principe", a déploré M. Ladsous qui leur a demandé "des efforts véritables et crédibles pour trouver un compromis".

Pour M. Diop, l'ONU doit faire pression sur ces groupes pour qu'ils "négocient de bonne foi" et "se démarquent des groupes terroristes (...) sous peine de sanctions".

AFP

 

Section: 
EXIGENCE DE LA CARTE DE SÉCURITÉ SOCIALE : Le calvaire des Sénégalais vivant au Maroc
FRAPPES ISRAÉLIENNES À BÉZIERS : Des Libano-Sénégalais parmi les victimes
DEUX ATTAQUES REVENDIQUÉES PAR LE JNIM SECOUENT BAMAKO : Un nouveau chapitre de violence jihadiste au Mali
EXTRÉMISME VIOLENT : Confidences et analyses sur les facteurs de radicalisation des jeunes au Bénin
ISRAËL: Découverte à Gaza des corps de six captifs du 7 octobre, la centrale syndicale décrète une «grève générale»
Burkina Faso : Une partie des paramilitaires russes de la Brigade Bear quittent le pays
Drame en RDC
SENEGAL : Nouvelles révélations sur l’accord secret conclu entre Macky Sall et Ousmane Sonko
PROPAGANDE SUR UNE ATTAQUE TERRORISTE AU MALI : Yacine Fall recadre l'ambassadeur d'Ukraine
Algérie : Pour freiner l’exode de ses médecins, l’Algérie gèle la certification de leurs diplômes
Guerre au Mali : Les séparatistes du nord du Mali affirment avoir tué 84 mercenaires Wagner et 47 soldats maliens fin juillet
Moyen-Orient : Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh tué à Téhéran, l'Iran accuse Israël d'une attaque «aérienne»
Procès du massacre de 2009 en Guinée : Moussa Dadis Camara condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité
REPRISE AFFRONTEMENTS ARMÉE MALIENNE-REBELLES TOUAREGS : Tinzaouatène, nouvel épicentre du conflit dans le Nord-Mali
UN AN APRÈS LA PRISE DE POUVOIR DU CNSP : Le général Tiani se rêve en nouveau Seyni Kountché
Tentative d’assassinat de Donald Trump : La directrice du Secret Service démissionne
Mali : Une attaque jihadiste fait 25 morts à Dembo dans le centre du pays
Présidentielle américaine : A peine lancée, la campagne de Kamala Harris déjà sur les rails
SÉANCE PLÉNIÈRE DU PARLEMENT DE LA CEDEAO : Guy Marius Sagna, le député antisystème 
FORTES TENSIONS ET RISQUES DE CONFLIT ENTRE LA CÔTE D'IVOIRE ET LE BURKINA FASO : Les raisons de l’escalade