Publié le 30 Jul 2019 - 10:00
MORT DU COMMANDANT TAMSIR SANE

La République blessée, la Nation meurtrie

 

« On  tue dans la rue. On tue dans les marchés. On tue partout  Cette fois-ci, c’est la République qui est atteinte, éclopée et tourmentée »

 

Horrible ! C’est le cri d’indignation des citoyens devant le lâche assassinat
Tamsir Sané, le commandant de la Brigade de Koumpentoum, dans la région de Tamba. Ce dernier a été tué dans la matinée de ce vendredi 26 juillet 2019, par des malfaiteurs lourdement armés et qui voulaient attaquer une agence de Post finance de la localité. Un assassinat qui a tout d’un cannibalisme. Il  a été abattu ! La Nation s’indigne encore de la folie meurtrière des aliénés envahis par un déséquilibre psychologique, mais la boucherie continue son œuvre abominable. Cette fois, c’est un leader de la gendarmerie  incarnation d’une Institution de la République, qui est assassiné d’une manière sauvage par un assaillant devant ses éléments et collègue de corps  atrocement blessé pour avoir voulu défendre la sécurité de la République. La République est blessée. La Nation meurtrie attend  la soumission de ces barbares  à une sanction expiatoire à la mesure de leur  crime comme l’annonce le Ministre des forces armée.

Né en 1965 à Ziguinchor, le commandant Tamsir Sané est issu de la 25ème promotion de l’Ecole des sous-officiers de la gendarmerie nationale sénégalaise.

La spirale de violence meurtrière commence à avoir des proportions inquiétantes et à dépasser même l’autorité d’Etat et ses appareils répressifs. On tue jusque dans une intervention légitime et légale. On tue dans la rue. On tue dans les marchés. On tue partout.

Les victimes ont une égale dignité. Mais cette fois-ci, c’est la République qui est atteinte. Elle est éclopée et tourmentée. Et plus personne dans ce pays n’est à l’abri. L’insécurité ne s’exprime plus dans la rue. Elle envahit les demeures privées ou n’importe qui peut mettre à terme la vie d’un autre. Folies ?  Déséquilibre psychologique ? Funèbre désinvolture ? Émergence de la barbarie ? Quel bouleversement intérieur a amené donc ce chauffeur à commettre cette atrocité ?

Après un taximan froidement descendu pour une banalité, après les tortures exercées dans les lieux de garde –à-vue et dans les lieux de détention, après la spirale de tuerie dont les causes sont toujours des futilités, c’est autour d’une d’un intègre  commandant qui est lâchement égorgée devant ses troupes mortellement blessés. Marié,  Le commandant Tamsir Sané  avait la cinquantaine et était originaire de Ziguinchor, au sud du Sénégal. Il a fait ses débuts au Camp LGI Leclerc à Dakar, avant d’officier comme commandant de Brigade à Kolda, puis à Ouakam. Avant de rejoindre Koumpentoum.

Les forces de défense et de sécurité ont  rendu un ultime hommage au gendarme mort au service de la nation.

Par ailleurs l’atmosphère qui a prévalu devant la maison de la victime est révélatrice du niveau de blessure des Sénégalais : pleurs, sanglots, cris funèbres d’une foule nombreuse abattue par l’égorgement de ce patriote dont on devine l’atrocité de l’agonie.

Diligence de la sanction punitive

Une seule exigence anime la Nation. Que le barbare criminel réponde immédiatement de son acte sordide et exécrable.  Devant la folie meurtrière, c’est le juste qui est mis dans l’abîme. Le droit humain est trahi et odieusement violé en donnant le sceptre au crime. Et c’est ainsi qu’on affiche au coin des bornes la face primitive et déraisonnable de certains citoyens ou autres nationalités  qui éprouvent une fierté en faisant jaillir du sang humain. C’est du pur cannibalisme

La mise à terme d’une vie humaine, surtout d’une manière aussi abominable,  impose la mise au poteau de la loi l’auteur pour un châtiment qui l’éloigne de la société policée. Les autorités judiciaires ont annoncé une sanction punitive à perpétuité.

Ceux qui connaissent le commandant Sané sont unanimes à reconnaitre en lui  un homme de labeur et de générosité, d’action et de charpie. Par un engagement plein de patriotisme. Il  était  un esprit qui chantait la République. Il  aimait  l’ordre, la dignité et la paix et appelait ardemment l’avenir fraternel de tous ses frères d’arme. D’après sa famille il était  généreux et croyant. Il versait autour de lui  son grand cœur plein d’amour et de foi au service de la République, il  est assailli dans en pleine intervention par un « maudit » assaillant  dans une agence «Postfinance» de Koumpentoum, où un braquage était en cours. Mais au cours des opérations, il a reçu une balle qui lui ôtera la vie.

Alors que l’Etat, que la Justice, que la République réagissent et sévissent !

 

         Babacar Justin MBENGUE (Journaliste, Blogueur  et Consultant en communication et Relation Publique)

 

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