Publié le 8 Jan 2024 - 14:46
PRÉSENTATION DE SON LIVRE "LA CANDIDATURE À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN AFRIQUE"

Dr El Hadji Omar Diop bannit le parrainage

 

Dans son nouveau livre intitulé : "La candidature à l’élection présidentielle en Afrique", présenté ce vendredi, Dr El Hadji Omar Diop estime que le parrainage est l'une des lois les plus iniques qu'on ait inventées dans le cadre de la démocratie sénégalaise. 

 

"La candidature à l’élection présidentielle en Afrique" est le nom du nouveau livre du Dr El Hadji Omar Diop. Il a été présenté au grand public, ce vendredi 5 janvier à Dakar. Dans cet ouvrage de 433 pages, l'auteur met surtout l'accent sur les questions du parrainage et de la nationalité. L’auteur ne fait pas partie de ceux qui apprécient le parrainage qui a été institué pour réduire le nombre de participants à une élection. "Le parrainage est l'une des lois les plus iniques qu'on ait inventées, dans le cadre de la démocratie sénégalaise. Parce que tout simplement, on ne respecte pas le droit à la candidature", a-t-il fulminé, lors de la présentation de son livre.

De même, dit-il, l'augmentation systématique de la caution à 30 millions a fait que beaucoup de postulants sont complètement éliminés de la scène. En effet, selon Dr Diop, "la candidature à l’élection présidentielle, en particulier la limitation du nombre de mandats, n’a pas fait l’objet d’une étude systématique dans la plupart des pays Africains. Il y a un développement considérable de stratégies visant l’exclusion d’hommes politiques d’envergure nationale à l’élection présidentielle".

D'ailleurs, analyse l'enseignant-chercheur, " le président de la République ne peut être interprète de la Constitution, ne peut traficoter le texte fondamental, si on veut préserver la qualité démocratique du pays et la consolidation de l’Etat de droit". Selon l'auteur, il y a une délinquance normative qui conduit au désordre social ou à la déstabilisation du pays.

Par ailleurs, renchérit Dr El Hadji Omar Diop, au-delà de cet ouvrage, aujourd'hui, dès l'instant que le chronogramme a été ouvert, le premier réflexe des citoyens, c'est une ruée vers la candidature. "On a vu plus de 250 personnes aller retirer des fichiers de candidature. Cela doit nous interpeller sur deux points : D'abord sur la conception que nous avons du pouvoir politique. Si nous avons une conception néo patrimoniale du pouvoir ou celui qui l'a a les ressources symboliques de l'Etat, les ressources matérielles et il peut faire main-basse sur la caisse, promouvoir sa famille, ses amis, sans qu'il y ait respect des bornes, il y a donc un certain nombre de difficultés dans ce cadre-là. Cela veut dire que les gens se disent, dès l'instant que je suis au pouvoir, je suis extrêmement sûr d'avoir une essence matérielle", a souligné l'enseignant-chercheur.

Au-delà de cette conception qu'on a du pouvoir, poursuit-il, "il faut ensuite la rattacher avec l'exercice de nos gouvernances publiques. On a senti une banalisation des institutions de la part même de ceux qui l'exercent. Lorsque le président de la République dit, dans le cadre de la procédure judiciaire, il y a des dossiers sur lesquels j'ai mis le coude, ou bien, je vais réduire l'opposition à sa plus simple expression. Ce ne sont pas des expressions élégantes qui vont dans le sens de la modération dans l'exercice du pouvoir et même dans le respect des règles élémentaires de la gouvernance démocratique".

En outre, Dr El Hadji Omar Diop relate dans son ouvrage que le respect de la parole donnée est une norme supraconstitutionnelle relevant de l’éthique traduisant des valeurs culturelles de la société.

FATIMA ZAHRA DIALLO 

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